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Asie

La grande démocratie des leaders assassinés

Inde. De l'assassinat de Mahatma Gandhi, Indira et Rajiv Gandhi, à la guerre infinie du Cachemire : cinquante ans d'indépendance harcelés par le fanatisme

Cet article a été publié dans Oasis 3. Lisez le sommaire

Dernière mise à jour: 05/03/2018 12:55:59

Aujourd'hui l'Inde trouve une place sur la carte du terrorisme mondial. En Inde il y a toujours eu la guerre, avec ses implications de force physique et par conséquent de perte de vies humaines. Mais, dans tous les cas, la guerre et la violence blessaient les gouvernants du point de vue émotif, d'après ce qu'on peut comprendre des histoires du Prince Siddartha qui quitta son palais et le pouvoir pour devenir Shri Buddha, le plus grand des prophètes de Ahimsa ou non-violence, ou de l'Empereur Asoka qui passa de la guerre et de la violence à la paix et à la non-violence.

 

 

Les Edits d'Asoka témoignent encore de la conversion d'un des plus grands souverains que l'Inde ait jamais connu. Les questions morales impliquées dans l'usage de la force, même pour des raisons impériales ou politiques, troublaient à la fin la conscience de ces nobles gouverneurs, et procuraient de profondes blessures dans leurs cœurs. Au moment où Shri Buddha devint le symbole de la renonciation au pouvoir et aux plaisirs, Asoka extirpa la guerre de son règne. Même au cours du règne de la dynastie Mogol, l'usage de la force et de la lutte pour la couronne et le règne était assez bien accepté comme instrument de pouvoir politique et de gouvernement, ou comme moyen utile pour le changement de garde à Delhi ou dans les territoires environnants.

 

 

Mais à ce moment-là aussi le culte du terrorisme restait vraiment éloigné des zones où se déroulaient les activités politiques ou militaires en Inde. Des batailles classiques étaient à l'ordre du jour. Durant la période du Rajah britannique également la force fut effectivement utilisée par le gouvernement pour étendre ses territoires ; et aussi par le peuple pour bloquer les tentatives anglaises d'établir la domination impériale. A ce moment-là aussi la perte de vies innocentes fut minime et de toute façon tout le monde fit son possible pour assurer un minimum de pertes de vies humaines.

 

 

Cela ne veut pas dire que dans la lutte contre les Anglais les mouvements terroristes n'aient joué aucun rôle. Ce genre d'événements ne se passait qu'occasionnellement au cours de la lutte pour l'indépendance indienne. Des explosions de bombes au Parlement central, le massacre d'une foule de manifestants innocents à Jallian Wallabah (au Panjab) de la part de la police anglaise, les représailles de feu et le meurtre du général anglais qui avait ordonné à la police d'ouvrir le feu sur la foule, tous ces épisodes constituent des exemples d'activités terroristes en Inde au cours de la période qui précède l'Indépendance. Quand la présidence du Congrès national indien et la lutte pour la liberté passèrent dans les mains du Mahatma Gandhi, le style des troubles subit un changement visible qui fit de la lutte pour la liberté un événement tout à fait non-violent.

 

 

Gandhi fit de la paix et de la non-violence les deux faces de la médaille qui symbolise l'enthousiasme pour la liberté. Les enseignements de Gandhi renforcèrent la culture de la non-violence dans le courant politique national indien. La particularité ou la caractéristique d'unicité de l'Inde consiste dans sa diversité de climat, de géographie, de langue, de religion, de conditions économiques, et ainsi de suite. Grâce à la conquête de la liberté ces différentes forces manifestèrent une présence plutôt importante dans la construction de la nation, surtout après la période de Jawaharlal Nehru. Celle-ci mit en évidence une différence remarquable dans le rythme de croissance des forces violentes et du terrorisme et créa de profondes blessures dans les sentiments religieux et ethniques d'un partie considérable de la population indienne. L'Inde est une des plus grandes nations du monde.

 

 

La croissance phénoménale du terrorisme en Inde peut être attribuée à son statut de deuxième pays plus peuplé du monde. La plupart des régions de l'Inde ont fait récemment l'expérience de terribles attaques terroristes de différentes dimensions au Cachemire, dans le nord du Pays, dans le sud du subcontinent indien et au nord-ouest. Au nord-est la cause des racines du conflit est à rechercher dans la tension qui existe entre le gouvernement et les tribus. Les tribus, en tant que premiers occupants, sentent que leurs lieux et leurs propriétés sont en train de leur être soustraits par les nouveaux migrants des états voisins. La demande de la part des natifs d'une plus grande participation au processus gouvernemental et politique a aggravé la situation, mettant en danger la paix et la tranquillité du territoire. On enregistre par conséquent une forte croissance d'actions de rébellion dans le nord-est du pays. La première rébellion et peut-être la plus significative eut lieu au Nagaland, au début des années 50. Selon les données officielles 599 civils, 235 hommes des forces de sûreté de l'Etat et 862 terroristes ont perdu la vie entre 1992 et 2000. Les problèmes liés au conflit entre indigènes et population immigrante en Assam s'avèrent très délicats. Le Front de l'Union pour la Libération de l'Assam (ULFA) fait maintenant sentir sa présence dans la région comme une des plus grandes unités terroristes. Il a mené à terme beaucoup d'attaques terroristes contre les officiers du gouvernement et l'armée indienne. Le groupe se présente comme fortement militant, il ne se fait pas de scrupules à assassiner des représentants politiques, à attaquer la police et la sûreté de l'Etat, à faire sauter en l'air des lignes de chemin de fer et à endommager d'autres infrastructures par rétorsion. Le Nord de l'Inde, le Jammu et Cachemire, le Pendjab et l'Uttar Pradesh ont subi beaucoup d'attaques terroristes. Le Jammu et Cachemire reste une véritable épine au flanc de la politique indienne, la peur cause des insomnies au gouvernement et aux gens dans une grande partie du nord de l'Inde, et cela remonte au partage du Pays en 1947. Le Jammu et Cachemire, qui fait partie de la République indienne et la partie du Azad Cachemire (le territoire du Cachemire occupé par le Pakistan) a produit des heurts occasionnels entre armées, ainsi qu'une violence de nature terroriste. Le résultat de ces heurts a été la perte de milliers de vies humaines. Les pertes comprennent des civils, des hommes des forces de sûreté indiennes, comme aussi des militants séparatistes du Cachemire ou d'ailleurs. La présence de l'armée et des militants, toujours impliqués dans le conflit, ne joue pas en faveur de la paix au Cachemire.

 

 

L'Inde ne peut pas se permettre de retirer son contingent militaire du Cachemire tant que la République islamique du Pakistan continue à fournir son appui total, moral et matériel, aux combattants qui se trouvent au Cachemire. Quelques groupes combattants très forts, tels que All Parties Hurriyat Conference et le Kashmir Liberation Front ont récemment fait leur apparition. Ils demandent l'indépendance du Cachemire. Deux autres organisations au contraire, Lashkar-e-toiba et Jaish-e-Mohammad, préféreraient un Cachemire pakistanais, même si, à l'intérieur du Lashkar-e-toiba, il y a des divisions. En outre un nouveau groupe terroriste a fait son apparition, le Save Kashmir Movement. Harkat-ul-mujahideen et Lashkar-e-toiba paraissent les plus combatifs des groupes terroristes du Jammu et Cachemire. Les terroristes ont épuisé le Cachemire et, selon les autorités indiennes, la contestation est dirigée par le Pakistan. Cette affirmation est en même temps fortement contestée par le gouvernement pakistanais. L'Inde se sent pour le moins vexée du fait que le Pakistan appelle les guérilleros « combattants pour la liberté ». Mais l'amélioration des relations entre l'Inde et le Pakistan a rendu moins pénible la situation au Cachemire, favorisant un climat plus propice à la paix et à la réconciliation. Ce n'est pas seulement le militantisme musulman qui a provoqué des révoltes et de la violence en Inde, mais aussi celui de groupes terroristes hindou, sikh et tamoul (le soi-disant Groupe des Tigres du Tamoul). Mahatma Gandhi, le père de la nation, fut assassiné en 1948 par le militantisme hindou en rétorsion contre son attitude de conciliation envers la minorité musulmane en Inde. Le premier ministre Indira Gandhi fut victime du militantisme sikh (1984) qui se vengea de la Blue Star Operation qui avait réprimé l'insurrection des Sikh Khalistan dans le temple d'or d'Amritsar. Le premier ministre Rajiv Gandhi perdit la vie, victime des Tigres du Tamils, en riposte à l'envoi d'une force de paix indienne au Sri Lanka, dans le but de maîtriser les combattants Tamils dans le Pays. Pour l'Inde, nation engagée pour la paix et la coexistence pacifique, perdre trois leaders nationaux Mahatma Gandhi, Indira Gandhi et Rajiv Gandhi à cause des guérilleros et de leurs attaques terroristes, au cours des premières cinquante années d'indépendance, a été une expérience terrible.

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