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Islam

Quel leadership pour les musulmans ?

« On a besoin d’un leadership musulman formé et courageux, capable de proposer une autre manière de vivre la foi »

« Les autorités politiques dans la question du radicalisme sont loin de pouvoir tout faire […]. Il s’agit aussi et avant tout d’idées, de visions du monde. Ce constat souligne le rôle majeur de l’émergence d’un leadership musulman formé et courageux en mesure d’argumenter et de contre argumenter non seulement à l’égard des discours radicaux, mais plus largement de la pensée musulmane et capable surtout de proposer une autre manière de vivre la foi ».

 

 

Felice Dassetto, Effet Molenbeek : au-delà du mythe, les faits, «Oasis» 24 (2016), p. 90

 

 

Lors des projets précédents, Connaître le métissage, gouverner le changement (2014-2015) et Pas une époque de changement, mais un changement d’époque (2016), la Fondation Oasis a enquêté sur l’évolution de la manière de penser et de vivre la foi de la part de chrétiens et musulmans dans le contexte du croisement inédit de mondovisions typique des sociétés globalisées. Ces enquêtes ont fait apparaître très clairement que l’un des facteurs qui détermineront le rapport entre communautés musulmanes et non-musulmanes dans les années à venir, dans les domaines multiples de leur interaction, sera la qualité et l’orientation de l’autorité religieuse. En d’autres termes, dans le changement vertigineux en cours, où l’Islam n’est plus une référence indiscutable de sociétés traditionnelles mais plutôt l’objet de rivalités entre différents mouvements qui se le disputent (cf. Oasis n. 21), il devient décisif de comprendre qui peut parler au nom de l’Islam, et à quel titre pour légitimer, par exemple, sa propre interprétation des relations avec les non-musulmans (Oasis 22), du Coran lui-même (Oasis 23) et du rapport avec les sociétés européennes (Oasis 24). Il s’agit d’une question qui ne concerne plus seulement les sociétés à majorité musulmane, mais aussi l’Europe et l’Italie, où vivent désormais des communautés musulmanes plutôt consistantes, aussi bien du point de vue démographique que culturel. Ce n’est donc pas un hasard si les requêtes d’un interlocuteur et d’une représentation efficaces reviennent continuellement, et transversalement, dans le débat public de plusieurs États européens, indépendamment même du modèle dont ils s’inspirent en principe. Quelques faits récents seulement pour montrer avec quelle acuité le problème est ressenti : en août 2016, on annonce la création en France, à côté du conseil du culte musulman déjà existant, d’une « Fondation pour l’Islam de France ». En Allemagne, depuis 2010 cinq facultés d’études islamiques ont été ouvertes, dont le but est de préparer une nouvelle génération de leaders musulmans; des expériences semblables ont été amorcées également en Grande Bretagne (Cambridge Islamic College). Dans les Balkans enfin, l’expérience d’une représentation organisée de la communauté musulmane existe depuis déjà plus d’un siècle, elle remonte à la dernière phase des empires austro-hongrois et ottoman. En Italie, en dépit d’appels divers et prises de position, les initiatives en la matière en sont encore à l’état embryonnaire, même si quelques pas importants ont été avancés. L’autorité : une demande radicale de l’expérience religieuse Le thème du leadership ne se réduit pas à la seule dimension juridique et sociologique : le traiter comme un simple problème d’organisation (« mettons sur pied la représentation des musulmans ») ne s’est pas révélé jusqu’ici comme un choix particulièrement efficace et risquerait en plus d’entraîner une forte ingérence de la part des institutions pour créer un Islam à la carte. La raison en est simple. La question de l’autorité vient intercepter une demande radicale de l’expérience religieuse de tous temps : qui peut parler au nom de Dieu ? Ou mieux encore : comment Dieu me parle, à moi, aujourd’hui ? Cette question est plus profonde que l’impératif d’organisation et de hiérarchie qui pourtant en dérive et qu’il faut toujours garder à l’esprit si l’on veut éviter une approche purement fonctionnelle. Dans l’Islam des origines, par exemple, le thème de l’autorité, qui a été du reste à l’origine de la rupture entre sunnites et chiites, fut formulé dans un dit lapidaire : « Qui meurt sans avoir reconnu son propre imam [son propre guide] meurt en païen ». Autrement dit, reconnaître le bon guide décide pour le croyant musulman de son sort futur.

 

 

Le nouveau projet de recherche

 

 

À la lumière de ces considérations, Oasis a lancé, grâce au soutien de la Fondation Cariplo, le nouveau projet À la recherche d’un guide. Autorité et leadership dans l’Islam contemporain, qui se propose, par le travail d’un groupe de recherche interdisciplinaire, d’affronter la question du leadership islamique en Europe, en entrecroisant deux niveaux :

 

 

     

  1. L’arrière-plan : comment fonctionne l’autorité religieuse dans l’Islam
  2.  

  3. Le focus : le cas Europe. Qui donc les musulmans européens suivent-ils pour se former leur opinion en fait de religion, et comment, et dans quelle mesure, cette référence peut devenir un interlocuteur pour les institutions.
  4.  

 

 

Pour Oasis, ce n’est qu’en entrecroisant ces deux niveaux que l’on pourra soustraire la question du leadership à des manœuvres de pure tactique et à des logiques à courte vue, que l’on pourra aussi faire de cette question un lieu de réflexion féconde, y compris sur le plan interreligieux. Les articles et les fiches proposés dans cette newsletter [DATA DI INVIO DELLA NEWSLETTER E LINK] constituent le point de départ de cette nouvelle recherche. Vous pourrez suivre ses futurs développements à travers nos profils sociaux Facebook et Twitter, notre site, la newsletter et les événements publics.

 

 

Au départ : quelques questions

 

 

L’arrière-plan : les fondements de l’autorité religieuse dans l’Islam

 

 

     

  • On assure souvent que l’Islam (sunnite) est dépourvu d’institution religieuse. Est-ce vrai ? Ou est-il dépourvu plutôt d’une hiérarchie religieuse ? Mais s’il manque une hiérarchie, comment se forme le consensus autour d’une figure qui fait autorité ? Et celui qui veut parler « au nom de Dieu », comment se légitime-t-il ?
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  • Qui sont les oulémas, où et comment se forment-ils ? Quelle suite réelle ont-ils ? Quel rapport ont-ils avec les nouveaux penseurs de l’Islam (modernistes et islamistes) ? Comment se situent-ils par rapport aux salafistes ?
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  • Comment a évolué le concept d’imâm dans le chiisme?
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  • La conception de l’autorité dans le soufisme, qui repose sur la chaîne des témoins, est-elle alternative ou complémentaire par rapport au monde des oulémas ?
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  • La proclamation du califat par Abû Bakr al-Baghdâdî a-t-elle entrainé une réflexion nouvelle sur le thème de l’autorité religieuse ?
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Le focus : le leadership islamique en Europe aujourd’hui

 

 

     

  • Musulmans européens : qui suivent-ils ?
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  • Quels sont les points de force, et de faiblesse, des tentatives d’institutionnalisation de l’Islam avancées par plusieurs États européens (France, Allemagne, Royaume-Uni…) ?
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  • L’expérience balkanique d’institutionnalisation (Albanie, Bosnie, Macédoine, Croatie, Bulgarie, Roumanie…) peut-elle être répétée ailleurs ?
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  • Quelle efficacité peuvent avoir les programmes de « contre-récit » promus par certains gouvernements ?
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  • Que fait-on au niveau de l’Union européenne?
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  • Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné jusqu’à présent dans les différentes « tables rondes sur l’Islam italien » ?
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  • Une faculté de théologie islamique est-elle pensable en Italie ?
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