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Chrétiens dans le monde musulman

Une nouvelle espérance pour la Tunisie

Nous avons vécu, depuis mi-janvier, des moments décisifs et passionnants. Les analyses ne manquent pas, pas plus que les commentaires. J’ose faire le mien. Je le fais brièvement en quatre points :

 

 

1. Faux diagnostic

 

 

Ce qui est arrivé a surpris tout le monde. Tout le monde sans exception, au moins dans son ampleur, sans parler de la rapidité avec laquelle la « révolution » s’est faite. C’est dire le degré de musellement auquel les tunisiens étaient soumis. Nous sommes contraints d’avouer la relativité de nos jugements sur le pays et sur sa population. Et dire que la Tunisie a un niveau de vie plus élevé que les autres pays du Maghreb…. Plus que jamais, la phrase de l’Évangile est actuelle : « l’homme ne vit pas seulement de pain ». Une leçon pour l’avenir.

 

 

2. La force de la rue

 

 

On disait volontiers que la jeunesse tunisienne (car c’est elle qui a fait la révolution) était calme et plutôt résignée. Eh bien, elle a dominé la rue pendant plus d’un mois d’une manière soutenue et civique. Elle n’a rien cassé (sauf les tout premiers jours), elle a littéralement arraché des concessions du Gouvernement. Elle sait qu’elle peut manifester et réclamer, mais elle sait aussi qu’elle ne peut pas gouverner un pays, c’est pourquoi elle a accepté à la fin de « composer » avec un gouvernement de transition en attendant le grand mois des élections générales en juin/juillet. Il faut voir la joie sur les visages des jeunes qui crient : « enfin, libres ! ». Une autre leçon.

 

 

3. La menace islamiste

 

 

On en parle, puisque désormais tout le monde peut parler. Est-ce que la menace est réelle ? Personne ne peut rien assurer, mais rien n’est à écarter. Le parti islamiste (Ennahda) existe, son secrétaire est arrivé. Il tient, pour le moment, un discours rassurant et modéré. Il est vrai aussi que la Tunisie n’est pas la Somalie, comme il est vrai que le sud et l’intérieur du pays - les fameuses « zones d’ombres » - sont plus réceptifs au discours islamiste que le grand Tunis. À voir. Mais pour ce qui est de la vie de l’Église, pas de préoccupation extraordinaire.

 

 

4. Où en est l’Église de tout cela ?

 

 

Nous avons tous suivi les événements de très près. Nous avons été témoins de scènes formidables de solidarité et de partage. Notre rôle dans ce qui est arrivé est zéro, mais nous avons porté tout cela dans nos prières et nous avons prié pour les victimes des premiers jours. Nous sommes conscients que le pays se dirige vers un avenir libre, digne et démocratique. Nous savons que le défi de la démocratie n’est pas anodin. Et comme nous sommes en train de préparer un nouveau texte sur le sens de notre présence dans le pays et dans la société, la « révolution du jasmin » nous invite à revoir certains aspects de la présence de l’Église, en tant qu’Église d’abord, ensuite dans la ligne de service et de témoignage qui la caractérise. Le principe est clair et il ne change pas. L’Église de Vatican II est dans le monde, pour le monde et au service du monde. Elle n’est pas parallèle au monde, encore moins contre le monde. Nous aussi. Nous aimons ce peuple, nous respectons ses choix, et nous sommes prêts à le servir. Nous vivons certainement un temps d’attente joyeuse et passionnante. Attendre dans la joie, n’est-ce pas la plus belle définition de l’Espérance ?

 

 

 

* Cet article a été publié sur le bulletin diocesain Flash, édition mars – Avril 2011

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