Solidarité avec le Sud Soudan

Claudio Lurati  2/10/2008

« Solidarité avec le Soudan du Sud et les montagnes de Nubie » est une initiative qui a vu le jour afin de répondre à l'invitation de la Conférence Episcopale des Evêques du Soudan qui, en 2006 appela les Supérieures générales des Instituts religieux à s'interroger sur une éventuelle possibilité de prendre part à la reconstruction de la société et de l'Eglise après autant d'années de guerre et de dévastations.  

 
Plus de 50 instituts religieux ont décidé de s'unir à cette initiative en mettant à disposition du personnel et des ressources matérielles pour répondre à ce défi : après une visite au Soudan, il fut décidé que les deux domaines auxquels « Solidarité avec le Soudan du Sud et les montagnes de Nubie »  se consacreraient seraient l'éducation et la santé.

 
Etant donné le taux d'analphabétisme très élevé (85 %) et les lacunes dans la formation des enseignants (seuls 6 % des enseignants actuellement en activité ont reçu une formation un tant soi peu formelle), « Solidarité avec le Soudan du Sud et les montagnes de Nubie » établira un Collège pour la formation des enseignants sur le modèle de la formation à distance, avec un siège central à Malakal et des sièges secondaires dans chaque diocèse du Sud-Soudan.

 
En ce qui concerne la santé, une enquête a révélé que seuls 30-40% de la population du Sud-Soudan se situe à moins d'un jour de marche d'une structure sanitaire de base.  Cela signifie que deux personnes sur trois doivent marcher au moins deux jours pour atteindre une structure sanitaire principale.  Une conséquence parmi d'autres de cette situation est que le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans atteint presque 25 %.

 
« Solidarité avec le Soudan du Sud et les montagnes de Nubie » a décidé de rétablir le Health Training Institute (Institut d'éducation sanitaire - HTI), institué dans la ville de Wau dans les années 70.  L'Institut de Wau fut inactif durant les quinze dernières années.  Un des partenaires principaux du projet est Misereor, une organisation dont le siège central est en Allemagne.

 
Le HTI assure la formation d'infirmières, d'obstétriciens, de techniciens et d'employés de la communauté sanitaire afin qu'ils puissent gérer les structures locales qui seront rétablies ou créées dans différents endroits du pays.

 
Sœur Espérance Bamiriyo, des Sœur Comboniennes, est le point de contact officiel entre « Solidarité avec le Soudan du Sud et les montagnes de Nubie » et la SCBC.  De nationalité congolaise, Sœur Espérance est infirmière de profession et a travaillé pendant six ans comme coordinatrice du projet du Centre de soins de la tuberculose et de la lèpre de Nzara, au Sud-Soudan.  Actuellement, elle travaille à Wau et explique que « bientôt six autres sœurs provenant de différentes congrégations religieuses la rejoindront.  Toutes ont des qualifications dans le domaine de la santé et de la formation.  Ce sera le groupe de formateurs responsables de redonner vie à l'Institut d'éducation sanitaire.  C'est un groupe international riche d'expérience ».

 
L'objectif principale du Health Training Institute est « d'atteindre les zones les plus éloignées du pays ».  Il y a énormément de besoins dans le secteur sanitaire du Sud-Soudan.  « Le besoin le plus urgent est  sans aucun doute de pouvoir avoir du personnel de santé qualifié.  Les structures de santé et de formation existantes ne sont ni adéquates ni réparties de façon uniforme dans les dix Etats du pays.  Actuellement, la majeure partie des prestations de santé est fournie par des ONG, avec le soutien des agences de développement internationales et des gouvernements étrangers ».

 
La coopération et les discussions avec le gouvernement du Sud-Soudan sont intenses car il y a « énormément de questions à résoudre, que ce soit celle de la propriété des terrains jusqu'à la définition des curriculums et des diverses formations offertes par le Health Training Institute.  En août de cette année, les premiers travaux de rénovation ont commencé et avant la fin de l'année, la communauté de sœurs devrait pouvoir s'installer à l'Health Training Institute.  En mars 2009, nous espérons que les cours pour l'année préparatoire pourront commencer ».

 
« Je suis étonnée du niveau de coopération - commente Sœur Espérance - et de l'enthousiasme dont font preuve les différents partenaires.  Les besoins du Sud-Soudan sont tellement grands qu'il est impossible de les affronter si chacun reste isolé.  Et la formation est le meilleur instrument pour redonner courage à la population locale et assurer des bénéfices durables à une nation qui a déjà tellement souffert durant vingt ans de guerre. »