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Religion et société

Dans les rues de Beyrouth durant les journées des décisions manquées

Les élections présidentielles au Liban ressemblent à un travail interminable qui ne semble jamais aboutir à l'accouchement. Après des mois de négociations pour le remplacer, le président de la République est arrivé au terme de son mandat sans que le Parlement ait été en mesure d'élire un successeur. La dure opposition entre d'un côté des sunnites, des druzes et une partie des chrétiens et de l'autre côté, d'autres chrétiens et des chiites, a rendu impossible un accord, qui aurait dû mener à l'élection, comme de coutume, d'un chrétien maronite à la tête de la République.

 

La Constitution requiert la majorité des deux tiers des membres de la Chambre, consentant, exceptionnellement, que le chef de l'Etat soit élu avec la seule majorité absolue. Cette dernière solution, théoriquement réalisable, a été jusqu'à présent repoussée par la majorité parlementaire elle-même et est appréhendée par une grande partie des Libanais, qui redoutent la rupture du Pays en deux tronçons et l'explosion d'une nouvelle guerre civile.

 

D'une part, la situation économique difficile du Pays a fait perdre des consentements à la majorité qui contrôle le gouvernement, d'autre part, le rôle central du Hezbollah dans la guerre de l'été dernier a discrédité également auprès de certains chrétiens une figure charismatique tel que celle du général Aoun, allié du Parti de Dieu. Le résultat est la radicalisation des positions qui s'éloignent de plus en plus, diminuant les possibilités de dialogue et augmentant la crainte du peuple. Au cours des journées des séances décisives du Parlement pour l'élection du Président, le centre de la capitale avait un aspect spectral. Très peu de passants, des magasins fermés, la circulation inexistante pour une ville comme Beyrouth d'habitude congestionnée.

 

En réalité, l'activité politique est bloquée les émissions télévisées sur les élections languissent en répétant sans cesse des slogans et en passant des documentaires, alors que les bulletins d'informations concentrent leur attention sur le sommet d'Annapolis sur le Moyen Orient, dont on attend des indications voire de véritables accords. Le leitmotiv le plus récurrent, du reste, concerne la responsabilité politique des autres Pays, Amérique, Israël, Syrie et Iran surtout, considérés les véritables démiurges du Liban. Même les âpres attaques entre majorité et minorité déteignent face à la conviction, réellement diffusée dans le Pays, que les adversaires politiques sont uniquement des fantoches dans les mains de puissances étrangères. Une conviction qui génère des sentiments délétères pour le Pays : désespoir, ressentiment et un sens d'irresponsabilité étendu à l'égard du présent et de l'avenir.

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