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Islam

Ces sanctuaires détruits par la furie extrémiste

Du Pakistan au Mali, en passant par la Tunisie et l’Égypte, les groupes extrémistes ont utilisé des explosifs, des pioches et des barres de fer pour anéantir la force des monuments antiques

Le marché hors du sanctuaire Lal Shahbaz Qalandar au Pakistan après un récent attentat

Le Lal Shahbaz Qalandar, à Sehwan, au Pakistan, est un des sanctuaires soufis les plus visités par les fidèles musulmans. En février, un attentat revendiqué par l’État islamique a tué plus de 80 pèlerins en prière.

 

L’Islam est arrivé dans le sous-continent indien grâce à la prédication soufie, et on dénombre au Pakistan des dizaines de lieux de culte, de mausolées et de tombes liés aux mystiques. L’attaque de Sehwan est la dernière d’une longue série de faits sanglants qui, du Pakistan en passant par la Tunisie, la Libye, le Mali ont pris pour cible les sanctuaires soufis. À l’origine de la destruction programmatique de ces lieux de culte, il y a les positions extrémistes des groupes jihadistes militants qui voient dans la mystique soufie et dans la spiritualité de ses enseignements une corruption de la pureté de la foi et du puritanisme rigide avec lequel les extrémistes adhèrent à la loi islamique. Ci-dessous nous présentons par pays une série d’attaques commises par plusieurs mouvements fondamentalistes contre des célèbres sanctuaires soufis, souvent vieux de plusieurs siècles, éparpillés à travers le monde islamique.

 

 

Pakistan

 

Avant l’attentat sanglant de 2017 qui a poussé les autorités locales à une vaste campagne de répression contre des éléments liés à l’État islamique, le Pakistan avait déjà été l’objet de telles attaques. En 2010, un autre sanctuaire soufi très important, du XIIe siècle après J.-C., Hazrat Data Ganj Baksh, à Lahore, fut le théâtre d’une explosion qui a tué 42 pèlerins. Toujours dans la même région du Punjab, un an après, les talibans locaux ont revendiqué un attentat au sanctuaire de Sakhi Sarwar. Dans ce cas aussi, le bilan des victimes fut très élevé : 40 morts.

 

 

 

Libye

 

Suite à la révolution qui en 2011 a mis fin au régime du colonel Muammar Kadhafi, l’action de plusieurs groupes extrémistes a augmenté en Libye, jusqu’à l’apparition en 2014 de l’État islamique, dont le bastion, Syrte, est tombé il y a seulement quelques mois. En 2012, des milices islamistes ont pris pour cible le sanctuaire du XVe siècle de Abdel Salam al-Asmar, à Zlintan, dans l’Ouest du pays, et quelques mois après, en août, la mosquée historique de Tripoli Sha‘ab, où se trouvent les tombes de plusieurs théologiens soufis.

 

 

 

Mali

 

En juillet 2012, le Nord du Mali est tombé aux mains des groupes jihadistes, et ce n’est qu’après l’intervention des forces spéciales françaises que le gouvernement a pu reprendre le contrôle d’une partie du territoire. La ville historique de Tombouctou, site de l’Unesco célèbre pour ses constructions antiques d’argile, ses bibliothèques séculaires et ses lieux de culte, a été l’objet de la furie iconoclaste des extrémistes, qui ont même détruit à coups de pioche la tombe du maître soufi Sidi Mahmoud, mort en 955 après J.-C.

 

 

 

Tunisie

 

En Tunisie, la révolution n’a pas conduit à des affrontements ni à la guerre civile. Cependant, la transition politique a été mouvementée, avec des assassinats politiques et des violences sporadiques et l’action déstabilisante de groupes salafistes. En huit mois, entre 2012 et 2013, selon Mohamed el-Heri, responsable de l’association nationale soufie tunisienne, 40 sanctuaires ont été attaqués dans le pays. Parmi ceux-ci, le sanctuaire de Sidi Abdel Qader à Nabeul, celui de Sidi Yaacoub à Gabes, celui de Sidi Bouchoucha à Tunis. De tels incidents se sont produits dans la ville côtière de Sousse, à Bizerte, et dans le centre rural de Kasserine. Souvent, les lieux de culte ont été brûlés.

 

 

 

Égypte

 

En Égypte, une tentative de destruction d’un sanctuaire soufi à Qalyoub, pas très loin du Caire, a été stoppée par des résidents locaux, qui se sont interposés entre le bâtiment et un groupe d’extrémistes, armés de barres de fer et de marteaux.

 

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