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Chrétiens dans le monde musulman

Un rempart contre l’individualisme

La vie des familles chrétiennes dans un contexte à majorité musulmane est ressortie des interventions des Patriarches des Églises Orientales et du Patriarche de Jérusalem des Latins présents au Synode extraordinaire sur la famille (Rome, 5-19 octobre 2014), dont nous proposons ici certains passages.

Louis Raphael Sako, Patriarche de Babylone des Chaldéens, a affirmé dans son intervention du 7 octobre (publiée sur le site officiel du Patriarche de Babylone) qu’il n’est pas possible de « séparer les prédications et le travail personnel» en ajoutant que certains prêtres et Évêques ont oublié cette priorité pour se consacrer au «business et à l’administration ». Le Patriarche a ensuite exprimé son « orgueil devant la fermeté des familles irakiennes face aux pressions de l’État islamique, leur persévérance dans la foi et les sacrifices et la douleur qu’elles supportent à cause de leur foi ». Au sujet du mariage, le Patriarche a dit qu’il faut que « la famille soit préparée spirituellement, moralement, socialement et psychologiquement et qu’elle soit accompagnée par la paroisse ». Par rapport à l’Occident, le Patriarche a affirmé qu’il « est dominé par une culture individualiste qui, en se concentrant sur le plaisir, a produit un état de dégénérescence morale et de désarroi pour de nombreux chrétiens ». Ces derniers, selon le Patriarche de Bagdad, « doivent revendiquer courageusement le respect de la foi chrétienne, parce que la liberté de croire, de pratiquer et de témoigner de sa foi est un droit de l’homme ».

 

 

Beshara Rai, Patriarche des Maronites, s’est concentré sur les différences entre homme et femme et entre musulmans et chrétiens dans les institutions des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Le Patriarche maronite a affirmé que, surtout dans les pays où il n’y a pas de séparation entre l’État et la religion, les droits du couple chrétien sont violés et chrétiens et musulmans finissent par ne plus avoir les mêmes droits. À ce propos, l’exemple à suivre est le Liban, une véritable exception, parce que c’est le seul pays du Moyen-Orient où la distinction entre État et religion existe déjà, tout comme le respect de l’identité confessionnelle des chrétiens et des musulmans.

 

 

Gregorios III Lahham, Patriarche d’Antioche des Melkites, a répété « l’importance de l’enseignement de l’Église dans le contexte des circonstances difficiles que les familles chrétiennes affrontent dans une société à la consommation galopante, avec toutes les retombées que cela engendre sur l’unité de la famille et sa mission ». Le Patriarche a insisté sur la mission des familles chrétiennes dans une société diversifiée et plurielle, dont elles « doivent être le levain ». En reprenant les paroles du pape François, Gregorios III a conclu en affirmant que la famille est « la nourriture pour la vie et les valeurs de la foi, capables d’engendrer une ouverture vers les différentes civilisations et construire des ponts entre les personnes ».

 

 

Sa Béatitude Fouad Twal, Patriarche de Jérusalem des Latins, a identifié les racines de la situation difficile de la famille dans un « changement de culture radical qui se produit en Occident » et, même si dans une moindre mesure, « en Orient aussi ». Une telle transformation est le produit de la « sécularisation radicale, de l’absolutisation de la liberté individuelle, de l’autonomie de la personne » qui engendrent une « nette séparation entre la foi et la vie ». Après ce préambule, Mons. Twal a ensuite présenté les défis spécifiques du Patriarcat latin : la situation politique et économique difficile, qui crée un milieu hostile, marqué par la violence, l’émigration et la séparation, dont le symbole le plus évident est le mur entre la Palestine et Israël qui divise les familles, les paroisses et le clergé ; la loi israélienne qui empêche le regroupement familial entre Israël et la Palestine dans le cas où l’un des deux conjoints est de Jérusalem ; le passage d’appartenance confessionnelle, une pratique présente parmi les catholiques pour obtenir le divorce et pouvoir contracter un second mariage ; les mariages mixtes ; la lenteur des tribunaux ecclésiastiques ; la persistance du système tribal et l’influence des parents dans la vie des conjoints.

 

Pour toutes ces raisons, signale le Patriarche, il est nécessaire d’accompagner de plus près les familles, d’avoir de nouveaux programmes de préparation au mariage et guider les couples à travers des rencontres, des congrès et une plus grande diffusion de matériel de soutien. De plus, Mons. Twal a demandé que les tribunaux diocésains soient « plus rapides pour trouver des solutions ou émettre des sentences pertinentes pour les couples en difficulté » et il a proposé de mieux articuler la pastorale des mariages mixtes de manière à ce que ceux-ci « deviennent une opportunité et non un problème ».

 

 

Du Moyen-Orient étaient également présents au synode Ibrahim Isaac Sidrak, Patriarche d’Alexandrie des Coptes, Ignace Youssef III Younan, Patriarche d’Antioche des Syriaques et Nerses Bedros XIX Tarmouni, Patriarche de Cilicie des Arméniens.