close_menu
close-popup
image-popup

Langues disponibles:
close-popup
Paypal
Carta di credito
S’abonner
Religion et société

Les paradoxes du débat sur l’intégration

Yūsuf al-Qaraḍāwī avec le drapeau syrien [© بلال الدويك - Wikimedia Commons]

Dans les sociétés européennes, les polémiques se multiplient sur la compatibilité entre les normes islamiques et les lois en vigueur sur le continent. Toutefois, la réalité est plus complexe que ne l’assurent les représentations dichotomiques qui émergent de ces controverses

Cet article a été publié dans Oasis 28. Lisez le sommaire

Dernière mise à jour: 25/03/2019 12:02:12

Les polémiques se multiplient, dans les sociétés européennes, sur la compatibilité entre les normes islamiques et les lois en vigueur sur le continent. Toutefois, la réalité est plus complexe que ne l’assurent les représentations dichotomiques qui émergent de ces controverses. En effet, l’inclusion sociale des immigrés musulmans n’est pas toujours linéaire, l’intégration ne signifie pas nécessairement une dilution de l’identité religieuse, et les « valeurs européennes » invoquées si souvent ne sont pas auto-évidents comme d’aucuns voudraient le faire croire.

 

En août dernier la ville de Lausanne en Suisse a rejeté la demande de naturalisation d’un couple, à cause du refus des deux époux de serrer la main à des personnes de l’autre sexe. Le maire, Grégoire Junod, a affirmé que ce couple offensait l’égalité des sexes et ne satisfaisait pas aux critères pour l’intégration : il a relevé que même si la liberté de religion est protégée par les lois du canton, « la pratique religieuse ne dispense pas du respect de la loi ». Pierre-Antoine Hildbrand, maire-adjoint et membre du comité de trois membres qui avait contesté la requête du couple, a déclaré que « la Constitution et l’égalité entre hommes et femmes l’emportent sur la bigoterie ». Le cas a été médiatisé au niveau international[1].

 

Ce n’est pas la première fois que la Suisse affronte un épisode de ce genre. En mai 2016, les autorités scolaires régionales du Canton de Bâle avaient annulé la décision d’une école de la petite ville de Therwil d’exonérer deux frères syriens, de 14 et de 15 ans, de l’obligation de serrer la main aux enseignantes femmes. En cette occasion, les autorités avaient affirmé que la foi religieuse ne dispense pas d’observer les usages locaux de manifestation de respect, et avaient menacé d’administrer aux parents une amende qui pouvait aller jusqu’à 5 000 francs suisses si leurs enfants continuaient à adhérer à cette interprétation de la loi islamique. Quant au refus de serrer la main, Magali Orsini, députée du Grand Conseil de Genève, avait affirmé que « c’est insensé, une provocation qui pourrait nous faire remonter le temps ». Simonetta Sommaruga, membre du Cabinet suisse, avait commenté à son tour : « Ce n’est pas ainsi que je conçois l’intégration. On ne peut accepter cela au nom de la liberté religieuse. La poignée de mains fait partie de notre culture »[2].

Si vous voulez lire l'article complet, abonnez-vous au magazine Abonnez-vous
ou si vous vous abonnez Login

Pour citer cet article

 

Référence papier:

Uriya Shavit, « Les paradoxes du débat sur l’intégration », Oasis, année XIV, n. 28, décember 2018, pp. 36-44.

 

Référence électronique:

Uriya Shavit, « Les paradoxes du débat sur l’intégration », Oasis [En ligne], mis en ligne le 27 mars 2019, URL: https://www.oasiscenter.eu/fr/islam-en-europe-le-debat-sur-l-integration.

Inscrivez-vous à notre newsletter

Pour obtenir des informations et des analyses, abonnez-vous à notre revue semestrielle