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Moyen Orient et Afrique

Seconde manche entre al-Azhar et les Frères

La mosquée-université de al-Azhar, référence traditionnelle des musulmans égyptiens, a joué un rôle important dans la crise, et tout particulièrement son Shaykh actuel, Ahmad at-Tayyeb. Ce n’est pas là une nouveauté.

 

 

Après la révolution du 25 janvier 2011, de fait, al-Azhar a mis au point une série de documents élaborés en accord avec certains ulemas et une « élite » d’intellectuels sur l’avenir de l’Égypte, sur les libertés fondamentales, sur la concorde nationale et enfin, il y a quelques jours à peine, sur la condition de la femme. Un même esprit y présidait : amener à la même table de négociations des représentants de sensibilités diverses et trouver des points communs sur lesquels construire le futur du pays.

 

 

Mais ce sont justement ces prises de positions - et d’autres encore envisage la possibilité - qui ont consommé la rupture avec les Frères musulmans, lancés dans leur course vers le pouvoir. À la vérité, les positions étaient éloignées dès le départ, parce que le Shaykh, nommé à l’époque de Moubarak, a toujours manifesté une certaine défiance vis-à-vis des prétentions hégémoniques des Frères. Ces derniers ont cherché de différentes manières à exercer des pressions, en s’appuyant notamment sur une partie des azharistes, jusqu’à émettre l’idée de contraindre le Shaykh à la démission, fait pratiquement sans précédent puisque c’est une fonction à vie. En deux occasions, un véritable bras de fer a opposé at-Tayyeb et les Frères : lors des nominations du Mufti de la République, et du ministre des Affaires religieuses (al-Azhar ayant remporté la victoire dans la partie la plus importante, celle de la nomination du Mufti), mais les incidents de parcours n’ont jamais manqué : comme lorsque le gouvernement Morsi a lancé les titres d’État « islamiques », et que al-Azhar a riposté en assurant que l’adjectif « islamique » n’avait ici aucun fondement. Le Shaykh avait également donné une interprétation très souple de la fonction de contrôle de la légitimité religieuse que la Constitution de 2012 lui conférait non sans quelque confusion.

 

Défenseur du rôle et des prérogatives de l’institution azharienne, nul n’a été surpris de le voir au premier rang alors lors de la lecture du communiqué de l’armée qui sanctionnait la fin du gouvernement des Frères musulmans.

 

 

Pour lire le document de al-Azhar sur les libertés fondamentales traduit par Oasis, cliquez ici

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