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Religion et société

Le jeune islam européen en danger

Il existe un islam « dangereux », et c’est le fondamentalisme, mais il existe également un islam « en danger ». Je songe aux jeunes, enfants d’immigrés, qui sont nés et ont grandi ici, en Occident, et qui sont donc déjà le produit d’un « métissage » qui est un phénomène, un processus, que personne n’a programmé, mais dont nous sommes témoins.

 

Cette phase délicate est arrivée aussi pour l’Italie : une nouvelle génération est en train de grandir, elle est arrivée au lycée, à l’université, elle désire apporter sa contribution, mais demande que lui soient fournis les instruments pour prendre conscience d’elle-même et du rôle particulier et décisif qu’elle pourrait jouer.

 

Ce sont des jeunes encore immatures, souvent avec une très faible préparation du point de vue islamique même, pour la plupart des étudiants de faculté technico-scientifiques qui rêvent de devenir médecins et ingénieurs, et c’est justement pour cette raison qu’ils sont extrêmement vulnérables par rapport aux imams « parachutés » ici par les pays d’origine de leurs familles, qui parlent l’arabe mieux qu’eux sans, toutefois, avoir pour autant une préparation spécifique, épaves d’un certain naufrage idéologique lourdement marqué par l’involution dramatique du monde musulman qui s’est produite depuis les années ’70 jusqu'ici.

 

Je pense que la présence de ces jeunes doit nous pousser à réfléchir, afin que nous évitions de commettre un grave pêché d’omission à leur égard. Face à eux nous nous découvrons trop inertes, nous n’avons pas même presque, la présomption d’avoir quelque chose à offrir aux nouveaux venus qui nous mettent en face de notre petitesse. Trop souvent, à la fin, nous sommes réduis à compter de combien de centimètres les immigrés et leurs enfants peuvent se pousser ici ou là dans leur prétention et dans leur vouloir, comme si nous, nous ne devions avoir qu’un rôle passif ou de contrôle. Je vois ces jeunes de deuxième génération, musulmans plus ou moins convaincus, pratiquants et non pratiquants, des filles voilées et pas, qui fréquentent des centres islamiques comme celui de Brescia où l’on rencontre 74 nationalités différentes : curieusement les musulmans découvrent ici, combien leur civilisation est multiple. Je sais que certaines mosquées sont des lieux d’endoctrinement, mais ce sont également des garages et des sous-sols où il n’est pas digne que l’on doive se réduire à se rencontrer et à prier... Face à ces chiffres et ces évidences, il est inévitable de souhaiter qu’il ne nous arrive point d’arracher, avec la mauvaise herbe, également les germes de bon grain.

 

Ces jeunes ont des potentialités qui demandent non seulement implicitement d’être valorisées afin qu’émerge et s’exprime le côté positif de l’islam. Ces nouvelles générations pourraient devenir, ici, parmi nous, la première barrière contre la diffusion du fondamentalisme.

 

Nous sommes donc appelés à donner de la visibilité à ce « métissage positif » qui existe déjà, qui est en élaboration et qui cherche uniquement l’endroit juste pour pouvoir porter de bons fruits.

 

L’alternative est le risque de pousser ces jeunes vers des positions extrêmes, peu importe qu’elles soient celles de la radicalisation religieuse ou de la dissolution dans la consommation frivole et éphémère de l’Occident. Nous les aurions perdus dans les deux cas.

 

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