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Chrétiens dans le monde musulman

Égypte : En attente d’un nouveau Président et d’un nouveau Pape

Entrevue à P. Rafic Greiche, porte parole de l'Église Catholique d'Égypte, par Meriem Senous

 

 

A quel point sommes-nous dans le processus d’élection du Pape ?

 

Pour l’élection du Pape il y a 18 candidats, dont 10 moines. Dans l’ancienne tradition, le Pape était toujours élu parmi les moines. Mais au fil du temps il y a eu des exceptions. Le Pape Shenouda lui-même avait changé cette règle en permettant aux évêques de se présenter. En effet chez les Coptes orthodoxes, il y a deux genres d’évêques : ceux qu’on appelle les métropolites, c’est à dire ceux qui ont des éparchies (=diocèses), et ceux qui ont le titre d’Evêque, mais sans fonctions.

 

Aujourd’hui nous avons 18 candidatures présentées au Comité Responsable. Mais les élections n’ont pas encore commencé. C’est un peu lent et cela va prendre quelques mois encore.

 

 

Pensez-vous que l’élection du Président de la République peut influencer l’élection du Pape ?

 

D’après les résultats des présidentielles nous nous trouvons entre deux fronts, un front islamiste et un front qu’on peut qualifier de civique (madanî). Les deux groupes sont presque à égalité. Dans le cas d’une élection du candidat islamiste, il faudrait un Pape qui soit capable de gérer son Église dans un contexte difficile, pour ne pas dire hostile.

 

 

Y a-t-il parmi les candidats des personnes qui émergent ?

 

En fait on ne connait pas encore les noms des candidats. Mai de ce qu’on entend deci delà, il y a Anba Youssef, qui serait l’évêque favori de la jeunesse. Mais il est âgé et malade. Donc il se peut qu’il retire sa candidature.

 

 

Revenant sur les élections, pouvez-vous nous donner un aperçu sur l’ambiance générale après les résultats du premier tour ?

 

Entre le candidat islamiste, Mursi, et le candidat qui représente l’ancien régime (Shafik), les socialistes se placent comme troisième force. Ils doivent décider avec qui faire une coalition. La tendance serait de s’allier avec Shafik, à condition que ce dernier leur donne de l’espace, reprenne quelques unes de leurs idées et leur propose un poste de premier ministre ou vice-président pour essayer de les séduire. Autrement ce sont les islamistes qui vont gagner.

 

 

Et les chrétiens ?

 

La plupart des chrétiens ont voté pour des candidates non-religieux. C’est-à-dire pour le général Shafik, et pour Amr Moussa. Il est aussi vrai que beaucoup de jeunes on voté pour le socialiste Sabahi, parce que c’est un parti né avec la révolution le 25 janvier, et qui aborde les problèmes de la pauvreté, du chômage, de l’inégalité sociale, de l’injustice. Le ton est compatible avec l’idéalisme des jeunes... Un point positif qui ressort de ces élections, c’est que le vote des chrétiens a eu son importance. Il y a approximativement 4 millions d’électeurs chrétiens, et ce n’est pas peu. Ce sont eux aussi qui ont porté le général Shafik au deuxième tour.

 

 

Pour revenir à l’élection du Pape, à votre avis quand est-ce qu’il y aura un élu ?

 

Ce n’est pas encore clair. Mais pas avant 3, 4 mois. Dans l’idéal, le Pape aurait dû être élu avant les élections présidentielles. Mais cela n’a pas été possible.

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