Concitoyens de la même façon? Les droits fondamentaux, les démocraties, les religions , «Oasis» 5 (2007)

Le grand penseur allemand examine le dogme de la Trinité, point central du salut, modèle parfait de toute coexistence

Le mystère de tous les mystères et la vie éthique de la communauté

Les vérités religieuses ne sont pas des propositions purement théoriques. Elles veulent entrer en relation avec l'homme tout entier, aussi bien avec son intelligence qu'avec la vie de sa volonté et de son sentiment. La connaissance de la vérité doit être pour l'homme un stimulant spirituel et un guide dans sa tension vers Dieu ; elle doit transformer sa façon de penser et d'agir.
Les vérités de la religion dépassent la portée de notre intelligence et c'est justement dans les doctrines fondamentales du Christianisme que ce mystère est le plus profond. On peut appliquer à ces doctrines l'expression subtile de G. K. Chesterton : « Elles sont comme le soleil ; on n'arrive pas à regarder au-dedans, mais dans sa lumière on entrevoit tout le reste »1. Il doit être alors possible, à travers une considération respectueuse et en même temps pénétrante, de garder les limites du mystère et de nouer toutefois une relation entre dogme et vie réelle.
Certaines vérités parlent facilement au cœur et à la volonté ; ce sont les vérités qui concernent notre rédemption. D'autres semblent plus difficilement accessibles. C'est à ces dernières qu'appartient avant tout le fondement de notre foi, la doctrine du Dieu trinitaire. Il n'est pas rare de se heurter à la conviction qui considère cette doctrine un principe abstrait, lointain et éloigné de la terre, auquel il faut sans doute se conformer, mais privé de sens pour la vie réelle.
On est prêt à reconnaître un rapport entre le mystère de la Trinité et la vie chrétienne dans le fait que les œuvres de la création, de la rédemption et de la sanctification sont attribuées de façon spécifique aux trois Personnes divines. On saisit encore un rapport dans le fait que le chrétien sait qu'il est fils du Père, frère et sœur du Christ, ami de l'Esprit Saint. Et ce sont en particulier ces derniers rapports qui sont très profonds et féconds. Mais avec tout cela le point focal du mystère, c'est-à-dire le fait qu'un Dieu unique est en trois personnes, n'a pas encore été mis en lumière de façon explicite. Il reste encore sur le fond.
Il n'en a pas toujours été ainsi. Au moyen âge par exemple, le dogme de la Sainte Trinité doit avoir eu une signification toute particulière dans la vie chrétienne. Les chants anciens le démontrent, où le grand mystère, obscur et en même temps lumineux, émerge continuellement avec force. Les indications anciennes pour la vie spirituelle le confirment aussi. La Trinité y apparaît comme le point central du salut, comme la source et le but de la vie de grâce2. On voyait aussi en elle la plus haute sanction de toute légitimité. « Au nom de la sainte et indivisible Trinité » : c'est ainsi que commençait la Lex salica3. L'autorité terrestre et la validité juridique trouvaient dans ce mystère leur fondement ultime.
Ce n'est pas un bon signe pour la profondeur de la vie chrétienne quand la vérité souveraine, majestueuse d'un Dieu unique en trois personnes est mise de côté4.
Les réflexions qui suivent voudraient démontrer par un exemple combien est vivante la relation entre le plus inaccessible de tous les mystères et notre vie quotidienne : le dogme de la Trinité comme Magna Charta du devoir et de la dignité de toute communauté humaine.

Les formes qui caractérisent la communauté humaine sont infiniment variées : contacts sociaux superficiels ; rapports purement matériels appartenant à la vie sociale et économique ; différents types de relations familiales et parentales, enfin les différentes espèces de rapports basés sur la confiance personnelle, à partir de la brève fréquentation jusqu'aux formes plus élevées où deux personnes ayant des affinités nouent et conservent librement un lien de communauté : il s'agit de l'amitié comme croissance de réciprocité dans l'esprit et dans le cœur ; la camaraderie comme développement commun des mêmes convictions, des mêmes buts et devoirs, et le mariage avec son union de vie accomplie.
Si nous analysons ces relations communautaires il en résulte qu'elles se basent sur deux attitudes et mouvements de l'âme opposés.
Le premier est le «dévouement» (Hingabe). Une personne partage avec l'autre ses propres biens matériels, son propre savoir, ses propres expériences et ses propres avantages sociaux ; il partage avec confiance avec l'autre ses dispositions intimes ; il le sert avec altruisme et fidélité, jusqu'à ce que le dévouement s'accomplisse dans le lien personnel indissoluble de l'amour.
A travers tous les degrés de l'affection ce mouvement conduit jusqu'aux formes suprêmes de l'amour dans l'amitié, dans la camaraderie et dans le mariage. Ici ce qui était à l'un devient aussi propriété de l'autre. Le dévouement complet qui ne garde plus rien pour soi seulement a créé une nouvelle unité qui embrasse les deux personnalités. Biens, espoirs, soucis, souffrances sont devenus communs car pour chacun des deux le point central de la propre vie s'est éloigné du simple « moi » et s'est approché du « toi ».
Le sens que ce rapport assume pour l'homme se révèle évident. Le cercle étroit du soi est brisé. L'être particulier, défini par les inclinations personnelles, par l'éducation et par le milieu s'est ouvert. Normalement le cercle du soi oppose facilement une résistance naturelle aux états d'âme et aux pensées des autres ; or il est arrivé à reconnaître à travers l'amour, le monde intérieur de l'autre. C'est ainsi que s'accomplit ce processus singulier de l'âme qu'est l'« adoption » de la vie spirituelle de l'autre. A travers le dévouement l'individu perçoit lui-même dans l'autre, il participe directement à la vie de l'autre, il développe ses propres pensées à partir de celles de l'autre ; il éprouve comme siennes la joie et la douleur de l'autre. A travers ce processus le monde individuel se dédouble ; les pensées et les états d'âme de l'autre, souvent opposés, fécondent la propre existence. De cette façon cette dernière se développe dans une plénitude et une fécondité toute nouvelle, soutenue par l'action expansive qui dérive de l'authentique « tutoiement», du dépassement de l'égoïsme.
C'est naturellement dans ce mouvement de l'âme que réside aussi un «danger» : la pleine confiance peut en effet conduire à abandonner des choses qui ne peuvent pas être données, supposons, ce qui appartient intimement à une tierce personne. Ce mouvement peut ôter l'autonomie, fausser le jugement, réduire la volonté, annuler l'unité personnelle qui a son fondement en elle-même. Il peut pousser l'un à agir contre sa propre conscience par la volonté de l'autre. Des personnes qui sont sous l'influence exclusive de l'instinct communautaire perdent vite la vigueur et l'originalité de leur être ; elles deviennent banales et plates. Toutes les influences irrémédiables de l'instinct social que Nietzsche définit par ces quelques mots : « La communauté rend communs »5 sont alors à la base de conditionnements.
C'est alors que ce mouvement de l'âme doit en rencontrer un autre contraire et lui opposer une résistance : il s'agit de la tendance de l'âme à s'«abstenir à elle-même» (Selbsthaltung), à mettre une distance entre elle et l'autre. Cette tendance sauvegarde le droit d'avoir ses propres convictions, elle affirme l'indépendance du jugement, l'autonomie de la décision et de la responsabilité. A cela correspond chez l'autre la «discrétion» (Zurückhaltung) face à la limite qui enferme aussi bien la personnalité de l'autre que la sienne ; elle s'exprime dans le regard qui défend à soi-même d'influencer le jugement de l'autre, d'agir en prenant l'autre par les sentiments plutôt que par les motivations, d'exercer des pressions sur la conscience, de considérer l'autre comme moyen en vue d'une fin ; elle s'exprime dans le profond respect (Ehrfurcht), qui ne veut pas obtenir, extorquer ou dérober la communication intime de soi-même, mais qui ne veut l'accueillir que dans l'acte d'un don libre.
Le sens de cette attitude de l'âme est exprimé dans ce qui a déjà été dit. C'est sur lui que se base toute l'autonomie, la solidité, la noblesse et l'énergie formatrice de la personne. Mais seul il cache lui aussi en soi un danger. Il peut rendre la compréhension incompréhensible ; il peut produire un effacement craintif à s'approcher de l'autre qui ne conduit pas au-delà de soi, qui n'arrive plus ni à donner ni à recevoir. Enfin cette attitude peut ainsi rendre la communauté impossible et l'homme seul.
C'est pour cela qu'un achèvement, un jeu de correction réciproque est nécessaire. Cette « compensation » des âmes ne peut toutefois pas être conçue à la façon des forces naturelles, comme cela arrive dans un système statique où poussée et contrefort maintiennent le tout en équilibre. La compensation ne vient pas « de soi », mais seulement sous l'influence d'un pouvoir moral vivant : la volonté de communauté. La communauté ne s'accomplit pas à travers la conjonction d'êtres naturels, mais à travers le dévouement libre et réciproque de personnalités morales. Elle est soutenue par la volonté d'atteindre une forme de vie plus élevée que celle qui est atteignable en tant que simples individus. Le désir de la perfection, de l'élévation d'une existence moralement noble et en dernier lieu le désir peut-être inconscient de Dieu, est ce qui pousse la personnalité à sortir de l'étroitesse du propre soi et à se donner à un autre pour s'approcher de l'accomplissement à travers un mouvement d'expansion et d'enrichissement réciproque.
L'idée de communauté règle le mouvement de l'âme caractérisé par la polarité de dévouement et de conservation, attraction vers soi et maintien de la distance. Cette volonté exige de la part des deux personnalités une confiance réelle, une communica¬tion authentique du propre patrimoine. Elle deman¬de que chacun accepte l'autre avec une disponibilité sincère ; elle enseigne à demander et à recevoir. La volonté de communauté exige que ce dévouement dure dans le temps et qu'il ne se laisse pas décourager par les difficultés. Elle transforme l'instinct naturel en action morale d'amour véritable, elle lui donne le courage du sacrifice et la force de l'humilité, elle lui confère la constance et l'exclusivité de la fidélité. A travers cette volonté s'accomplit le dévouement au devoir et ce n'est qu'ainsi que peuvent être dépassés l'égoïsme, la peur et la volubilité. Mais la communauté elle-même exige que ce soit un lien entre personnalités indépendantes qui la construise. L'homme ne peut jamais être pour un autre homme le moyen pour une fin, mais seulement une fin en soi : la liberté de sa conscience, de son jugement, de sa décision ne peut pas être violée. Autour de chaque personnalité il y a un cercle sacré que personne ne peut franchir, à moins qu'il ne s'ouvre tout seul ; mais jusqu'à un certain degré ce cercle ne peut pas s'ouvrir lui-même sans se profaner. Et tandis que la pure volonté de communauté élève l'élancement au dévouement libre, à la noble aspiration, à la fidélité certaine, elle crée un contrepoids à tout cela dans l'attitude du respect profond face à l'autre et de la pudeur spirituelle face à sa propre personnalité.
C'est ce contrepoids seulement qui assure l'achèvement du sens de toute communauté. Le dévouement sincère brise le bloc de l'individualité, il étend le « moi » à travers le « toi ». Mais ce n'est de nouveau que le respect profond et la pudeur qui préservent l'âme de la dissipation et de la perte de sa propre dignité. Un mouvement rend accessible la richesse de la vie commune ; un autre assure la forme de l'attitude intérieure : solitude et communauté ; devenir un tout et conserver les distances. Ce n'est que de ces deux tendances que naît l'accomplissement.
La beauté des communautés se base sur l'harmonie de ces mouvements : forme limpide, noble dans la plénitude du don et de l'accueil. Si le terme « formation » (Bildung)6 a un sens, c'est justement ici qu'il l'a, dans le fait que la force de la vie est dominée par une sensibilité subtile pour les limites. C'est la urbanitas des Anciens, la « discipline et la mesure » (zuht und mâze) du moyen âge, qui dans la variété des rapports sociaux institue en même temps des ponts et des barrières entre les hommes ; le sentiment qui dans toute situation domine avec sûreté ce jeu de contrepoids des forces qui forment la communauté.

Le bonheur ou la douleur dans l'homme dépendent beaucoup du fait que celui-ci accomplisse de la bonne façon le devoir de la communauté. Sa vie peut s'enrichir ou s'attrister selon que
l'homme réussisse ou ne réussisse pas à établir un juste rapport avec l'autre.
Qu'est-ce que «le mystère de la Sainte Trinité» a à nous dire à ce propos ? Nous n'avons qu'à le placer dans les relations décrites ci-dessus et il nous éclaire ces rapports avec sa lumière.
Il y a un seul Dieu. Une unique nature et une unique vie divine. Le Père les communique totalement au Fils ; le Père et le Fils à l'Esprit Saint. Le Père ou le Fils ne gardent rien pour eux. Le Fils ne repousse rien du don du Père, l'Esprit Saint rien de ses deux donateurs. Celui-ci reçoit du Père tout ce qu'il est et ce qu'il a ; il reçoit tout du Père et du Fils. Les trois personnes divines ont tout en commun : la plénitude entière de la vérité, toute la noblesse de la sainteté, la splendeur même de la beauté, l'unique richesse infinie de béatitude. Le Fils est pour le Père compréhension totale ; l'Esprit Saint les unit comme amour parfait. Ce que nous appelons le premier mouvement vers la communauté, le «dévouement», la tension vers l'unité, atteint ici son degré absolu : les Personnes divines ne sont pas liées entre elles comme cela arrive chez les hommes dans la mystérieuse union des âmes à travers l'amour. Une parfaite identité de tout ce que nous appelons vie et essence règne entre elles, parce qu'elles sont un seul Dieu. Ce «tutoiement» de l'amour, qui, comme l'écrit saint François de Sales « conduit au point où l'un puisse dire à l'autre "mon cœur qui est auprès de toi"»7, se trouve ici réalisé sans aucun « pour ainsi dire », sans aucune réduction : le Père, le Fils et le Saint-Esprit vivent une vie et une même vie.
En même temps toutefois l'autre mouvement, le fait de s'abstenir à soi-même, la distance de la personnalité, est présent dans la Trinité au degré maximum de complétude. Parce que même si tout en elle est commun, les Personnes ne le sont pas. Celles-ci restent tout à fait inviolables, non pas mélangées, non pas interchangeables. Le Père n'est, en aucune façon, le Fils, et le Saint Esprit est distinct des deux de façon irréfutable. C'est là la perfection de la communauté. Amour, communauté de tout, jusqu'à l'identité de l'être et de la vie. Mais en même temps parfaite garde de soi de la part de la personne.
A la perfection de cette communauté correspond sa «fécondité». Non pas un rapport entre personnalités étrangères et déjà existantes comme parmi les hommes, mais une communauté qui, en un certain sens, génère elle-même. Parce que c'est justement de la plénitude de la divine compréhension de soi que le Père fait naître le Fils à la possession de la même nature, et c'est de la force infinie de l'amour réciproque que le Père et le Fils génèrent le Saint- Esprit à la possession de la même vie divine.
La Sainte Trinité est le mystère de tous les mystères. Notre pensée vient à manquer face à lui et il se peut que la sensation de penser des paroles et non plus des choses nous assaille. Et toutefois c'est le seul que nous ne réussissons pas à regarder qui jette la lumière sur notre vie, et il la jette justement de son noyau central : du fait qu'un Dieu est en trois personnes. La Trinitas Augusta nous enseigne que se mettre dans une communauté signifie être prêts à tout donner ; cela signifie s'ouvrir avec une franche disponibilité à la plénitude de l'autre. La Trinité enseigne que tout, vraiment tout, pourrait être et, au degré maximum, devrait être commun. Une chose ne devrait pas l'être, et en cela au dévouement s'oppose son contrepoids : la personnalité. Celle-ci doit rester inviolée dans son indépendance. Son sacrifice ne peut être ni désiré, ni offert, ni accepté.
Avec cela l'attitude essentielle de toute communauté est clairement circonscrite. Le dévoue¬ment doit être permis et offert de la bonne façon et dans la juste mesure, et la communauté où quelqu'un cache à l'autre lui-même et ses choses est imparfaite. Mais le droit à la personnalité est sacré et inaltérable et il doit rester en soi inviolable : à peine cette limite est-elle franchie, une communauté devient tout de suite contre nature, immorale, quel que soit son genre.
Dans le mystère de la Sainte Trinité il y a la Magna Charta de toute communauté humaine. Dans toutes ses formes la communauté humaine est un vestigium Trinitatis, une image réfléchie de la communauté divine de la Trinité.
Celle-ci est toutefois plus qu'un simple modèle. Nous sommes unis dans le Christ par un nouveau lien qui dépasse toute réalité naturelle. En lui, à travers l'action de grâce du Saint-Esprit, nous sommes nés à nouveau et devenus mystérieusement participants de la nature divine8 elle-même. Nous sommes frères du Christ, fils du Père et le Saint-Esprit est pour nous tous le guide et l'ami.
En réalité nous n'arrivons jamais à comprendre comment l'homme peut «partager la divinité»9 dans la grâce et toutefois rester créature sans aucune confusion. Nous arrivons toutefois à percevoir qu'en tant qu'hommes devenus maintenant frères dans le Christ, nous sommes unis par un lien divin inexprimable dont la réalité prodigieuse fait dire à saint Paul des choses tellement profondes dans les lettres aux Ephésiens et aux Colossiens. Cette unité, qui dépasse toute affinité naturelle est mystérieuse mais réelle.
C'est seulement ce lien de la grâce qui donne aux hommes la force morale de réaliser le but essentiel de la communauté, de devenir vraiment une «trace» vivante de la très Sainte Trinité.
De cette façon non seulement le modèle de la vie communautaire dérive de la Trinité pour l'homme, mais aussi la force pour le rejoindre. C'est la grâce qui exerce son action dans le respect profond avec lequel les enfants de Dieu « entrent en compétition pour s'estimer les uns les autres »10, et dans l'amour, dans lequel « ils ont tout en commun »11.

[Texte tiré de Romano Guardini, Opera Omnia VI, Scritti Politici,
par Michele Nicoletti, Morcelliana Editore, Brescia 2005 .
Autorisation accordée par la maison d'édition Morcelliana.
© Editrice Morcelliana, Via Gabriele Rosa, 71, 25121 Brescia]

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1. Gilbert K. Chesterton, Orthodoxie, München 1909, p. 28.

2. Ainsi, par exemple, dans les écrits de Saint Bonaventure.

3. La Lex salica est la loi des Francs Saliens, une des sources les plus anciennes du droit germanique, dont on fait remonter la plus ancienne version au règne de Clovis au début du VIe siècle. Certaines rédactions de la Lex salica remontant au IXe siècle commencent par la formule «In nomine Sanctae Trinitatis»: Cf. Monumenta Germaniae Historica, Legum Sectio I, IV, II (Lex salica), Hahn, Hannover 1969, 3 (N.d.C.).

4. Pie X a enlevé du dimanche les nombreuses fêtes qu'on y célébrait et lui a redonné sa signification particulière de reconnaissance des fondements de la vie religieuse. Actuellement le jour de la Sainte Trinité a de nouveau le rôle prééminent qui lui revient dans la liturgie.

5. «Jede Gemeinschaft macht, irgendwie, irgendwo, irgendwann - "gemein"». Friedrich
Nietzsche, Jenseits von Gut und Böse. Vorspiel einer Philosophie der Zukunft, 284,
in Sämtliche Werke, hrsg. von Giorgio Colli et Mazzino Montinari, DTV, München 1993, 3. Aufl., Bd. 5, pp. 231-232. Le terme « gemein » en allemand signifie aussi bien
« commun » que « vulgaire, vile ».

6. Le terme allemand Bildung (de Bild = immage, forme) signifie "formation", "éducation", "culture". Guardini veut souligner comment ce processus spirituel veut dire au sens propre « donner forme » à la force de la vie qui autrement resterait esclave d'impulsions désordonnées.

7. Cf. François de Sales, Introduction à la vie dévote: fac-similé de l'unique exemplaire actuellement connu de l'édition de 1619, publiée par Fabius Henrion, Tours, Paris, 1934, 2me partie, chapitre II.

8. 1 Pt 1, 3.

9. «...divinitatis esse consortes...» de l'Ordo Missae, quand on mélange le vin avec l'eau.

10. Rm 12, 10.

11. At 2, 44.

Pour citer cet article

, Le mystère de tous les mystères et la vie éthique de la communauté , «Oasis» [en ligne], 5 | Mars 2007, en ligne le 05 juin 2009 consulté le 09 février 2012.
URL: http://www.oasiscenter.eu/node/2873