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Paolo Gomarasca, Meticciato: convivenza o confusione?

Paolo Gomarasca, Meticciato: convivenza o confusione?, Marcianum Press, Venezia 2009

Jamais autant qu’aujourd’hui, les flux migratoires n’ont été aussi intenses et les cultures dans des conditions favorables au mélange ; mais la politique du multiculturalisme est seulement capable de réaliser une société de coexistants. Les limites du multiculturalisme sont, par exemple, la simple juxtaposition des cultures, la célébration du simple fait de la différence et la réduction de toutes les institutions à des sujets éthiquement neutres. Le résultat est que certains considèrent désormais qu’au lieu de chercher un bien commun inclusif, chacun ferait mieux de se préoccuper d’affirmer la valeur exclusive de son groupe

 

 

Paolo Gomarasca – chercheur en Philosophie morale à l’Université Catholique de Milan – dans ce texte (à la fois érudit tout en étant accessible également aux non-spécialistes), étudie plutôt la possibilité du métissage (une catégorie à propos de laquelle le Cardinal Scola invite à réfléchir) comme mélange réussi et fécond entre les personnes et les cultures.

 

 

Or, selon l’interprétation envahissante de Foucault, l’Occident tente, du moins depuis l’époque de la conquête du Nouveau Monde, d’englober le différent et de l’assimiler de manière violente. Gomarasca examine justement la vision de Foucault, et ensuite il réfléchit à la catégorie du métissage et aux sciences ethno-anthropologiques qui célèbrent de manière relativiste le mélange des différences et la confusion des identités ; en dernier lieu, il soustrait la notion de métissage de la polémique anticolonialiste et la relie au besoin humain le plus crucial, celui d’être reconnu par les autres.

 

 

Comme le dit à juste titre l’auteur, l’Occident n’est pas nécessairement assimilationniste, mais capable, du moins dans certains cas, de rencontrer l’autre sans le réduire à lui-même ; au contraire, le métissage n’aurait pas été possible sans l’affirmation de l’humanité, la dignité et la liberté des indiens. Cette conception a été promue par l’Église catholique qui enseignait à voir dans l’indien un être à l’image et ressemblance de Dieu et – surtout avec les Conciles provinciaux de Lima (1583) et de Mexico (1585) – prescrivait aux missionnaires d’apprendre les langues locales. Par contre, le colonialisme des protestants en Amérique du Nord et en Afrique du Sud était différent et empreint de racisme.

 

Surtout en s’inspirant d’Hegel (mais aussi en le dépassant), Gomarasca insiste sur la catégorie de la reconnaissance : l’être humain a un besoin crucial d’être en relation avec l’autre, d’être apprécié, confirmé dans sa valeur, et la relation est anthropogène.

 

Le premier et paradigmatique lieu de la reconnaissance est la famille (quand elle est saine), où se donnent des relations d’amour, de confiance et de communion à travers lesquelles la personne mûrit son identité et son estime de soi. Mais aussi dans la société civile, il n’est pas nécessaire que tout suive la logique utilitariste : comme le montre l’existence des associations et agences du « privé social », qui sont capables de solidarité.

 

Du reste, avec Habermas (Böckenförde le disait déjà), Gomarasca soutient très opportunément que l’État vit de ressources pré-étatiques, d’un capital de comportements sociaux pour lesquels il est débiteur à ces sujets, en premier lieu la famille. Et, pour ce capital social, le rôle public des religions (en particulier, du christianisme) est décisif.

 

En conclusion, Gomarasca arrive à ce résultat : on peut promouvoir la diversité seulement si on met en évidence aussi une certaine unité, parce que seulement si les différents ont quelque chose en commun, il est possible d’éviter leur dissémination chaotique, sans vouloir de l’autre côté leur homogénéisation. Il s’agit de reprendre la figure de l’analogie, qui tient ensemble identité et différence, en éclairant la « parenté ontologique » de tous les êtres humains, qui les fait tous co-appartenir à l’être.

 

 

Le fruit d’un sain métissage est éminemment dans les enfants des familles mixtes, qui peuvent réussir à tisser ensemble les deux cultures d’origine de leurs parents, et peuvent effectuer un travail de médiation et de traduction précieux.

 

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