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Moyen Orient et Afrique

La Syrie, avant et après

La destruction du minaret de la grande mosquée d’Alep au mois d’avril dernier a fait sensation. L’ensemble avait été édifié sur le site de l’agora de la cité hellénistique, non loin de la célèbre Citadelle. Cela avait été d’abord une cathédrale chrétienne, transformée par la suite en mosquée à l’époque omeyyade, vers 710, mais un grand incendie en 1159 l’avait détruite, contraignant le sultan zangide Nûr-al-Dîn à la reconstruire totalement. La partie la plus ancienne de l’édifice était justement le minaret, réalisé vers la fin du XIe siècle, avec des ajouts mamelouks par la suite. Avant le conflit, l’ensemble de la mosquée constituait un endroit extrêmement vivant, fréquenté par les habitants de la vieille ville et des marchés voisins, qui s’entretenaient dans sa vaste cour. Les guerres sont faites aussi d’images-symboles, et la mosquée transformée en champ de bataille en est certainement une.

 

 

En revanche, personne, pas même les agences internationales, n’a encore d’image de Maalula, la cité à majorité chrétienne qui s’accroche aux pentes du Qalamun, à une soixantaine de kilomètres de Damas, attaquée début septembre par des combattants jihadistes et abandonnée par une bonne partie de la population. Avec les deux couvents de Sainte-Thècle et des Saints-Serge-et-Bacchus, Maalula conservait un patrimoine artistique de grande valeur. Mais c’était surtout le dernier endroit où l’on parlait encore le néo-araméen occidental, un dialecte proche de l’araméen palestinien. « La langue de Jésus », en somme. Un autre symbole, qui a secoué tous les chrétiens du Moyen Orient.

 

La guerre fait rage dans le pays tout entier, et jusqu’à la lointaine Deir ez-Zor sur l’Euphrate, où les Français avaient construit un pont suspendu dans les années 1920, durant leur mandat. Ce pont était devenu l’image d’une cité sans histoire (cas plutôt rare en Syrie). Le pont, qui s’est retrouvé sur la ligne de front entre les rebelles et les forces loyalistes, et dans la ligne de mire de l’aviation nationale, le pont donc s’est effondré en mai dernier, au milieu des échanges d’accusations réciproques.

 

 

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