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Religion et société

Kosovo: le réveil de quelques catholiques « endormis »

Engelbert Zefaj

Le premier mai, dans l'église dédiée à Notre-Dame à Letnice (où Mère Teresa de Calcutta se sentit appelée au service des pauvres), 32 habitants du village de Karavasari, tout en conservant leurs noms musulmans, se sont convertis au catholicisme et ont exprimé le désir d'avoir une église dans leur village.

 

Peu de jours après, le désir d'embrasser le Christianisme a touché aussi une dizaine d'habitants du village de Llapushnik, dans la municipalité de Drenas. Ceux-ci, en particulier, n'ont pas voulu parler de « conversion » à leur sujet parce qu'ils n'estiment pas avoir changé de religion car depuis toujours ils se considèrent catholiques même si « endormis » pendant des décennies, c'est-à-dire qu'ils ont préféré ne pas rendre publique leur vraie foi.

 

En effet, beaucoup d'entre eux ont toujours prié et récité le chapelet de façon confidentielle, tout comme leurs pères et les ancêtres de ce village. Mais c'est seulement maintenant qu'est arrivé le moment opportun de sortir de leur réserve et de professer ouvertement leur appartenance religieuse.

 

« Le moment est arrivé de rendre publics nos sentiments religieux - a affirmé Ismet Sopi, un des nouveaux baptisés - et nous désirons exprimer et démontrer à tous qui nous sommes et qui nous avons toujours été. Nos grands-parents récitaient de mémoire les prières tirées de la Bible et les transmettaient oralement dans leur dialecte du nord de l'Albanie, et ainsi elles sont arrivées jusqu'à nous ».

 

« J'ai eu trois moments heureux dans ma vie - a toujours raconté Sopi, prisonnier politique pendant douze ans - le premier, à ma libération, le deuxième quand le Kosovo a proclamé son indépendance et le troisième quand nous avons déclaré publiquement nos convictions religieuses et nous avons été enregistrés dans le livre de l'Eglise. Mais il ne faut pas exagérer notre cas ».

 

En effet, dans les villages, la nouvelle de la conversion de certains a entraîné une réflexion et parfois a déconcerté : une partie de la population musulmane, tout en sachant que certaines familles étaient catholiques par le passé, accepte difficilement ce retour au Christianisme.

 

Il n'y a pas de problèmes particuliers, mais certains, a expliqué Sopi, ont peur de déclarer ouvertement leur religion à cause de la mentalité ambiante et des conséquences possibles, par exemple, sur la question des mariages mixtes (en effet, les musulmans pourraient empêcher leurs filles d'épouser les fils des chrétiens).

 

Ces récentes conversions marquent tout de même un passage important pour le Kosovo : jusqu'à hier beaucoup enterraient leurs proches en présence de l'imam, bien qu'avant de mourir, l'extrême-onction ait été demandée.

 

De plus, il semble que ces premiers cas seront suivis par des dizaines d'autres, quelqu'un parle même de centaines de conversions, même si la peur à cause des réactions de la partie islamique est très présente chez certains.

 

Sopi espère qu'une église sera construite rapidement, parce que selon lui, le besoin se fait sentir d'un lieu où les jeunes qui le désirent puissent connaître le vrai contenu de la foi chrétienne.

 

Malgré tout, aujourd'hui, beaucoup d'enfants des familles converties portent la croix ouvertement. Ils l'enlèvent seulement pour aller à l'école.

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