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Classiques

Anatomie d’une défaite

Corps blindé israélien pendant la guerre des Six jours de 1967 [Fritz Cohen / Flickr]

Dans sa célèbre Autocritique après la défaite, publiée après le désastre de la Guerre des Six Jours, le philosophe syrien Sâdiq al-‘Azm trace un diagnostic impitoyable des maux qui ont décrété l’échec des régimes arabes progressistes, condamnant les peuples du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et à une crise profonde et toujours non résolue.

Cet article a été publié dans Oasis 31. Lisez le sommaire

Dernière mise à jour: 09/12/2021 14:57:22

Lisez l'introduction de ce classique Comment échoue une révolution

 

[La théorie du complot]

 

Parmi les terribles erreurs dans lesquelles les Arabes sont tombés, concernant leur propre Cause, la première est leur grande sous-estimation des forces de l’ennemi. La seconde [...] est la surestimation de ces mêmes forces et de leur influence au point de leur attribuer des pouvoirs mythologiques, qui en feraient des maîtres du régime capitaliste et communiste et de tout le cours de l’histoire. Bien sûr, magnifier la force de l’ennemi et la puissance de son influence en ces termes fantastiques est l’un des moyens de justifier notre échec et de faire retomber la responsabilité de la défaite sur des causes indépendantes de notre volonté, car elles sont liées à des réalités que nous voulons croire si puissantes que tout notre courage est vain. […]

 

La diffusion de cette façon de penser pour justifier les défaites arabes face au sionisme et aux forces coloniales qui le soutiennent montre que la raison arabe (ou plutôt l’imagination arabe) continue de préférer l’explication la plus simple et la plus naïve des événements historiques. La façon la plus simple de comprendre un phénomène complexe tel que la politique étrangère d’une réalité comme celle des États-Unis est de l’attribuer à une personne ou à un groupe de personnes (les Sages de Sion, par exemple), de les tenir pour responsables de tous ses aspects, de leur faire porter le chapeau et de conclure que si ces personnes disparaissaient, le cours des événements changerait complètement. En d’autres termes, nous cherchons toujours une explication aux événements qui les ramène finalement à une « puissance volitive » cachée derrière eux ou à des « intentions et des finalités » pour l’avenir, émanant de personnes qui contrôleraient le cours des événements comme elles le souhaitent, enveloppées dans un secret total. Selon cette logique, le siècle dernier ne serait rien d’autre que la mise en œuvre minutieuse des plans et de la volonté des Sages de Sion, ourdie en secret. La raison arabe ne s’est pas encore habituée à expliquer les événements selon des critères scientifiques modernes qui ne reposent pas sur d’obscures causalités et ne ramènent pas les faits à une volonté cachée et à des forces personnelles, mais à des considérations économiques objectives, par exemple, ou à des forces sociales qui exercent des pressions mécaniques ou une interaction dialectique entre elles.

 

 

[La prévalence du malin]

 

Après avoir analysé certaines manifestations de la tendance à détourner la responsabilité de soi pour la faire retomber sur les autres, tendance qui est apparue clairement après la défaite de la Guerre des Six Jours, je voudrais maintenant insister sur le fait que cette tendance, liée à des éléments fondamentaux, se rapport à la structure de la société arabe traditionnelle et n’est pas étrangère aux caractéristiques de la personnalité sociale que l’environnement arabe façonne et fait grandir et dont chacun de nous hérite. Sans pouvoir m’étendre sur ce sujet, je voudrais rapporter le phénomène de l’autojustification arabe à un type de comportement social étudié par le célèbre sociologue Hamed ‘Ammar[1]. Il l’appelle « la prévalence du malin » (al-shakhsiyya al-fahlawiyya, litt. « la personnalité rusée »). Il est clair que la personnalité rusée n’est qu’une abstraction idéalisée, qui n’existe dans la réalité que sous forme de caractéristiques, de modes de comportement, de réactions, de sentiments et de perceptions des individus dans des environnements sociaux déterminés et dans des mesures différentes, plus ou moins importantes d’un individu à l’autre, selon les circonstances et les situations.

 

L’une des caractéristiques du malin énumérées par le Dr. ‘Ammar est la recherche constante du chemin le plus court et le plus rapide pour atteindre un objectif ou un but, en évitant la fatigue et le sérieux normalement requis pour surmonter les obstacles et aboutir au résultat. La personnalité rusée esquive les moyens naturels, car ce qui l’intéresse, ce n’est pas d’exécuter son travail de la meilleure façon possible, mais de le faire de telle manière qu’on ne dise pas d’elle qu’elle n’est pas capable, « pas en mesure » ou « qu’elle n’y arrive pas ». L’essentiel pour le malin est de terminer le travail de manière à préserver sa respectabilité personnelle. L’étudiant « rusé », dans nos milieux, est celui qui réussit ses examens sans jamais affronter la fatigue des études sérieuses et constantes, et qui en est fier, se moquant du pauvre camarade qui s’isole pour étudier jour et nuit, l’apostrophant de diverses manières : « bûcheur », « quelqu’un qui apprend tout par cœur sans rien comprendre », « bachoteur » etc. Le seul intérêt de l’étudiant « rusé » est la réussite extérieure et les apparences qui en découlent. Et c’est pour cette raison que nous le voyons recourir à toutes les astuces et à tous les trucs illicites pour réussir, comme flatter le professeur et parfois le soudoyer, copier aux examens et se creuser la tête de toutes les manières possibles sur les questions qui lui seront posées à l’examen. En fait, son idée fixe est de pouvoir obtenir à l’avance les questions de l’examen, avec les autres comportements que nous connaissons bien, parce que nous avons tous été étudiants ou que nos enfants le sont aujourd’hui. […]

 

Mais le drame, c’est quand cet étudiant « rusé » fait son chemin et devient officier dans l’armée ou un important gestionnaire de l’appareil d’État, apportant ces styles de comportement avec lui et les appliquant avec la plus grande spontanéité dans son nouveau travail. Que se passe-t-il lorsque cet officier « rusé » emprunte les chemins les plus courts, quels qu’ils soient, pour qu’on dise de lui qu’il a réussi, en s’épargnant ce qu’il considère comme la plus grande honte, à savoir reconnaître un échec et essayer de le surmonter ? Qu’advient-il de la nation lorsque cet officier fait carrière et monte de grade en grade avec des systèmes similaires à ceux avec lesquels il passait de classe en classe jusqu’à ce qu’il extorque son diplôme d’études secondaires ou universitaires ? Qu’arrive-t-il à la nation lorsque cet officier fait croire à ses supérieurs, en les flattant, qu’il possède des connaissances et des compétences dont il est en fait complètement dépourvu, tout comme il a fait croire à ses professeurs, en les flattant, qu’il connaissait l’objet de ses études en profondeur, alors qu’en réalité il avait copié sur un camarade de classe ou sur une antisèche apportée pour l’examen ?

 

Cette tendance classique à cacher nos défauts et à nous montrer aux autres différent de ce que nous sommes vraiment (selon la tradition prophétique « si tu as un malheur, garde-le caché ») donne toute son importance au discours que le président Nasser a prononcé dans une base militaire. Soulignant ce point, il déclara : « [...] Ne nous cachons pas, car si nous cachons nos défauts aujourd’hui, comment pourrons-nous les corriger ? »[2] […]

 

Une autre caractéristique de la prévalence du malin, tel que le décrit le Dr. ‘Ammar, est la tendance à de brusques explosions d’ardeur, à une audace extrême et à une sous-estimation des difficultés au début d’une entreprise, suivies d’un arrêt tout aussi soudain et d’une perte d’enthousiasme lorsque le malin en question se rend compte que l’affaire nécessite de la constance, de la patience et d’un travail organisé, qui ne porteront leurs fruits que lentement et de manière cumulative. Qui parmi nous ne connaît pas ce jeune Arabe engagé qui, au sommet de la bataille, a supplié qu’on lui donne des armes, qu’on le mette aux commandes d’un avion de guerre ou d’un char d’assaut, alors que ses compétences en matière d’armes ne dépassaient pas le fusil de chasse ? Il était prêt à se sacrifier pour la cause. Mais laissons la bataille là où elle se déroule et retournons à la vie quotidienne de ce jeune homme et à sa routine. Il est employé dans le service publique où il travaille six heures par jour, de huit heures du matin à deux heures de l’après-midi. Après le déjeuner, il fait la sieste, va jouer aux cartes ou au trictrac et discute de politique dans son café préféré. Puis il regarde la télévision ou se distrait d’une autre manière le soir et le lendemain il reprend la même routine. Essayons maintenant de lui faire comprendre que le temps de travail hebdomadaire sera porté à neuf heures par jour en raison de la nécessité d’édification nationale selon le nouveau programme socialiste ou que dorénavant il devra rester au bureau même l’après-midi pour rattraper le retard. Essayons de lui demander d’être plus précis dans ses horaires de travail ou de lui dire que nous attendons de lui qu’il augmente sensiblement sa productivité ou qu’il assume une certaine responsabilité pour son action individuelle et ses initiatives personnelles, essayons de le persuader de changer sa routine quotidienne, puisqu’il gaspille en fait une grande partie de la journée, y compris une partie de son temps de travail, essayons de le convaincre de consacrer ses longues heures de loisir à quelque chose d’utile et de profitable : comment notre jeune homme réagira-t-il ? [...]

 

Bien que ce jeune homme vive une révolution sur le plan politique, nous constatons que ses relations sociales et ses liens familiaux, la façon dont il juge les réalités privées et publiques, son attitude fondamentale à l’égard du travail et de son environnement immédiat, tout cela découle d’aspects de la société hiérarchisée et de valeurs, comportements et normes réactionnaires qu’il s’imagine avoir refusés en se considérant en révolte contre eux. […]

 

Je ne doute pas que la prévalence de la ruse, avec son discrédit constant des autres d’une part, et l’affirmation de soi sur cette base négative d’autre part, ait eu un grand poids dans la tendance des Arabes avant la guerre, comme je l’ai mentionné au début de mon analyse, et même après, à sous-estimer la force de l’ennemi et ses capacités et à se complaire dans l’affirmation de soi – ce soi si peu sûr de lui – au son de slogans retentissants, se limitant à considérer les aspects extérieurs et apparents des choses. Ainsi, par exemple, nous avons pensé que le fait de posséder les MIG nous protégerait comme ces perles bleues que l’on porte pour se protéger du mauvais œil.

 

La personne rusée a un réel sentiment d’infériorité envers les autres, mais elle ne peut pas le déclarer car, pour elle, la honte et la peur du scandale sont plus importants que le réalisme, l’objectivité et la nécessité de reconnaître ouvertement son manque afin de le combler. C’est pourquoi nous voyons que la personne rusée excelle dans le conformisme superficiel et dans les compliments fugaces avec lesquels elle vise à cacher la situation réelle et à dissimuler ses véritables sentiments, comme dans nos expressions familières « peu importe, rien de grave, tout va bien, nous sommes tous frères »[3]. Nous savons tous à quel point les relations entre les États arabes se laissent décrire par ces expressions superficielles et ces compliments éphémères. [….]

 

Et lorsque le malin en question se trouve acculé dans une situation qui met inévitablement à nu son incapacité et son insuffisance, il atteint des sommets de génialité en faisant retomber la responsabilité sur des forces extérieures grâce auxquelles il peut justifier les conséquences négatives de son action. De même que l’étudiant « rusé » ne se reproche pas son échec à l’examen, mais accuse le destin, le professeur, les questions difficiles, l’État, le régime, l’essence divine, ainsi la nation blâme-t-elle l’ennemi, le colonialisme, les traitres, le destin et tout ce qui lui passe par la tête pour alléger ses responsabilités, sauver la face et les apparences, ne pas blesser les sentiments et garder le moral, au lieu d’aller directement à la racine du mal et de l’éradiquer. C’est pourquoi nous avons constaté, dans l’introduction, que l’admission de la responsabilité arabe dans la Guerre des Six Jours avait été tardive et formulée en termes extrêmement prudents, réticents et hésitants, évitant d’aller au-delà de généralités qui ne remettent pas en cause et ne perturbent pas les usages traditionnels. Et il est également clair que la prévalence de la ruse est inextricablement liée à ces concepts chevaleresques de virilité, d’honneur, de respectabilité, de bravoure et de courage que j’ai mentionnés dans les pages précédentes. […]

 

 

[La condition féminine]

 

Il est bien connu que les peuples et les États émergents qui ont adopté le socialisme scientifique comme voie de progrès et de développement rapide se sont basés sur la plus large mobilisation possible de toutes les énergies humaines disponibles, les mettant au service de leurs objectifs nationaux et progressistes et les engageant dans la lutte contre le sous-développement, la dépendance, la faiblesse et l’exploitation coloniale, quelle que soit leur forme. En d’autres termes, ces sociétés et ces États révolutionnaires ont réussi à transformer la matière humaine croissante dont ils disposaient de ce qui était un problème de longue date (la croissance démographique) en une ressource naturelle de première importance, une énergie matérielle, intellectuelle et technique dans tous les domaines de la production et de l’édification nationale. À cet égard, nous ne pouvons manquer de constater que le mouvement révolutionnaire arabe, tel qu’il a pris forme dans les régimes progressistes, a obtenu de bien maigres résultats dans ce domaine et n’a pas sérieusement cherché à transformer les masses arabes en ressources humaines et intellectuelles efficaces, mobilisées pour faire face aux défis culturels actuels ou à la brûlante confrontation militaire avec le sionisme. Et la plus importante de ces ressources arabes complètement négligées est l’exacte moitié de la population arabe : la femme arabe. […]

 

La Déclaration du 30 mars en République arabe unie[4] stipule que « la Constitution reconnaît l’importance du travail comme seul critère de la valeur humaine »[5]. C’est un grand principe progressiste, que le régime socialiste révolutionnaire aurait dû adopter dès le début, et non après la défaite. Cependant, lorsque nous mesurons les choses à l’aune de ce principe, nous constatons que, dans la société arabe actuelle, la femme n’a aucune valeur humaine, pas même dans les sociétés arabes plus avancées et plus progressistes. Et ce principe ne produira pas d’effets tant qu’il ne sera pas inscrit dans des législations spécifiques qui organisent la vie sociale et la pratique quotidienne de manière à ce que cette moitié de la population arabe acquière sa valeur humaine par le travail et la production. Ce principe important ne produira pas d’effets tant qu’il ne sera pas complété par d’autres principes socialistes qui continuent d’être négligés dans les pays arabes progressistes, alors qu’ils sont absolument évidents pour les régimes socialistes partout dans le monde. En d’autres termes, les législations, les coutumes et les traditions dominantes dans les pays arabes qui ont adopté le socialisme restent totalement étrangères à la perspective qui considère la femme selon le principe que « le travail est le seul critère de la valeur humaine », c’est-à-dire sur la base de l’indépendance économique, sociale et culturelle, en la considérant comme un élément actif de la société et une force productive. En réalité, les socialistes arabes eux-mêmes continuent de considérer la femme selon des idées romantiques liées à la maternité et à l’éducation des générations, et des valeurs tribales qui tournent autour de l’honneur et du respect, de l’obéissance au mari, et du fait que « les hommes ont autorité sur les femmes » (Cor. 4,34) et « ont une prééminence sur elles » (cf. Cor. 2,228).

 

 

[Révolution et science]

 

En tirant les ficelles de son raisonnement, Heikal[6] écrit: « Nous sommes face à un ennemi cultivé et moderne, et nous n’avons pas d’autre moyen de lui résister que d’être cultivés et modernes nous aussi »[7]. [...] Ce genre d’aveu de la responsabilité arabe n’a, à mon avis, pas encore dépassé le niveau des généralités qui ne dérangent personne et continue à se complaire dans les figures rhétoriques de l’allusion, du double entendre et de la prudence réticente qui ne vont pas au cœur du problème et ne l’examinent pas de près. Relisons les paroles de Heikal : « Nous devons être cultivés et modernes nous aussi » [...]. De même qu’il est impossible de rencontrer un Arabe qui ne se considère pas comme un défenseur de la bonté et de la maman, un champion du commandement du bien et de l’interdiction du mal, ainsi vous ne trouverez pas un Arabe qui ne se considère pas comme un partisan de la science, de la modernité et du progrès. À ce niveau de généralisation, nous sommes tous d’accord et l’assentiment s’impose.

 

Mais ce discours est totalement inutile si nous ne nous posons pas certaines questions gênantes sur la science et la modernité et sur les changements qu’elles exigent de nous, dans nos sociétés, dans notre mode de vie ! Sommes-nous prêts à accepter ces changements et à renoncer à tout ce dont nous étions fiers dans le passé s’il devait apparaître que cela est clairement en conflit avec la science et la modernité ? Par exemple, la science et la modernité signifient la laïcité et la séparation de la religion et de l’État. Lequel de nos dirigeants a eu le courage de s’exprimer clairement à ce sujet au lieu d’envelopper la vérité dans un verbiage vague et pompeux ?

 

 

Sâqid Jalâl al-‘Azm, Al-Naqd al-dhâtî ba‘d al-hazîma. Première édition : Dâr al-Talî‘a, Bayrût 1968. Nouvelle édition avec préface de l’auteur : Dâr Mamdûh ‘Adwân, Dimashq 2007 ; pp. 42-43 (la théorie du complot) ; 50-57 (la prévalence du malin) ; 94-95 (la condition féminine) ; 26-27 (révolution et science). Les numéros de pages se réfèrent à l’édition 2007. Traduction de Hélène Ginabat à partir de la version italienne de Martino Diez (sur l’original arabe).

 

© tous droits réservés
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position de la Fondation Internationale Oasis

 

 

Pour citer cet article

 

Référence papier:

Texte de Sâdiq al-‘Azm, « Anatomie d’une défaite », Oasis, année XVI, n. 31, décembre 2020, pp. 122-128.

 

Référence électronique:

Texte de Sâdiq al-‘Azm, « Anatomie d’une défaite »,  Oasis [En ligne], mis en ligne le 16 novembre 2021, URL: https://www.oasiscenter.eu/fr/oasis-31-anatomie-d-une-defaite

 

 

[1] Hâmid ‘Ammâr, Fî binâ’ al-bashar. Dirâsât fî l-taghayyur al-hadârî wal-fikr al-tarbawî [Sur la construction des hommes. Études sur le changement culturel et la pensée éducative], Markaz tanmiyat al-mujtama’ fî l-‘âlam al-‘arabî, Sirs al-Layyân [al-Manûfiyya, Égypte] 1964, pp. 80-91.
[2] « Al-Anwâr » (Beyrouth), 30 avril 1968.
[3] En arabe ma‘lēsh, basîta, mâshî l-hâl, kullenâ ikhwân [NdlR].
[4] Il s’agit d’un programme soumis à un référendum en Égypte le 2 mai 1968 et approuvé avec 100 % des voix (il y eut 798 votes contre dans tout le pays et la participation fut de 98 % !) [NdlR].
[5] « Al-Anwâr », 31 mars 1968.
[6] Mohammad Hassanein Heikal (1923-2016) fut directeur du plus important quotidien égyptien, al-Ahrâm, de 1957 à 1974. Admirateur de Nasser, il devint l’une des voix les plus influentes du panarabisme. Sa rubrique hebdomadaire « Parlons franchement » était lue dans tout le monde arabe. Nommé ministre de l’information en 1970, il fut arrêté par Sadate pour son opposition à la normalisation des relations avec Israël. Critique du régime de Moubarak, après la prise de pouvoir de Morsi, il se rapprocha de Sisi [NdlR].
[7] Mohamed Hassanein Heikal, « Al-Ahrâm », 20 octobre 1967.
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