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Suggestions de lecture

Jean-Luc Marion, Le phénomène érotique

Jean-Luc Marion, Le phénomène érotique, Figures Grasset, 2003 .  

On peut considérer Le phénomène érotique comme le franchissement de la métaphysique pour ce qui a caractérisé, dès le départ, la pensée de Marion : l’abandon de l’être vers l’amour, qui le précède et le génère. Le livre est constitué de six méditations sur le thème du “je”, exactement comme dans les célèbres Méditations métaphysiques de Descartes. Cependant, tandis que l’ego cogito est la solution à l’exigence de certitude qui distingue la ratio humaine, pour Marion le “je” s’individualise et ne découvre son identité que dans la réponse à une question plus profonde et radicale qui précède le désir de savoir : “M’aime-t-on ?”. L’homme, jeté-au-monde, est cet organisme qui cherche à se rassurer contre l’insignifiance de sa propre existence, de son propre être-là : le problème n’est pas la question hamlétienne de l’«être ou ne pas être», mais une alternative possible à la vanité totale dénoncée par Qohèlet. Si Descartes se trouve lui-même, dans la conscience de soi, enfermé dans la solitude de sa chambre, l’amant de Marion se compromet vers un ailleurs, parce que seule la réponse d’un autre sujet (le “voici!” de l’alter-ego) peut remplir le vide structurel de sa quête d’être voulu : le “je” se reçoit de l’autre. Au fil de la succession et de l’approfondissement des méditations, l’eros humain révèle toutefois ses contradictions et son étroitesse essentielle, si bien que l’homme semble condamné à une ultime inquiétude. Entre le désir des deux amants finis d’être infiniment rassurés, il faut donc que figure un garant définitif, capable de soutenir l’amour qu’ils ne parviennent pas, seuls, à accomplir : c’est l’adieu (à Dieu) de l’un à l’autre qui ouvre au Troisième.

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