L. Zanfrini, Sociologia delle migrazioni, Editori Laterza, Bari 2007
L'ouvrage de Laura Zanfrini se construit autour des perspectives ouvertes par différents thèmes: l'histoire et l'évolution de ce qu'on peut définir le « phénomène migratoire », de son apparition de façon massive (à l'époque moderne à partir du XVe siècle) jusqu'à nos jours marqués profondément par la globalisation ; les paroles employées dans les différentes situations pour définir qui est protagoniste actif de ce mouvement continu de peuples ; les causes et les conséquences de ce processus, les politiques qui y sont liées, les études et les analyses qui s'y consacrent depuis des décennies. L'auteur est professeur de sociologie des processus économiques et de sociologie des migrations et des relations interethniques à l'Université Catholique de Milan, a réalisé un travail très précis, détaillé et extrêmement documenté dans ses références historiques et bibliographiques.
Le parcours choisi par l'auteur mène le lecteur à une connaissance plus qu'approfondie et presque innovatrice du phénomène des migrations. Le volume parvient à laver le phénomène de ses préjugés, et à démasquer les stéréotypes qui se sont cristallisés autour d'eux au fil des ans pour différents motifs ainsi qu'à ouvrir des perspectives d'analyse nouvelle et provocatrice pour qui est intéressé à connaître les caractéristiques et la consistance réelle de la société plurielle dans laquelle nous vivons et où les peuples voyagent.
Au début, mais aussi à différentes reprises au cours du texte, résulte être une utile clé de lecture et un point de repère l'acquisition du fait que l'espèce humaine, comme l'écrit Zanfrini, est une « espèce migratoire », depuis toujours encline à la mobilité géographique, choisie comme solution de recherche de la survie ou de l'amélioration des conditions de vie, en général, à travers la recherche de travail et de gains. L'analyse prend en considération trois facteurs ou mieux trois protagonistes du processus migratoire (migrants, non-migrants, et ceux qui ne sont pas encore migrants mais pourraient le devenir) qui uniquement si on les considère ensemble, en interconnexion l'un avec l'autre, peuvent éclairer la complexité de la migration. On dépasse ainsi la tendance diffuse à se concentrer exclusivement sur les premiers, c'est-à-dire sur ceux qui quittent leur pays pour d'autres destinations...
De plus, il faut souligner que bien que le livre aborde des questions qui aujourd'hui sont extrêmement actuelles, et qui se retrouvent souvent au centre de débats animés et encore plus souvent de confrontations idéologiques, le livre parvient à maintenir son objectif didactique, en évitant d'envahir d'autres domaines, comme la politique.
L'ouvrage est un instrument utile pour comprendre que les migrations constituent un des processus historiques globaux en cours et qui ne peut plus être seulement l'objet d'étude de chercheurs et de spécialistes, qui parce qu'il nous concerne tous entre massivement et inévitablement dans la vie quotidienne de chaque famille et individu. On peut tenter de la refouler pour vivre plus tranquillement ou de la réduire à la question de la « sécurité », mais la question de l'émigration revient toujours pour s'imposer d'une façon ou d'une autre, et ne peut être affrontée posément et radicalement uniquement avec les connaissances adéquates et mises à jour. Et cela parce que, comme le montre l'ouvrage à différents passages, le thème "migrations" est une sorte de miroir dans lequel la société actuelle peut se regarder sans filtres, franchement : il lui montre ses contradictions et ses risques, ses points de force et de faiblesse liés à la cohabitation "forcée" entre personnes diverses, autochtones et étrangers, et l'aide à découvrir ce qui est vrai et ce qui n'est qu'un stéréotype vide, et analyse profondément la réalité des relations économiques, politiques et sociales entre peuples, pays et personnes dans un horizon à la fois local et mondial.
Collegamenti:
[1] http://www.oasiscenter.eu/it/bio_conte_fra