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Moyen Orient et Afrique

Qui est qui en Syrie

La récente décision russe de s’engager militairement en Syrie reporte l’attention sur le conflit qui depuis quatre ans enflamme le pays. Dans un tel contexte, il est fondamental d'identifier les protagonistes, leur terrain d'action et les forces qui les soutiennent

LES FORCES PRO-ASSAD

 

 

Le régime d’Assad est soutenu au niveau international par la Russie et l’Iran. Sur le terrain sont pré-sents les effectifs de l’armée gouvernementale syrienne, plusieurs milices liées au président et les milices du Hezbollah et d’autres groupes chiites. Les forces de la Russie qui disposent en Syrie d'un port important, Tartous (le seul débouché sur la Méditerranée pour la flotte militaire russe), ont jusqu’à présent frappé surtout les zones occupées par les rebelles, en particulier dans la région de Idlib récemment conquise par la coalition formée de Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham.

 

 

L’armée syrienne

 

Les forces du régime de Bashar al-Assad sont concentrées le long d’une trajectoire qui va du sud au nord et contrôlent les territoires qui donnent sur le Liban et la mer Méditerranée, y compris les villes de Damas, Hama et Lattaquié.

 

Dernièrement, plusieurs sources soulignaient la faiblesse de l’armée syrienne, réduite désormais à la moitié de sa force de frappe (300.000 hommes) et affaiblie par la présence toujours plus importante de conscrits. Le président syrien a pu remédier à ces inconvénients grâce à la mise en place de mi-lices irrégulières (les tristement célèbres Forces de Défense Nationale) et, surtout, au soutien de forces étrangères, comme celles du Hezbollah.

 

 

Autres milices

 

D’autres groupes peu connus, d’extraction sunnite, alaouite, kurde et chrétienne, soutiennent Assad. Parmi ceux-ci mentionnons la Muqawama Suriya, la Liwa’ Dir’ al-Sahel et Dir’ al-Watan.

 

 

Hezbollah

 

Le Hezbollah est la principale milice engagée en Syrie. Le mouvement justifie son intervention en tant que jihad de défense pour protéger le sanctuaire de Sayyida Zaynab à Damas et pour combattre les forces takfîrî, groupes sunnites extrémistes qui considèrent mécréants les musulmans déviants, et en particulier les chiites. Soutenu par l’Iran, le Hezbollah coordonne d’autres groupes chiites pré-sents sur le territoire, dont des contingents d’irakiens et même de pakistanais. Le Hezbollah agit principalement dans les territoires limitrophes du Liban, de Qalamoun à Homs.

 

 

LES FORCES ANTI-ASSAD

 

Au niveau international, les principales forces qui agissent contre Assad sont l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Qatar et les États-Unis. Elles soutiennent sur le terrain une multitude d’acteurs qui se distinguent tant sur le plan tactique et stratégique que sur le plan idéologique et politique. L’Arabie Saoudite est le principal fournisseur d’aides humanitaires et financières de plusieurs groupes rebelles, et en particulier les salafistes. Les États-Unis fournissent une assistance militaire à différentes formations rebelles, y compris les islamistes et les jihadistes. La CIA a lancé un programme d’entraînement destiné à 5000 rebelles anti-Assad qui a échoué.

 

 

Jabhat al-Nusra

 

En partant des réalités qui ne sont pas liées à l'EI, la formation certainement plus connue est Jabhat al-Nusra. Branche syrienne de al-Qaida, elle agit dans la région de Idlib, le long du couloir qui sé-pare Hama et Homs, aux alentours de Damas et sur le front méridional, en particulier sur les hauteurs du Golan. Elle est soutenue et financée par la Turquie, l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe.

 

 

Ahrar al-Sham

 

Moins connu que al-Nusra, c’est en réalité le mouvement d’opposition sans doute le plus important au niveau des effectifs et de la participation populaire. D’inspiration salafiste, il vise à renverser le régime de Assad pour instituer un État fondé sur la sharî‘a, à telle enseigne que du point de vue doctrinale il n’est pas facile de le distinguer de Jabhat al-Nusra, même si à différence de cette der-nière, il ne fait pas partie de la liste des organisations terroristes établie par Etats Unis. Il agit dans les régions de Alep, Idlib, Homs et Hama. En 2012, Ahrar al-Sham a donné naissance au Front Islamique Syrien, un groupe dans lequel ont convergé plusieurs milices semblables, dont Jaysh al-Islam, force qui agit principalement à Damas et Liwa’ al-Tawhid, qui opère surtout à Alep. Il est soutenu financièrement par les pays du Golfe.

 

 

Jabhat Ansar al-Din

 

Il s'agit d'une coalition jihadiste qui opère en Syrie septentrionale sur une base autonome par rapport aux autres groupes comme EI, Jabhat al-Nusra ou Ahrar al-Sham. Elle est formée de Harakat Fajr al-Sham et Harakat Sham al-Islam. Au début Jaysh al-Muhajirin wa-l-Ansar en faisait aussi partie, et renforcait la coalition grance à l'apport de groupes mieux équipés, mais elle s’en est récemment détachée pour s’unir à Jabhat al-Nusra. Avant cette scission, Jaysh al-Muhajirin était reliée à travers son leader Salah al-Din al-Shisani à l’émirat du Caucase et était composée surtout de combattants caucasiens. A' present elle est en revanche formée en majorité de militants arabes, guidée par un saoudien.

 

 

Armée Syrienne Libre (Free Syrian Army)

 

Au début de la révolte syrienne elle était le bras armé de la révolution. Elle est composée exclusi-vement de formations d’origine syrienne et en particulier de déserteurs de l’armée gouvernementale. N’étant pas classée comme groupe extrémiste, elle reçoit des financements internationaux, mais il est difficile d’évaluer sa réelle capacité d’action.

 

 

Les “operation room”

 

Face à une telle complexité et hétérogénéité de groupes combattants, le front des oppositions a es-sayé de créer des ‘salles d’opération’ dans le but de réunir plusieurs formations au sein de fronts spécifiques, dont le dénominateur commun serait l’opposition au régime d’Assad. Ces synergies opératives ce sont manifestées contre l’EI, comme ce fut le cas en décembre 2013 au nord-ouest de la Syrie lorsque les forces de différentes formations regroupées dans l’“Armée islamique” (Jaysh al-Islam) parvinrent à infliger de lourdes pertes aux forces du Calife. Dans cette même optique, il est aussi intéressant de rappeler la création de l’“Armée de la Conquête” (Jaysh al-Fatah) grâce à la-quelle plusieurs groupes se sont coalisés, en particulier Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham, parvenant à créer et maintenir une zone d’influence dans le contexte d’Idlib.

 

 

Les kurdes du PYD

 

Il existe enfin deux acteurs importants du conflit civil syrien mais qui se distinguent des précédentes formations par leur spécificité idéologique et stratégique : l’aile militaire du PYD (Parti de l’Unité démocratique, selon certains, une émanation directe du PKK) et l’EI. En ce qui concerne la première formation, les forces kurdes se sont distinguées sur le terrain, parvenant à bloquer l’avancée de l’EI en janvier 2015 à Kobane et actuellement elles contrôlent deux grandes poches au nord de la Syrie avec l’objectif final d’unifier toute la région de Rojava, aujourd’hui divisé en deux.

 

 

ISIS

 

Pour terminer, présents sur le territoire syrien depuis l’hiver 2013, les forces de l’EI ont leur centre névralgique dans la ville de Raqqa. Bien qu’on persiste à comparer l’EI à un État avec des frontières et un territoire bien délimité, sa présence en Syrie s’articule plutôt le long de couloirs stratégiques qui permettent les liaisons avec les villes irakiennes occupées (Ramadi et Mossoul en particulier) et avec les autres régions syriennes sous contrôle (dont Palmyre et partiellement Deir ez-Zor) ou sous attaque (dont Alep et Damas).

 

 

 

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