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Religion et société

Sujets communautaires dans une société plurielle

Je me propose de soumettre à l’attention de tous, de façon très synthétique, quelques faits concrets ainsi que certaines questions et considérations que ces faits me suggèrent.

 

 

1. Quelques faits

 

 

Les médias internationaux aussi bien que différents intervenants lors de notre rencontre ont mis en évidence le rôle joué par les nouveaux médias, en particulier Facebook et d’autres encore, dans les événements de ces derniers mois. Aux dires de beaucoup, c’est grâce à une immense capacité à rassembler que des milliers de jeunes, et il ne faut pas sous-estimer ce fait, se sont retrouvés dans la rue, en Afrique du nord et au Moyen-Orient, mais aussi en Espagne, pour manifester leur malaise face à la situation de leurs sociétés respectives.

 

 

Il ne faut pourtant pas oublier que nous voyons cette même capacité à rassembler à l’œuvre lors des fêtes urbaines géantes dans de nombreuses villes d’Occident (dernier événement en date : les problèmes apparus en Allemagne à ce propos il y a une semaine).

 

 

En ce sens, et sans vouloir sous-estimer les phénomènes survenus, il semblerait que les jeunes répondent massivement à des propositions de « protestation » et de « distraction ». En effet, nous ne pouvons pas perdre de vue que ces phénomènes de rassemblement spontané d’un grand nombre de personnes se produisent dans un contexte historique où l’appartenance à des associations (de quelque type qu’elles soient) se trouve réduite au minimum. Pour cette raison, il ne serait peut-être pas erroné de parler de grande concentration d’individus.

 

 

Il y a un autre fait à ne pas sous-estimer selon moi : la réelle capacité constructive de tels phénomènes. De fait, les présidents de Tunisie et d’Égypte ont quitté leurs pays, et on ne peut pas faire abstraction de cela. Il faudra toutefois comprendre que ces départs sont dus aux mouvements organisés dans la rue ou à d’autres motifs (l’exposé sur l’Armée égyptienne est très instructif en ce sens). On pourrait peut-être affirmer que ces changements ne se seraient pas produits sans les manifestations de rue, même si, au fond, ils n’ont pas été motivés par ces manifestations.

 

Le dernier élément que je souhaite souligner, c’est la perplexité face à l’avenir : comment évolueront ces phénomènes ? Quelles forces constructives mettent-ils en avant ? Finiront-ils par être réabsorbés sous des formes « plus traditionnelles » de participation sociale (par exemple les partis) ?

 

 

2. Considérations

 

 

En premier lieu, il me paraît possible de s’interroger sur la consistance réelle des acteurs en jeu. Sommes-nous face à des individus, idéalement engagés, ou bien existe-t-il des sujets communautaires ? Qui sont les sujets derrière les ordinateurs à partir desquels des milliers de jeunes sont convoqués ?

 

 

La faiblesse de ces acteurs, si elle devait se confirmer, s’explique très manifestement par l’absence de capacité à construire, à faire des propositions d’action qui puissent vraiment avoir des répercussions sur le tissu social.

 

Il me paraît nécessaire, à ce stade, d’évoquer la réalité des sujets communautaires et des actions, qui sont les facteurs effectivement constructifs d’une société plurielle. En parlant de sujets communautaires, on cherche à dépasser la dérive individualiste pour mettre au centre la personne et le tissu de relations qui la constituent. La référence aux actions, en revanche, cherche à mettre en avant les besoins réels de la société (éducation, travail, charité) et les réponses que les sujets communautaires apportent à celle-ci.

 

 

Quelle catégorie utiliser pour décrire la vie d’un État qui se mette au service de la vie de ces sujets communautaires et de leurs actions, afin que « la reconnaissance de la valeur du bien commun pratique et social du vivre ensemble » se traduise par des actes (Botturi, Scola) ? La laïcité ? La nouvelle laïcité ?

 

 

Peut-être serait-il plus opportun de changer de langage et de recourir à la catégorie de « société plurielle » , où l’adjectif pluriel ne porte pas atteinte à l’unicité de la vérité, mais se veut le reflet de la pluralité des acteurs en jeu, qui doivent exercer leurs responsabilités, sur le plan personnel et communautaire, face à la vérité (logique du témoignage). Cette responsabilité trouvera dans les actions le lieu privilégié où elle peut s’exercer (exemple : Our Lady of Peace à Amman)

 

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