L’espace compris entre la politique, les médias et les affaires n’est pas un espace vide. C’est un lieu empli d’idées qui essayent de devenir réalité dans le futur et auxquelles ont affaire les think tank, institutions dont on ne peut pas aisément mesurer en termes mathématiques l’impact concret sur la réalité (quelle loi, quelle action ont-elles déterminé de la part du Gouvernement, etc.), mais qui sont reconnues unanimement, bien que de manière différente.
C’est à ces réalités, qui sont désormais séculaires aux Etats-Unis et qui depuis le début des années 90 se diffusent également en Italie (Fondazione Liberal, Magna Carta, FareFuturo, ItalianiEuropei…) qu’est consacré ce petit livre de Mattia Diletti, qui en décrit le profil et le poids assumé dans les différents contextes, leur manière de s’organiser et d’agir dans le tissu socio-politique, les relations qu’elles instaurent avec le pouvoir exécutif, les partis et les groupes d’intérêt.
Si la définition qui se rapproche le plus de la réalité polymorphe du think tank (littéralement « réservoir d’idées » avec une certaine connotation belliqueuse et militante) semble être celle de « centre de recherche ayant comme objectif d’influencer les choix des décideurs publics et de promouvoir un agenda spécifique politico-culturel », il n’est pas difficile d’imaginer les retombées communicatives : le lien étroit avec les médias, l’activité éditoriale intense qui s’appuie sur tous les nouveaux médias que la technologie d’aujourd’hui met à notre disposition.
Cet essai, très documenté et à la lecture aisée, permet non seulement de comprendre une réalité destinée, à l’époque de la faiblesse des partis et des corps intermédiaires, à assumer un rôle toujours plus décisif pour soutenir ceux qui occupent des fonctions publiques, mais aussi qui permet d’acquérir une conscience plus grande de la manière dont naissent - à travers la recherche, l’analyse, la confrontation - des idées, des campagnes publicitaires, des prises de position explicites et des « plans de marketing » par rapport aux questions auxquelles les démocraties actuelles sont confrontées.
En témoigne une citation emblématique d’une intervention d’Edwin Feulner, président de l’Heritage Foundation, mentionnée par Diletti : « Comment se mesure le propre impact. C’est une question que nous nous sommes posés dès le premier jour et la réponse n’est pas encore claire. Lorsque les différents ingrédients entrent dans le hachoir de la politique pour ensuite produire un résultat législatif qui représente un mélange d’éléments, comme faisons-nous pour comprendre quelle partie nous pouvons attribuer à notre travail ? Nous ne pouvons pas répondre de manière précise. Cela étant dit, dès le début, nous avons décidé de saisir chaque opportunité qui se présente afin de promouvoir notre point de vue dans l’arène politique même si cela nous vaut d’être traités comme ce fut le cas de marketing machine ».
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