Prêtres et Imams en rencontre

Jean-Philippe Vigouroux  11/12/2007

Qu'est ce qui peut pousser deux cents prêtres catholiques et imams musulmans à se réunir, tout un samedi, dans l'enceinte d'un lycée technique ?
Le besoin de mieux connaitre l'autre, sa foi, répondent les intéressés. Samdi 16 novembre, le lycée La Mache, près du Bachut, à Lyon, était le théâtre d'une journée entière d'échanges et de rencontre « cadres » de ces deux religions. Une journée organisée conjointement par le diocèse de Lyon et le conseil régional du culte musulman (CRCM) Rhône-Alpes. D'un côté comme de l'autre on affirme vouloir dépasser le stade de la simple tolérance, voire parfois de la méfiance, pour établir une relation de confiance authentique et durable. C'est déjà le cas au plus haut niveau, mais cela ne suffit pas, comme le souligne Azzedine GACI du CRCM : « Depuis le voyage très important que nous avons effectué en Algérie l'année dernière, chrétiens et musulmans ensemble, nous avons créé des liens forts. Je sais que quand le cardinal me pose une question, c'est sincère, qu'il n'est pas en train de me piéger. C'est un enrichissement mutuel ». « Dans les paroisses, comme dans les mosquées, il faut entrer dans cette logique de rencontre que nous essayons de mettre en place. Depuis le voyage en Algérie nous multiplions les conférences, les rencontres publics sur ce thème, partout en Rhône Alpes. Nous sommes aujourd'hui au début d'un dialogue qui commence véritablement à prendre forme, nous sommes désormais au de-là des simples principes », témoigne Jacques Bolon pour le diocèse de Lyon.
Catholiques et musulmans ont échangé en assemblée plénière le matin sur des questions telle que l'organisation des institutions des deux religions, ou encore la vie quotidienne d'un prêtre et d'un imam. L'après midi a été consacré à des échanges plus ciblés, en petits groupes, sur des aspects pratiques, tels que l'enseignement du fait religieux ou encore l'accompagnement en fin de vie. Car si les différences entre ces deux religions monothéistes ne sont pas toujours évidentes, la méconnaissance est, elle, une réalité. « Est-ce que les chrétiens ont une responsabilité face à l'avenir de l'humanité », a questionné un musulman lors du débat, à l'issue d'une intervention conjointe sur la foi. « La révélation, chez les musulmans, vous pouvez nous en dire un peu plus », lança à son tour un chrétien. Ces questions, de la simple lecture du Coran ou de la Bible à de véritables interrogations philosophiques, se sont succédés et n'ont dû qu'à l'approche de la pause déjeuner de devoir être interrompus.
« Nous ne connaissons pas assez. Il faut décloisonner et faire tomber les barrières que certains dépensent beacoup d'énergie à construire », nous a confié Azzedine GACI à l'issue de ce débat.