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Les vers des princes des poètes

Haydar al-‘Abdullāh, vincitore a gagné la VI édition du « Prince des Poètes »

L’amour, l’éternité et le pouvoir de la poésie, tels sont les thèmes privilégiés par les concurrents d’un talent à grand succès

 

Extrait de l’édition VII (2017) du Prince des poètes 

Auteur: @Eyad_Hakami 

Eyad Hakami est le nouveau Prince des Poètes, couronné au terme de la septième édition du programme de télévision de Abou Dhabi, Prince of Poets, qui s’est terminée en avril dernier. 
Ce jeune saoudite, originaire de Jizan, un port situé dans la region sud-occidentale de la péninsule arabique, aux confins du Yémen, sur la côte de la Mer Rouge, a publié depuis 2012 plusieurs recueils de poésies dont ‘Alâ îqâ al-mâ’ [Au rythme de l’eau] en 2012, Zalla li-l-qasîda sadan li-l-jasad [De la poésie le corps conserve un écho] en 2014, et 100 Qasîda li-ummî [Cent poésies pour ma mère] en 2015. 

En 2012, le Prince des poètes a remporté en outre le Okaz Youth Poet Award, l’un des douze prix attribués par le Souk Okaz, manifestation organisée dans un des lieux touristiques les plus importants du royaume saoudite et qui récompense chaque année les meilleurs talents dans les domaines de la culture, de l’éducation et de la créativité.

Nous présentons ici la traduction du poème récité lors de la dernière émission de Prince des Poètes
Ce bref poème – selon la lecture qu’en a donné le jury du programme – décrit le moment du passage de la phase de l’innocence à celle de la connaissance, le passage de la nature à la civilisation. Se référant aux quatre éléments naturels (la terre, l’eau, le feu et l’air), le poète décrit la Vie, de la création du premier homme Adam à sa fin : la mort par amour.

Les revenants de leurs luers

Quand Adam recita ses noms,1 
nous n’étions qu’une poignée d’innocence.
Le sang céleste n’avait pas de couleur,

avant que les ténèbres ne blessent le ciel.
Le cœur de poussière palpitait comme un fleuve,
notre feu ne savait en éteindre les eaux.
Le visage de la Vie était un enfant
et la lumière de Dieu protégeait le chant et les larmes.
Mais vint la mort qui tomba sur les arbres de l’esprit,
jetant ses nudités sur les ombres.
Peut-être dans le vivre il y avait une possibilité
pour qui était loin et depuis toujours en connaissait les aspérités. 
L’amour nous a voulus, avant de naitre en nous :
C’est à nous, maintenant qu’il est mort, de le vouloir.


Fonte: http://www.ahram.org.eg/NewsPrint/592175.aspx 

De la sixième édition (2015) du Prince des poètes 

Auteur: @HaidarAlabdulla 

Haydar al-‘Abdullâh a été le poète amateur le plus jeune à obtenir le titre de Pince des Poètes : en 2015, à vingt cinq ans à peine, il a remporté la VIe édition du célèbre talent show culturel arabe sur la chaine de télévision Abu Dhabi TV ; il avait déjà obtenu en 2013 le prix Okaz Youth Poet Awards. Il a publié depuis plusieurs recueils de poésies, dont le plus récent Ramla taghsilu al-miyâh [Sable qui lave l’eau] 2017.
Voici la traduction de l’ode présentée lors de la dernière émission de la compétition « Prince of Poets ». Une réflexion sur la poésie que nous pourrions appeler, avec un brin d’irrespect, la version arabe de Vivo per lei de Bocelli.

Un baiser sur les lèvres de la poésie

Comme un nourrisson aspire au sein de sa mère,
ainsi la parole te séduit, l’inspiration te donne la chasse.

Ta première poésie gît désormais, au loin :
épuisée par l’effort et par la recherche incessante.

Mais si le désert t’a fait don de son esprit,
tu resteras un prophète de la métaphore, un pasteur mystique.

Abu Dhabi t’envoie son baiser de marbre et te dit :
« Viens ici, jeune faon !2 

Avec ton cœur qui suinte de larmes, même si parfois il est assoiffé,
avec tes vêtements transparents, même si ornés de broderies,

Tourne-toi vers ta Layla et demande lui de la passion :
peut-on imposer la passion ou l’interdire?»

J’ai soulevé ma tunique comme Bilqîs,3 marchant sur le lait des roches, conscient de mon inconscience.

Je l’embrasse comme le sable embrasse un mûrier, 
je l’arrose comme l’eau lasse de couler.

Et derrière elle je poursuis mon pèlerinage vers l’éternité ; ma poésie a encore tant de chemin à faire.

Salut, Abu Dhabi ! Je m’en irai parce que je suis la flûte
et les flûtes jouent l’adieu.4 


Min. 16.29 -20.00 https://www.youtube.com/watch?v=5fG9f5H8Ju8 

Texte en arabe: http://alqasidah.com/dish51.php?item=qobla3lafmqsidah 
 

 

Notes
1 « Et [Dieu] apprit à Adam tous les noms (de toutes choses) » (Cor. 2,31).
2 En arabe Abu Dhabi signifie littéralement « le père du cerf », d’où le jeu de mots.
3 Bilqîs est le nom que la tradition arabe attribue à la reine de Saba, protagoniste d’une partie de la sourate 27 du Coran. « On lui dit : ‘Entre dans le palais !’. Lorsqu’elle l’aperçut, elle crut voir une pièce d’eau, et elle découvrit ses jambes. Salomon dit : ‘C’est un palais dallé de cristal !’ Elle dit ‘Mon Seigneur ! Je me suis fait tort à moi-même ; avec Salomon, je me soumets à Dieu, Seigneur des mondes !’ » (Cor. 27,44).
4 En arabe il y a un jeu de mots entre nay (« flûte ») et na’y (séparation, distance).

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