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Islam

Travaux en cours dans l’Islam Marocain

Vue du haut de la médina de Fès [Photo Oasis]

Après les attentats de Casablanca en 2003, la monarchie marocaine a promu une version actualisée de l’Islam malikite traditionnel. Cette tentative doit compter avec de nombreuses résistances et « lignes rouges ». Mais elle va de l’avant

Cet article a été publié dans Oasis 27. Lisez le sommaire

Dernière mise à jour: 09/11/2018 18:10:16

 

La façade néo-mauresque du musée Muhammad VI d’art moderne et contemporain, à Rabat, arbore une affiche annonçant une exposition sur Ahmed Cherkaoui, un peintre marocain qui a passé sa vie à réélaborer les motifs qu’il voyait, enfant, tatoués sur les visages des femmes et dans les trames des tapis. Le sous-titre de la rétrospective, « entre enracinement et modernité », pourrait servir de devise nationale pour le Maroc, si le pays ne se reconnaissait pas déjà officiellement dans la triade « Dieu, la Patrie, le Roi ». Car ce slogan rend bien le caractère d’un État qui investit de façon massive dans l’énergie solaire et dans les infrastructures, tout en perpétuant, dans la construction de ses mosquées, les styles de l’architecture traditionnelle. Du reste, même le principal parti d’opposition, né en 2008 pour faire face à la montée des islamistes de « Justice et Développement » et proche de la monarchie, a choisi de prendre le nom de « Authenticité et Modernité ».

 

La tension entre passé et présent traverse également l’Islam, naturellement, et c’est sur la possibilité d’un équilibre entre ces deux pôles que le roi a misé pour faire face, à l’intérieur, aux lectures fondamentalistes et pour promouvoir, à l’extérieur, l’image d’une religion modérée.

 

La première pierre de cette politique religieuse a été posée en 2002, lorsque le ministre des Affaires religieuses ‘Abd al-Kabîr ‘Alawî Mdaghrî, connu pour sa complaisance envers le wahhabisme, doit laisser sa place à Ahmad Toufiq, historien, écrivain, directeur de la Bibliothèque nationale du Maroc et, surtout, affilié à la Qâdiriyya Budshîshiyya, confrérie symbole du revival soufi dans le pays.

 

À l’époque, Le Maroc se croyait encore à l’abri des dérives djihadistes. En septembre 2001, une cérémonie dans la cathédrale catholique de Rabat à la mémoire des victimes des attentats des Tours jumelles montrait le visage d’un pays ouvert et tolérant. Et en 2002 encore, le quotidien français Libération écrivait dans un reportage que «Le fanatisme n’a pas sa place au Maroc». Les attentats de Casablanca en 2003 mirent fin à cette illusion, et l’implication de terroristes marocains dans les attentats de Madrid en 2004 vinrent confirmer que le Royaume était, lui aussi, dans l’œil du cyclone.

 

Depuis, les initiatives se sont multipliées qui visent à réorganiser le domaine religieux et à manifester une prise de distance radicale vis-à-vis du djihadisme terroriste. Moment culminant de ces efforts, le Maroc se fait le promoteur en 2016, à Marrakech, d’une conférence sur les droits des minorités religieuses, qui se termine sur une déclaration prégnante : « C’est un discours destiné de toute évidence à l’extérieur, parce que le problème des minorités est d’une importance mineure pour la situation interne », commente Salim Hmimnat, professeur de Sciences politiques à l’Université Mohammed V de Rabat.

 

« Il s’agit d’un Islam d’État, qui nourrit, entre autres, des objectifs géopolitiques touchant la position de la monarchie ; mais comprendre ce qui se passe au niveau de la société est chose plus complexe. En tout état de cause, il y a eu au cours des dix dernières années une réorganisation du champ religieux. Le Maroc ne se trouve plus dans une position défensive, il peut maintenant exporter son modèle ».

 

Ce modèle a été qualifié par Toufiq, qui dirige désormais depuis seize ans le réseau d’institutions religieuses du Royaume, de version « actualisée » de l’Islam traditionnel. Il n’est guère difficile de dire en quoi consiste la dimension traditionnelle : c’est le trio constitué par l’école juridique malikite, la doctrine théologique asharite, et la spiritualité soufie. Expliquer comment, concrètement, se décline l’aggiornamento qu’évoque le ministre est chose plus complexe.

 

 

Les oulémas de l’avenir

Pour le comprendre, il faut aller au coeur le plus profond de la religiosité du pays, à Fès. Là se trouve l’un des centres d’enseignement supérieur les plus prestigieux du monde sunnite, la Qarawiyyin. Née en l’an 859, cette institution peut se glorifier d’être l’université la plus ancienne du monde, reconnue par l’Unesco et enregistrée dans le Guinness des records. En réalité, la date de sa fondation est controversée. Pour certains historiens, la construction de la mosquée coïncide avec la fondation de l’université, pour d’autres, le centre d’enseignement ne se serait développé que quelques siècles plus tard. Il n’y a aucun doute en revanche sur le fait que, à son apogée, l’université a accueilli de grands noms du savoir universel (Averroès, Maïmonide, Ibn Khaldoun, pour ne citer que les plus célèbres) ainsi que d’importantes personnalités de la tradition religieuse marocaine. De façon plus générale, la Qarawiyyin a été pendant des siècles l’endroit où se formait l’élite intellectuelle, religieuse et administrative du Maroc, jusqu’au moment où, à l’époque moderne, cette fonction a été transmise à d’autres institutions. Et les réformes tentées tant par les administrateurs coloniaux que par ceux de l’ère post-coloniale n’ont servi à rien, incapables de résoudre le plus sérieux des dilemmes : confirmer la Qarawiyyin dans son rôle de gardienne de la tradition religieuse, et en même temps, l’ouvrir à la culture contemporaine.

 

IMG_7697.JPGEntrée de la médina de Fès, près de Bab Bou Jloud [Photo Oasis]

 

Les échecs du passé n’ont pas découragé le roi Muhammad VI : celui-ci a lancé, en 2015, un projet ambitieux de rénovation dans les domaines matériel, organisationnel et curriculaire de ce temple du savoir religieux. Amâl Jalâl, recteur de l’Université, dont la nomination a coïncidé avec le nouveau cours voulu par le souverain marocain, nous l’explique. Son bureau, vaste et lumineux, n’est pas loin du Bordj Nord, la colline fortifiée d’où le regard peut embrasser le profil harmonieux de la médina, avec ses murs, ses terrasses, les minarets et les toits verts si caractéristiques des deux mosquées qui, du centre, dominent le réseau fascinant des ruelles : Mûlây Idrîs et Qarawiyyin. Jalâl, un juriste qui a été, avant sa nomination à la tête de l’université, gouverneur de la région de Fès et recteur de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah, retrace les fastes anciens de la Qarawiyyin : de l’épisode de Gerbert d’Aurillac, le futur pape Sylvestre II, qui serait allé jusqu’au Maroc pour étudier la mathématique, au premier diplôme de médecine délivré en 1207. Puis il expose les grandes lignes de la réforme : « Jusqu’en 2015, la Qarawiyyin dépendait du Ministère de l’Enseignement supérieur, elle était composée de cinq facultés distribuées sur tout le territoire national et comptait 15000 étudiants », un nombre disproportionné par rapport aux besoins des structures religieuses du pays.

 

« La réforme de 2015 a fait passer l’Université sous le ministère des Affaires islamiques, et lui a confié de nouvelles institutions : la Dâr al-Hadîth al-Hasaniyya – un centre d’études islamiques consacré en particulier aux hadîths – l’Institut d’histoire du Maroc, l’Institut d’Études Coraniques, l’Institut Muhammad VI pour la Formation des Imams et des guides religieux, l’École des Sciences islamiques de Casablanca ».

 

La véritable nouveauté, cependant, c’est le nombre de candidats admis à l’université et leur programme d’études : 1 800 étudiants recrutés par concours, qui, outre apprendre les sciences islamiques, suivent aussi six heures de cours de français, six heures d’anglais, deux heures de philosophie et deux heures d’informatique par semaine. À ces disciplines viennent s’ajouter, la troisième année, des cours en sciences sociales, trois heures de latin, trois heures de grec et trois heures d’hébreu. Le but de ce curriculum rénouvelé, explique Jalâl, est de « former un nouveau type de savant religieux », bien enraciné dans la tradition malikite et asharite, mais capable dans le même temps de s’orienter au milieu des savoirs modernes.

 

Les futurs oulémas peuvent par ailleurs travailler dans des conditions idéales : ceux qui fréquentent les cours à Fès sont hébergés dans les vieilles médersas de la cité, qui ont été complètement rénovées ; l’Institut pour la formation des Imams, qui se trouve non loin de la cité universitaire de Rabat et accueille bon nombre des étudiants inscrits à la Qarawiyyin, mettant à leur disposition 1 000 lits.

 

La réforme est entrée depuis peu en plein régime, et pour voir les oulémas de l’avenir, il faudra attendre encore quelques années. Une figure toutefois reflète déjà probablement le profil des nouveaux experts en sciences religieuses: il s’agit de Ahmad al-‘Abbâdî, secrétaire général de la Râbita Muhammadiyya li-l-‘Ulamâ’ (« La ligue muhammadienne des oulémas »), une sorte de think tank du Ministère des Affaires religieuses qui a pour but d’approfondir des questions relevant de la religion, et de promouvoir un Islam modéré et tolérant.

 

‘Abbâdî s’est formé à l’Université marocaine, a perfectionné ses études en France, et est régulièrement invité à tenir des cours dans différentes universités américaines. À l’aise dans la djellaba claire des oulémas marocains tout comme en cravate et veston, il conjugue, dans ses conférences, citations coraniques et références aux sciences sociales et naturelles. Lorsque, entre 2014 et 2015, l’État Islamique a acquis une notoriété mondiale en soutenant agir au nom de l’Islam, la Râbita de ‘Abbâdî a répondu par une série de publications sur internet destinées à déconstruire les concepts sur lesquels se fonde l’édifice idéologique djhadiste.

 

IMG_20180406_133205.jpgL’Institut Muhammad VI pour la formation des imams, morchidines et morchidates, à Rabat [Photo Oasis]

 

S’il y a l’offre mais c’est la demande qui manque

Muhammad Saghir Janjar, directeur de la Fondation al-Saoud pour les Études islamiques et les Sciences humaines, est plus sceptique sur l’avenir de l’Islam marocain. La Fondation, dont le siège se trouve dans un bel édifice sur la Corniche de Casablanca, à quelques centaines de mètres de l’Océan, est un point de référence pour les spécialistes du monde entier, grâce surtout à sa très riche bibliothèque. Selon Janjar, « le discours religieux officiel a de grosses limites, il s’exprime surtout en slogans et dépend trop du pouvoir politique. En général, dans le monde sunnite tout entier, l’Islam traditionnel est très fermé, à la différence de ce qui se passe par exemple dans les milieux réformistes iraniens. Le problème décisif est de développer de nouvelles lectures du Coran. Mais aujourd’hui, au lieu de ces nouvelles lectures, on propose de nouveau la tradition ou les discours idéologiques. J’ai fait en sorte que la bibliothèque de la Fondation dispose de l’une des plus complètes collections au monde d’études coraniques modernes. Mais ce patrimoine n’est pas consulté. Une bibliothèque peut offrir des instruments d’étude et d’approfondissement, mais il doit y avoir une demande, et c’est à l’université de la susciter. Au Maroc, cette demande n’existe pas. On se limite, même dans les classes moyennes, à une religiosité pragmatique, culturellement faible ».

 

Si le recteur de la Qarawiyyin quantifiait en cinq à dix ans le temps nécessaire pour faire émerger une nouvelle génération d’oulémas, préparée culturellement à affronter les défis du monde contemporain, selon Janjar, ce sont des décennies qui seront nécessaires, parce que les discours réformistes ont du mal à passer, surtout s’ils sont produits en Occident, dans une langue qui n’est pas l’arabe. Toutefois, il y a quelque chose qui bouge aussi au Maroc, « par exemple avec l’expérience de nouveaux penseurs qui s’expriment en arabe, comme ceux qui gravitent autour de Mu’minûn bilâ hudûd ».

 

Mu’minûn bilâ hudûd, « Croyants sans Frontières », est une Fondation née en 2013. Son siège principal se trouve au quatrième étage d’un immeuble de Agdal, l’un des quartiers modernes de Rabat. Son objectif est de contribuer à créer un espace de débat autour de la question de la réforme et du renouveau religieux dans les sociétés arabo-islamiques. Pour ce faire, la Fondation promeut une quantité imposante de publications et de manifestations: quatre revues, plusieurs collections de livres, dont les œuvres complètes du célèbre réformiste égyptien Nasr Hâmid Abū Zayd, des traductions en arabe d’ouvrages étrangers, un site internet constamment mis à jour avec des recherches et des articles, des rencontres et des conférences internationales. Mais il suffit de voir la petite salle où se tiennent les séminaires hebdomadaires de la Fondation, avec les portraits de Habermas, Nietzsche, Ibn Khaldoun et Descartes sur les parois pour comprendre l’esprit qui anime le travail culturel de cet institut.

 

 

Un aggiornamento très prudent

Jusqu’à quel point peut arriver l’actualisation de la tradition religieuse dont parle le ministre Toufiq, et qui devrait se mettre en marche avec la réforme de la Qarawiyyin, l’affaire qui a impliqué en mars 2018 Asma Lamrabet le révèle très clairement. Médecin biologiste de profession, activiste par vocation, Lamrabet a publié en 2017 Islam et femmes. Les questions qui fâchent, un livre qui vise les formes de discrimination dont la femme est victime au nom de la religion : polygamie, inégalité dans le droit successoral, tutelle masculine, port obligatoire du voile, etc. L’ouvrage n’accuse pas l’Islam en soi, mais bien l’élaboration théologico-juridique qui a véhiculé au cours des siècles une vision « misogyne » et « patriarcale » de la religion, et qui aujourd’hui contraint les femmes au rôle de « dernières gardiennes du temple de la tradition ». La relecture du Coran souhaitée et promue par cette doctoresse-théologienne avait reçu une reconnaissance officielle dès 2011, quand Lamrabet est devenue directrice du Centre d’Études et de Recherches sur les questions féminines au sein de la Râbita dirigée par ‘Abbâdî. Mais la coexistence avec les oulémas de cette institution n’a pas été facile ; elle est devenue impossible quand Lamrabet est intervenue à la présentation d’un livre sur le problème de la disparité de genre en matière d’héritage, et qu’elle a souscrit, avec une centaine d’autres personnalités marocaines, une pétition qui invitait à dépasser le régime successoral prévu par la jurisprudence islamique. Les salafistes se sont insurgés, l’accusant de « déviance » et « ignorance » ; l’aile la plus conservatrice des oulémas marocains a réagi elle aussi avec irritation. Accablée d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux, et soumise probablement à de fortes pressions, Lamrabet a présenté sa démission de la Râbita, démission que ses supérieurs ont rapidement acceptée.

 

En avril 2008, l’hebdomadaire francophone TelQuel, d’orientation progressiste, lui a consacré sa couverture avec un titre évocateur : « Résiste ! » Mais entretemps, à la Râbita on avait déjà procédé à son remplacement en nommant Farîda Zumurrud, une spécialiste en sciences islamiques, déjà membre du comité exécutif de la Ligue, et surtout beaucoup plus sur la longueur d’onde des oulémas.

 

En réalité, les ouvertures en faveur des femmes n’ont pas manqué au Maroc. Deux mois à peine avant que n’éclate le cas Lamrabet, le Conseil supérieur des Oulémas avait exprimé un avis favorable à la réforme qui, en rupture avec une pratique pluriséculaire, allait permettre aux femmes d’exercer le métier de ‘adûl, l’auxiliaire de justice chargé de rédiger les actes légaux dans le domaine chariatique. Auparavant, on avait ouvert aux femmes la porte de la prédication dans les mosquées en qualité de murshidât (guides religieuses) : elles assument aussi ce rôle, auquel elles sont préparées dans l’institut annexe de la Qarawiyyin, dans les communautés marocaines de la diaspora. Mais le cas de l’héritage est différent, parce qu’il touche une dimension plus profonde des relations sociales et investit ces « constantes » de l’Islam dont les oulémas se veulent les gardiens.

 

 

L’arbitre du débat

Pour l’instant, la monarchie assiste au débat sans intervenir, laissant émerger les positions et les équilibres qui existent dans une société qui reste plutôt conservatrice. La pluralité du monde religieux dans le pays est du reste un atout pour le rôle d’arbitre du souverain, et cela garantit une certaine liberté de discussion entre des orientations et des sensibilités différentes, à condition de respecter deux règles : reconnaître les trois piliers de l’identité islamique marocaine, et ne pas remettre en question la primauté du roi comme « Commandeur des croyants ». Il peut ainsi arriver que deux organisations semblables par leur idéologie et la forme de leur militantisme, le parti islamiste Justice et Développement (PJD), et le mouvement Justice et Bienfaisance se trouvent sur des positions opposées : le premier au gouvernement ; le second – qui refuse au nom de l’Islam le principe dynastique sur lequel se fonde la monarchie –, à peine toléré et tenu sous une surveillance serrée. De même les idéologues salafistes qui ont renié le militantisme djihadiste et accepté la centralité de la monarchie se sont vu garantir l’amnistie et une présence dans l’espace public. L’un d’entre deux, Muhammad al-Fizâzî, qui avait été condamné à 30 ans de prison pour activités terroristes, a même tenu en 2014 le sermon du vendredi en présence de Muhammad VI.

 

C’est là l’un des secrets de la stabilité de la famille régnante : désamorcer au coup par coup les forces potentiellement déstabilisantes en les intégrant dans le système. C’est un processus qui ne s’est pas borné à l’Islam. Jusqu’aux années 1980, par exemple, l’identité berbère du pays était un tabou, et elle était sacrifiée sur l’autel de l’arabité de la nation, jusqu’à ce qu’un mouvement de la société civile ne commence à en revendiquer la légitimité culturelle et politique. Le souverain actuel a non seulement ouvert la porte à ces revendications, mais les a faites siennes, en créant, en 2001, l’Institut royal de la culture amazigh. Puis la Constitution de 2011 a reconnu le tamazight comme langue co-officielle du Royaume. Aujourd’hui, sur tous les édifices publics, on lit la même inscription en deux langues et deux alphabets différents : arabe et berbère (et souvent aussi en français). Toutefois, l’enseignement du tamazight dans les écoles, qui est pourtant prévu par la Constitution, est resté généralement lettre morte du fait du manque d’enseignants dotés d’une formation adéquate. On peut dire, par analogie, que le projet « Islam modéré » se trouve aujourd’hui à un stade semblable : une grande inscription, exhibée avec fierté à l’entrée d’un bâtiment en construction.

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