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Moyen-Orient et Afrique

Moyen-Orient dans la cage confessionnelle

Une église détruite par l'État Islamique à Mossoul, en Irak [© Preemptive Love - Vimeo]

La conception du pouvoir comme propriété d’une personne a porté à la destruction de la société. Le tournant ne pourra s’amorcer qu’avec une démocratie qui reconnaisse les droits de citoyenneté et garantisse une représentation des espaces communautaires

Cet article a été publié dans Oasis 22. Lisez le sommaire

Dernière mise à jour: 05/06/2019 10:01:54

La conception du pouvoir comme mulk, c’est-à-dire comme propriété d’une personne ou d’une tribu ou d’une confession, a porté à la destruction qui s’opère sous nos yeux entre la cécité des puissances mondiales et la cruauté des acteurs locaux. La violence touche tout le monde sans distinction, mais atteint des proportions génocidaires dans certaines communautés. Le tournant ne pourra s’amorcer qu’avec une démocratie qui reconnaisse les droits de citoyenneté et garantisse une représentation des espaces communautaires.

 

 

 

 

 

Interview de Hamit Bozarslan

 

 

 

 

 

Ce ne sont pas seulement les États qui s’effondrent au Moyen-Orient, mais les sociétés elles-mêmes, et la chute semble désormais irréversible. Voyez-vous quelque signe d’une inversion de tendance ?

 

 

Non, pour l’instant, les sociétés continuent à se désagréger sans se recomposer, qu’il s’agisse de l’Irak, de la Syrie, de la Libye ou du Yémen. L’exode vers l’Europe en est lui aussi un témoignage indirect. Pour comprendre ce qui se passe, il faut avant tout mesurer les nombres dans toute leur ampleur, sans naïveté : aujourd’hui, sur 22 millions de Syriens, 11 ou 12 millions sont déplacés ou réfugiés. Le problème est énorme, au point qu’on peut parler au Moyen-Orient non seulement d’effondrement des sociétés, mais de leur disparition, de leur extinction, pour emprunter le terme aux sciences naturelles. Il est vrai que l’on peut citer aussi des contre-exemples : la société kurde en voie de construction, l’Égypte ou la Tunisie… Mais partout où règne la guerre, la désintégration est de plus en plus accélérée.

 

 

 

 

 

Il n’est pas rare d’entendre, surtout au Moyen-Orient, la thèse selon laquelle le chaos serait en réalité provoqué de l’extérieur, pour maintenir toute la région dans une situation d’instabilité.

 

 

C’est une lecture qui me semble surévaluer de beaucoup les capacités opérationnelles réelles de l’Occident. Les États occidentaux n’ont pas misé délibérément sur le chaos. S’il est vrai qu’ils l’ont produit, et en un second temps l’ont intégré dans leur stratégie, ils l’ont fait beaucoup plus par aveuglement et manque de réflexion que par choix délibéré. Pour se borner à un seul exemple : la ville de Fallouja en Irak est tombée entre les mains de Daech [acronyme arabe pour l’EIIL, NdlR] le 4 janvier 2014 : si les Américains avaient pris immédiatement des contre-mesures, probablement Mossoul avec ses 1.3 millions d’habitants ne serait pas tombée à son tour, six mois plus tard. L’incapacité à intervenir sur le terrain est impressionnante. On a perdu beaucoup trop de temps, et l’inertie de 2011-2012 a déjà coûté très cher. On parlait encore en 2012 de quelques centaines de djihadistes, aujourd’hui, on les compte par dizaines de milliers, et personne ne se demande ce qui se passerait si c’était Daech ou les mouvements djihadistes style al-Qaïda qui l’emportaient. Et pourtant c’est une hypothèse qui se trouve sur le terrain, même si on ne veut pas la regarder en face.

 

 

Voilà pour ce qui concerne l’Occident. Au niveau des puissances régionales et locales, en revanche, on peut affirmer que chaque acteur, effectivement, ne parvenant pas à imposer son hégémonie, a misé sur une stratégie du chaos. C’est le cas de l’Iran, dont on ne doit absolument pas minimiser les responsabilités. On peut discuter des négociations avec l’Iran – et personnellement j’y suis favorable – mais il faut bien garder à l’esprit que l’Iran n’a fait absolument rien pour trouver une solution au conflit syrien. Il a opté aussitôt pour Bachar al-Asad et l’a soutenu à tout prix. De même Téhéran, qui pouvait pourtant peser d’un poids énorme en Irak, n’a rien fait pour corriger les politiques de Maliki et mettre un frein à sa logique de confessionnalisation atroce. La Turquie n’a pas été en reste, et a joué délibérément la carte la plus dangereuse qui puisse exister dans la région, afin de contenir le mouvement kurde et affaiblir Asad. Tout récemment encore, trois ou quatre articles sont sortis dans la presse turque sur l’appui fourni à l’État Islamique, et la question n’est pas close. L’Arabie Saoudite elle aussi a une grande part de responsabilité, soutenant les acteurs djihadistes les plus inquiétants en un jeu extrêmement ambigu visant à affaiblir à tout prix Asad. Je pense que les historiens futurs, lorsqu’ils traiteront de cette décennie sanglante, imputeront le chaos beaucoup plus aux acteurs locaux qu’aux puissances occidentales. Quant à ces dernières, leur faute a été plutôt de rester aveugles devant les événements, et immobiles.

 

 

 

 

 

Vous avez fait allusion au confessionnalisme de Maliki en Irak, un exemple parmi tant d’autres de l’affrontement entre sunnites et chiites au Moyen-Orient aujourd’hui. S’agit-il d’une donnée structurelle incontournable ?

 

 

Je ne sais si c’est une donnée structurelle, mais ce qui est certain, c’est que les stratégies iranienne, turque et saoudite l’alimentent à outrance. En Syrie, on voit désormais clairement se constituer une région alaouite et une région sunnite, qui demain pourrait échapper au contrôle de Daech pour finir sous le pouvoir d’autres groupes plus ou moins radicaux. En Irak, la division avait déjà commencé avec Saddam Hussein et son régime, et c’est désormais un fait accompli.

 

 

 

 

 

Devant cette escalation, que deviennent les tribus, autres acteurs d’importance notable dans l’histoire du Moyen-Orient ?

 

 

Tout d’abord, le fait tribal ne doit pas être compris en termes statiques : il évolue et se recompose en fonction des rapports de force qu’il entretient avec l’État. En principe, généralement, plus l’État s’affaiblit, plus les tribus comptent en tant qu’entités. Aujourd’hui toutefois, bien que l’on se trouve en présence d’un effondrement des États, ce n’est pas la tribu qui émerge comme facteur décisif. Elle aussi, de fait, perd du terrain et marque le pas face à une dynamique de confessionnalisation toujours plus poussée qui n’hésite pas à en arriver au nettoyage ethnique. Ainsi au Yémen, l’élément confessionnel a pris le dessus sur l’élément tribal. Et en Libye, même si les tribus restent très actives, le poids de la violence est tel qu’elles ne parviennent plus à rester autonomes. Il doit probablement se passer quelque chose d’analogue également dans le Sinaï, la seule région égyptienne où les tribus jouent un rôle de premier plan. Si nous voulions comparer avec l’histoire de l’Europe, nous sommes en pleine guerre de religion. Avec la circonstance aggravante qu’une réédition de la paix de Westphalie au Moyen-Orient est parfaitement improbable parce que c’est justement l’effondrement de l’État Léviathan que nous sommes en train de constater, en admettant que celui-ci ait jamais existé au Moyen-Orient.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et pourtant l’accord sur le nucléaire iranien pourrait être le premier pas vers une récupération de la dimension étatique…

 

 

Je ne crois pas. Je ne suis pas en mesure de lire la carte politique interne et la lutte entre les différentes factions, mais au niveau de la politique étrangère, il est clair que l’Iran, pour pouvoir jouer un rôle positif, doit s’arrêter de suivre une logique confessionnelle. Or, jusqu’à présent, c’est la politique des milices qui a prévalu. Au Liban, en Syrie, en Irak ou au Yémen, l’Iran ne pense pas les sociétés. Téhéran pense le conflit en termes de communautés confessionnelles, et tant qu’il ne sortira pas de cette logique, il ne pourra devenir un élément de stabilisation. Il ne diffère guère en cela de l’Arabie Saoudite. Malgré les immenses ressources que ce pays peut mettre sur le terrain, Riyadh ne constitue pas un facteur positif dans la région, parce qu’il ne connaît que la logique de l’hégémonie politico-confessionnelle. Mais de cette logique il est très facile de passer à la logique démographique, et hégémonie démographique signifie extermination, militarisation des communautés, destruction des structures étatiques au bénéfice d’une communauté. Même en admettant que Riyadh et Téhéran ne se proposent pas expressément de fragmenter les sociétés, la logique qui en inspire les choix produit inévitablement ce résultat.

 

 

 

 

 

Après l’avancée foudroyante de Daech dans le nord de l’Irak, on a commencé à parler de génocide contre les minorités ethniques et religieuses. Le terme, d’après vous, est-il justifié ? Au Moyen-Orient aujourd’hui, tout le monde souffre, et, en termes quantitatifs, les victimes sont pour l’essentiel musulmanes, puisque la grande majorité de la population est islamique. Mais il faut aussi relativiser les choses. Une communauté comme celle des Yézidis compte tout au plus quelques centaines de milliers de personnes et, au moment de l’attaque, était complètement désarmée. Si on enlève des milliers de femmes et que l’on tue leurs maris, comme l’a fait Daech, on a vite fait d’arriver à une proportion génocidaire. Ou encore, prenons le cas des chrétiens en Irak, réfugiés en grande partie aujourd’hui dans le Kurdistan irakien. Ils étaient restés si peu nombreux à Mossoul que même l’assassinat d’un nombre réduit d’entre eux, en termes absolus, équivaut à un génocide. Et puis il ne faut pas sous-estimer la dimension symbolique. Attaquer les communautés chrétiennes et yézidis marque la volonté de détruire toute forme de coexistence multiculturelle, tout pluralisme religieux. Cela signifie effacer totalement toute différence de credo et intervenir directement dans l’espace pour effacer les traces de l’existence d’une religion différente, les temples, les monastères. En somme, le mal investit tout le monde, et le bilan est terrible, en Syrie comme en Irak. Il n’en reste pas moins que le cas des minorités doit être pris en considération de manière spécifique. Il n’y a en cela aucune victimisation, il y a simplement des victimes.

 

 

 

 

 

Les Kurdes ont acquis une grande visibilité. Pourraient-ils constituer un point de départ pour la reconstruction du Moyen-Orient ?

 

 

Il est trop tôt pour pouvoir le dire. Les communautés kurdes sont elles aussi vulnérables, comme on le voit chaque jour en Syrie. Les territoires kurdes actuellement sont des espaces de résistance, mais ce qui manque, c’est un lien social fort avec la société arabe environnante. De surcroît, la différence entre Kurdistan irakien et Kurdistan syrien est très marquée, ce sont deux modèles politiques totalement différents. La société kurde n’est pas égalitaire et cela se voit même dans le rapport avec les minorités : les chrétiens sont protégés, et c’est déjà quelque chose, mais il n’y a pas égalité juridique ou politique entre les musulmans et les non-musulmans. Et surtout, malgré la cohésion interne, la société kurde n’est pas en mesure elle non plus de résister longtemps dans un contexte d’une telle violence. Sans la protection américaine, les Kurdes auraient-ils pu maintenir leurs positions, en particulier face à une politique turque résolument hostile ? Cela n’est absolument pas sûr. Les Kurdes eux aussi sont vulnérables. Pour que la situation politique change vraiment, il faudrait un début de démocratisation à l’échelle régionale, ou à tout le moins que la dimension de la citoyenneté puisse prévaloir sur la logique confessionnelle.

 

 

 

 

 

Et de fait, on a assisté au siècle dernier à la faillite de toutes les formules politiques adoptées au Moyen-Orient, parce que chacune de ces formules produisait à la fois intégration et exclusion. Par exemple la logique religieuse islamique exclut ou marginalise les non-musulmans, le discours nationaliste arabisant exclut les non-arabes. Quelle formule aujourd’hui pourrait produire le maximum d’intégration et le minimum d’exclusion?

 

 

La question a fait l’objet de débats dans le passé, mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui, ces débats ont perdu leur signification et qu’ils ont été dépassés par les événements. Il me semble qu’on ne puisse imaginer à l’avenir un Moyen-Orient pacifié sans l’introduction de la notion de citoyenneté. Ceci implique une démocratie, encore que certainement pas modulée à l’occidentale. Un pays peut comprendre différentes communautés, les communautés confessionnelles ont droit à être représentées et à une structuration interne, sans que celle-ci devienne une prison qui empêche les individus de sortir ; on peut imaginer des systèmes d’autonomie régionale, les solutions, les ajustements possibles sont innombrables… Mais fondamentalement, je crois qu’il faudrait renoncer une fois pour toutes à l’idée de pouvoir conçu comme un mulk, comme la propriété d’une personne, d’un clan, d’une tribu ou confession, et accepter la notion que le pouvoir appartient à une collectivité, et que, entre la communauté et les structures du pouvoir et de l’État, il y a une différence de fond. L’État doit être l’État de droit. L’histoire a montré que les groupes qui arrivent au pouvoir sont tentés de confisquer ce pouvoir comme clan, tribu ou confession. Je pense que le moment est arrivé d’en finir avec cette logique. Les effets en seraient si déflagrants que j’ai du mal à imaginer ce que pourrait devenir ce nouveau Moyen-Orient. Si jamais il voit le jour.

 

 

 

 

 

Un tel processus pourrait-il se développer même avec les frontières actuelles ? Pour beaucoup, celles-ci n’existent déjà plus.

 

 

Le problème, ce ne sont pas les frontières. Par exemple, aménager un Kurdistan indépendant en déplaçant la frontière syrienne et irakienne ne changerait absolument pas les termes du conflit en Irak ou en Syrie. Parce que le conflit, au fond, est confessionnel. Le point est que les sociétés puissent se reconstruire, qu’en 2020, on puisse encore parler d’une société syrienne ou irakienne. Si cette donnée était confirmée, on pourrait tranquillement maintenir les frontières actuelles, en mettant en œuvre des modes de représentation, d’autonomie et de décentralisation propres à chaque pays. On peut penser à la manière de donner une représentation aux espaces communautaires, on pourrait reconnaître un statut spécifique à certaines autorités sunnites et chiites sans que cela se traduise nécessairement en une représentation politique des différentes confessions.

 

 

En ce sens, l’histoire récente de la Syrie a quelque enseignement à nous donner. À la différence de l’Égypte, où le Caire a joué une fonction centralisatrice, la société syrienne n’a jamais considéré Damas comme un point de référence. La région de Raqqa, aujourd’hui tragique épicentre de Daech, a toujours eu ses spécificités, Alep a toujours eu une identité très forte, les provinces du centre avec Hama et Homs ont des caractères très particuliers, au sud, Daraa a des liens étroits avec la Jordanie tandis qu’il existe un continuum entre Deir Ezzor et l’Irak du Nord. Il n’est pas impossible de penser à des modes de décentralisation acceptables, et qui n’entravent pas l’exercice de la citoyenneté. Pensons, en Europe, à l’Espagne. Ce sont les djihadistes qui ont l’obsession d’effacer les frontières, alors que l’on peut imaginer mille solutions ad hoc. La seule condition préalable, c’est que la paix soit rétablie. Ceci dit, si l’Irak devait disparaître un jour, ce ne serait pas une catastrophe. Que les Irakiens disparaissent, ça, oui, ce serait la catastrophe. Mais si les frontières changent sans que change la donnée politique, on aura toujours la guerre.

 

 

 

 

 

À propos de l’Irak, on a tenté deux stratégies de pacification. La première, qui remonte à 2004, fut élabore par Paul Bremer : elle prévoyait l’exclusion totale des forces liées au régime baathiste et s’est soldée par un échec éclatant. La seconde, lancée par le général Petraeus en 2007, a impliqué les tribus sunnites. Elle a eu plus de succès, mais à un certain point, elle s’est interrompue. Pourrait-on la reprendre maintenant ?

 

 

 Je réponds par une autre question. Peut-on jouer deux fois la même carte ? N’oublions pas que les tribus ont été très déçues par ce qui s’est passé après 2007. Et puis il y a une deuxième question, non moins importante : le gouvernement de Bagdad a-t-il la capacité, et la volonté, de partager le pouvoir en sortant d’une logique d’affrontement chiites-sunnites ? Ce point-là lui aussi ne va pas de soi. Nous continuons à parler aujourd’hui d’une armée irakienne, dont les effectifs officiels tourneraient autour de plusieurs centaines d’hommes, mais en réalité, Bagdad n’a plus d’armée. Ceux qui combattent, ce sont les milices chiites, qui agissent avec une brutalité extrême et suivant une logique confessionnelle. Et puis il y a un troisième facteur qui incite à la prudence, peut-être le plus important, même s’il est le plus sous-évalué. C’est le facteur temps et espace. Plus un groupe parvient à se maintenir dans l’espace et dans la durée, plus il devient irréversible. Les territoires contrôlés par Daesh se trouvent pris dans un processus d’institutionnalisation, d’organisation et de fortification. Les tribus qui en 2007 pouvaient être décisives, et qui avaient encore en 2013 leur importance, aujourd’hui le sont beaucoup moins. Même les officiers baathistes qui ont joué un rôle néfaste dans la naissance de l’État Islamique et dans la conquête de Mossoul, sont désormais complètement marginalisés. Dans beaucoup de cas, inventer une citoyenneté partagée était peut-être possible dans le passé, mais aujourd’hui, dans tant de situations, cela semble illusoire. Pour les djihadistes, le temps qui passe marque la construction d’un État et sa territorialisation. Je ne suis pas du tout sûr que la stratégie de 2007 puisse avoir encore un sens en 2015. On ne peut ramener en arrière les aiguilles de l’horloge.

 

 

 

 

 

En somme, chaque jour accordé à l’État Islamique est un jour perdu ?

 

 

Oui. Et de leur point de vue, c’est un jour de gagné.

 

 

 

 

 

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité les auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position de la Fondation Internationale Oasis

Pour citer cet article

 

Référence papier:

Hamit Bozarslan, « Moyen-Orient dans la cage confessionnelle», Oasis, année XI, n. 22, décembre 2015, pp. 90-96.

 

Référence électronique:

Hamit Bozarslan, « Moyen-Orient dans la cage confessionnelle », Oasis [En ligne], mis en ligne le 27 janvier 2016, URL: https://www.oasiscenter.eu/fr/moyen-orient-dans-la-cage-confessionnelle.