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Religion et société

Le blasphème comme arme de destruction massive

Au Pakistan, les minorités sont dans le collimateur de l’extrémisme sunnite et de sa stratégie sanguinaire. Une attaque s’est déchaînée contre toute possibilité de coexistence et, ces dernières années, elle a connu une escalade impressionnante, n’épargnant aucune confession.

Au Pakistan, la société est en train de devenir moins tolérante et plus vulnérable aux objectifs des extrémistes islamistes qui tentent d’inverser le cours du progrès économique et démocratique et de détruire les fondements du pays en tant qu’État pluriethnique et multireligieux.

 

 

L’identité du Pakistan, fondé en 1947 comme patrie pour les musulmans d’Asie méridionale après la fin de la domination coloniale britannique sur le sous-continent indien, possède, en tant que République islamique, des racines profondes. Si le père fondateur du Pakistan, Muhammad Ali Jinnah, soutenait l’idée de l’Islam en tant que force unificatrice, il n’avait pas prévu que le pays évoluerait vers un État théocratique. Les conséquences que pourra avoir la mort d’Oussama Ben Laden sur les courants extrémistes internes au Pakistan ne sont pas encore claires. Le fait que Ben Laden ait été trouvé dans une enceinte d’une ville qui abritait un quartier militaire grouillant de forces de sécurité, a soulevé, dans l’opinion publique pakistanaise, diverses interrogations sur les relations entre les militaires et les terroristes qui opéraient dans le pays. Que le terroriste le plus recherché au monde ait pu vivre près de six ans au nez et à la barbe de l’armée pakistanaise a suscité des inquiétudes au Pakistan et dans le reste du monde. Ben Laden ne jouissait pas d’une grande popularité auprès de la plupart des Pakistanais. Il est possible que sa mort ait un impact immédiat plutôt limité sur la société mais, à long terme, elle pourrait affaiblir les groupes ayant développé un programme extrémiste, si al-Qaida devait se diviser.

 

 

Il n’en reste pas moins que l’assassinat, perpétré récemment, de deux hauts fonctionnaires pakistanais qui cherchaient à protéger les minorités religieuses des abus des lois controversées sur le blasphème, démontre que les islamistes extrémistes sont en train de se renforcer en utilisant la stratégie de recours à la violence pour imposer des visions destructrices et obscurantistes. La réaction publique du Pakistan au meurtre de Salman ¬Taseer, gouverneur pakistanais de l’État du Punjab, le 4 janvier dernier, a confirmé que le soutien aux idéologies extrémistes au Pakistan est en progression et met aujourd’hui en péril les fragiles institutions démocratiques du pays. Suite au meurtre de Taseer, plusieurs centaines de religieux pakistanais ont signé une déclaration qui justifiait cet acte et invitait les Pakistanais à s’abstenir de porter le deuil après la mort du gouverneur.

 

 

Lorsque, deux mois plus tard, le ministre des Affaires des minorités Shahbaz Bhatti a été tué par deux extrémistes pour les mêmes raisons (son soutien à la réforme des lois sur le blasphème), la plupart des personnalités publiques du Pakistan ne se sont pas exprimées, craignant des mesures de rétorsion analogues. Cédant à de violentes intimidations, le gouvernement du Parti populaire du Pakistan, dirigé par le président Asif Ali Zardari, a demandé à la parlementaire Sherry Rehman de supprimer un amendement législatif qui proposait d’apporter des modifications à la loi sur le blasphème. Le Premier ministre pakistanais ¬Yousaf Raza Gilani a déclaré fermement qu’aucune modification ne serait apportée à la loi sur le blasphème. Bhatti avait travaillé inlassablement pour attirer l’attention de l’opinion publique sur les problèmes des minorités religieuses et promouvoir la tolérance. La réponse molle du gouvernement et le manque d’indignation publique envers les assassins du gouverneur et du ministre encourageront vraisemblablement les extrémistes islamistes dans leur tentative d’étouffer la liberté de parole et la liberté d’expression politique et d’exclure les modérés de la bataille pour l’identité du Pakistan.

 

 

Même si Taseer et Bhatti avaient simplement conseillé de revoir les lois sur le blasphème pour protéger les communautés minoritaires, la ligne dure des islamistes a présenté cet effort comme une insulte au Prophète Muhammad. Asma Jahangir, activiste de longue date en faveur des droits humains et actuel président de l’Association des avocats de la Cour suprême du Pakistan, a condamné, dans un éditorial paru dans la presse pakistanaise le 3 mars dernier, l’attitude des responsables politiques du Pakistan, qui n’avaient pas pris fermement position contre les meurtres extrajudiciaires de leurs dirigeants mêmes. Faisant remarquer que ces meurtres constituent un « sinistre message pour le processus démocratique », Jahangir a également critiqué les avocats pakistanais, « dont le métier consiste fondamentalement dans le respect du principe de ¬légalité », car ils avaient salué le meurtre de Taseer, commis de sang froid.

 

 

Les activistes luttant pour les droits humains ont longtemps réclamé une réforme de la loi sur le blasphème, mais le problème a gagné en visibilité en novembre dernier, lorsqu’un tribunal pakistanais a condamné à mort une mère de famille chrétienne, Asia Bibi, après que ses voisins musulmans l’avaient accusée de blasphème. Le général Zia ul Haqq, l’ancien dictateur pakistanais qui a tenté d’islamiser les institutions du pays durant les années ‘80, a durci la loi sur le blasphème, rendant la peine de mort obligatoire pour ceux qui insultent le prophète Muhammad. De nombreux experts affirment cependant que, de par la façon dont elle est actuellement conçue et de par ses dispositions sur la peine de mort, la loi pakistanaise sur le blasphème ne trouve aucun fondement ni dans le Coran, ni dans les hadîths (les paroles et les actes de Muhammad). Ils soutiennent que le Coran se contente de dissuader de commettre le délit de blasphème. une Politique à Haut Risque Même les responsables de la sécurité du Pakistan sont en partie coupables de la diminution de la tolérance religieuse et de l’augmentation du pouvoir des extrémistes islamiques. Les militaires se sont longtemps reposés sur les groupes islamistes violents pour atteindre leurs objectifs stratégiques, aussi bien en Afghanistan qu’en Inde.

 

 

Au cours de l’histoire, les services secrets du Pakistan ont tissé des liens étroits avec les talibans afghans. Encore avant les attaques terroristes du 11 septembre 2001, le gouvernement pakistanais a reconnu et soutenu ouvertement le régime des talibans en Afghanistan. Même si les fonctionnaires pakistanais ont pu se trouver en désaccord avec l’interprétation rigide de l’Islam proposée par les talibans, ils y voyaient une excellente opportunité pour parvenir à leurs objectifs stratégiques dans la région. En dépit de son engagement à rompre ses relations avec les talibans après l’invasion de l’Afghanistan par les États-Unis en 2001, Islamabad n’a pas réussi à s’imposer avec force face aux chefs des talibans afghans, ni à mettre fin à leurs activités au Pakistan. En effet, les fonctionnaires américains ont eu vent du fait que les agents des services secrets pakistanais continuent d’entretenir des rapports avec les chefs talibans afghans et ont intérêt à maintenir de bonnes relations avec eux, afin qu’ils jouent de nouveau un rôle dans la politique afghane.

 

 

La politique à haut risque pratiquée par le Pakistan vis-à-vis des talibans découle de l’intention de priver l’Inde, tout comme l’Iran et les pays d’Asie centrale, d’un fort point d’appui en Afghanistan, et de s’assurer un régime ami à Kaboul, qui s’abstienne d’afficher des revendications territoriales dans les régions pachtounes du Pakistan, le long de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. Outre ses liens avec les talibans afghans, le Pakistan a soutenu des groupes terroristes qui se concentrent principalement sur l’Inde, tels que le Lashkar-e-Tayyiba (LeT), auteur des attentats de Bombay en 2008, attentat qui a tué environ 166 personnes. Le soutien apporté par l’armée au militantisme comme instrument de politique étrangère a nui fortement à la stabilité intérieure du Pakistan. L’exemple qui montre de la façon la plus éclatante combien cela est contreproductif, a été l’ascension du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), un ensemble de groupes militants pakistanais vaguement apparentés à al-Qaida et aux talibans afghans, créé en 2007 et responsable de nombreuses attaques-suicides contre les forces de sécurité pakistanaises ainsi que contre des civils.

 

 

Durant la seule année 2010, près de 3 mille pakistanais ont perdu la vie lors d’attaques terroristes. Le Pakistan a posté environ 147000 militaires le long de la frontière avec l’Afghanistan et s’est lancé dans des opérations militaires dans le but d’éradiquer les rebelles. Mais Islamabad refuse de réprimer énergiquement les groupes de militants, qu’il considère comme des points d’appui face à l’Inde, alors qu’il est clair que ces groupes participent à des attaques contre l’État pakistanais également. Les fonctionnaires des États-Unis ont essayé de convaincre le Pakistan que sa politique ambiguë, qui soutient certains terroristes tout en luttant contre d’autres, est contreproductive car elle compromet la sécurité et la stabilité du pays. Et pourtant, il semble que l’attention militaire excessive du Pakistan vis-à-vis de l’Inde ait entravé sa capacité à prendre des décisions logiques, dans l’intérêt d’une stabilité à long terme. une Culture de l’Intolérance La montée de l’extrémisme au Pakistan a été également favorisée par les exclusionary laws et par de plus en plus de contenus, dans les programmes des écoles publiques et privées, qui incitent à la haine des minorités.

 

 

Diverses études ont montré qu’il existait un lien étroit entre madrasas (écoles religieuses islamiques), éducation, propension à l’intolérance de genre, à l’intolérance religieuse et sectaire, et violence militante. Si les madrasas sont présentes dans tout le Pakistan, la plupart des analystes estiment que seuls 5% environ des enfants pakistanais fréquentent ces écoles islamiques. Un certain nombre d’entre elles sont financées et gérées par les partis islamiques pakistanais, tels que le Jamaat-e-Ulema Islam (JUI), par des pakistanais vivant à l’étranger et par d’autres entités étrangères, dont beaucoup siègent en Arabie Saoudite et dans les Émirats Arabes Unis. Si, pour inverser les tendances à l’extrémisme, il est nécessaire d’élargir les programmes scolaires des madrasas et de les adapter aux programmes nationaux, il est tout aussi important, pour le Pakistan, d’améliorer et de moderniser le secteur de l’instruction publique et de corriger ces livres de textes qui promeuvent une culture intolérante et militante. La discrimination envers les minorités religieuses, dont les chrétiens, les hindous, les sikhs, les ahmadis et les chiites, a engendré une très forte augmentation de la violence religieuse et sectaire dans le pays au cours des 30 dernières années.

 

 

L’intensification de la violence contre la communauté chiite (qui représente environ 25% de la population totale du Pakistan) a été impressionnante et a favorisé l’augmentation du sentiment de chaos dans le pays. Au Pakistan, depuis la révolution iranienne, les violences entre sunnites et chiites sont monnaie courante mais, ces dernières années, la plupart des attaques contre la communauté chiite ont été lancées par le Lashkar-e-Jhangvi, une organisation militante sunnite inspirée et soutenue par al-Qaida. Ceci pourrait donner à penser que le phénomène sectaire prend actuellement une virulence idéologique qui sera de plus en plus difficile à contrer. À Lahore et à Karachi, en janvier dernier, au moins dix personnes ont été tuées dans des attaques lors de processions chiites. Les chrétiens du Pakistan forment une petite communauté, qui constitue moins de 2% de la population. La communauté chrétienne a souffert d’une discrimination aussi bien juridique que sociale et se sent encore plus isolée et effrayée depuis l’assassinat du ministre Bhatti, qui était le seul ministre chrétien du gouvernement. En août 2009, les foules musulmanes se sont déchaînées contre les chrétiens dans la ville de Gojra, dans le Punjab, détruisant des centaines de maisons et brûlant vives huit personnes, dont des femmes et des enfants. La foule a réagi aux déclarations (démenties par la suite) selon lesquelles un Coran avait été profané en ville.

 

 

Plus récemment, trois différents incidents ont été confirmés, au cours desquels des églises ont été incendiées au Pakistan, apparemment après qu’un Coran avait été brûlé dans une petite église de Floride, le 20 mars. La communauté chrétienne pakistanaise a vigoureusement condamné la destruction par le feu d’un exemplaire du Coran et son instigateur, le pasteur Terry Jones, que l’évêque d’Islamabad a qualifié de « fanatique » qui promeut une « idéologie malade ». Les chrétiens sont souvent la cible de la loi sur le blasphème, à laquelle recourent d’éventuels adversaires pour résoudre à leur avantage des affaires ou des différends locaux. En 2006, par exemple, un chrétien, Qamar David, a été condamné à perpétuité pour blasphème, après avoir été accusé par son rival en affaires d’avoir envoyé des SMS dans lesquels il insultait le prophète Muhammad. David est mort en prison fin janvier, dans des circonstances étranges. Un autre chrétien pakistanais accusé de blasphème, Robert Fanish, est mort en état d’arrestation, en septembre 2009.

 

 

Même la communauté minoritaire ahmadi souffre énormément à cause de la culture de l’intolérance religieuse qui prospère au Pakistan. La Jama‘at Ahmadiyya compte environ 10 millions de fidèles dans le monde entier, dont 3 à 4 millions vivent au Pakistan. Vers la fin du XIXe siècle, Mirza Ghulam Ahmad (1835-1908), fondateur de la Jama‘at Ahmadiyya, a rompu avec le dogme islamique séculaire en affirmant qu’il était un prophète. À la fin du mois de mai 2010, des militants armés de bombes à main, de gilets suicide et de fusils d’assaut ont attaqué deux mosquées ahmadis, tuant près de 100 fidèles. Les groupes qui défendent les droits humains au Pakistan ont critiqué les autorités locales pour leur réponse peu énergique à ces attaques et parce qu’elles n’avaient pas condamné le nombre croissant d’enlèvements et de meurtres de membres de la communauté ahmadi. Les principaux lieux de culte musulmans au Pakistan sont eux aussi désormais la cible de la culture de l’intolérance et de la violence.

 

 

Dans un effort qui visait probablement à provoquer un affrontement sectaire et à montrer la faiblesse du gouvernement dans sa tâche, garantir la sécurité de leurs citoyens communs, les militants ont commis des attentats-suicide dans les sanctuaires soufis de tout le Pakistan. Le 3 avril 2011, les auteurs des attentats ont attaqué un sanctuaire dans une zone reculée de la province du Punjab, faisant plus de 40 victimes. En juillet 2010, les terroristes s’en sont pris au sanctuaire soufi le plus vénéré du Pakistan, à Lahore. Le sanctuaire, où est enterré un saint soufi de Perse ayant vécu au XIe siècle, représentait le cœur de la culture musulmane de la ville. une Poussée de Jeunes On ne sait pas encore quelles conséquences aura la vague de plus en plus puissante de discorde religieuse et de violence sur les partis politiques islamiques. Les partis religieux ont obtenu de faibles scores aux élections de 2008, avec seulement 2% des suffrages au niveau national, mais continuent d’influencer le cadre juridique et le discours politique, au point de restreindre les libertés personnelles et d’assujettir les femmes et les minorités.

 

 

Deux récentes tentatives d’assassinat contre le chef du JUI, Fazlur Rehman, un des principaux défenseurs des talibans afghans, démontrent que même les chefs religieux musulmans du pays sont en danger. Dans les premiers jours de mars, Rehman s’était déclaré prêt à discuter de ce qui « est perçu comme un abus » de la loi sur le blasphème, ce qui pourrait l’avoir placé dans la ligne de mire des militants. L’augmentation des attaques contre toutes les catégories de la société est en train de déstabiliser le pays, ce qui décourage les investissements étrangers, pousse de plus en plus de personnes issues de la classe moyenne supérieure à envisager de partir vivre hors du Pakistan et répand la peur de voir l’État pakistanais s’effondrer. Afin de mettre fin à l’extrémisme et d’endiguer la violence, les chefs militaires et civils pakistanais doivent d’abord faire toute la lumière sur la menace que le pays doit affronter et, ensuite, adresser à la population un message conjoint contre l’idéologie extrémiste et la violence.

 

 

Trop souvent, les chefs pakistanais préfèrent imputer les maux du Pakistan à la politique américaine pratiquée dans la région. Si le soutien des États-Unis aux moudjahidines afghans dans les années 80 a contribué, dans une certaine mesure, aux problèmes que connaît actuellement le Pakistan, Islamabad ne peut plus ignorer le rôle joué par sa propre politique, qui fait la part belle aux militants. Il apparaît de plus en plus clairement que l’attitude des responsables politiques, qui ménageaient les militants et encourageaient le jihad violent à combattre ses voisins, a eu des conséquences funestes à l’intérieur même du pays. Le gouvernement du Pakistan doit donner la priorité à la question de l’éducation des jeunes et à une réforme des programmes scolaires, afin que les valeurs telles que la tolérance religieuse, le pluralisme et l’éducation civique soient enseignées. Le Pakistan affronte aujourd’hui ce que l’on définit en termes démographiques comme une « poussée de jeunes » (youth bulge), ce qui rend encore plus urgente la nécessité de mettre l’accent sur l’éducation.

 

 

Les autorités civiles et militaires doivent placer au cœur du discours sur la sécurité nationale du Pakistan, non pas la menace indienne, mais la sécurité intérieure. Un célèbre expert pakistanais, Hasan Askari Rizvi, a observé dans un récent article que « toute une génération, qui a fréquenté les écoles, les collèges et les universités du Pakistan entre 1985 et 2005, a été acquise au militantisme et à l’orthodoxie islamique à cause de la politique pratiquée par l’État pakistanais, en particulier par l’armée et les membres de l’ISI [Inter-Services Intelligence] ». Le moment est venu pour les dirigeants de ces institutions de reconnaître que, plus ils tarderont à revoir la politique qui encourage le militantisme islamique, plus ils courront le risque de ne plus avoir un pays soudé à défendre.

 

 

L’élément le plus important pour réduire l’augmentation de l’intolérance religieuse pourrait être la recherche de relations amicales avec l’Inde. La reprise du dialogue bilatéral officiel avec l’Inde offre au Pakistan l’opportunité de redéfinir ses relations avec sa rivale historique, afin de promouvoir des liens économiques et personnels plus étroits. Une attitude consistant à repenser les relations entre le Pakistan et l’Inde, en essayant de briser le cercle vicieux de suspicion et d’hostilité, permettrait de rétablir l’équilibre au sein de la société pakistanaise et mettrait en difficulté les extrémistes islamistes, dont le programme dirigé contre l’État menace le Pakistan plus que n’importe quel autre pays de la région.

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