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Moyen Orient et Afrique

Un plan Marshall pour la Méditerranée ? Une idée prématurée

Nombreux sont les comportements sociaux qui se fondent sur le principe de la gratuité. Ce n’est qu’en repensant, à partir d’eux, le concept de propriété privée capitaliste qu’il peut y avoir un sens à s’engager dans un projet de reconstruction économique entre l’Europe, les rivages africains et le Moyen-Orient. Sinon, nous risquons de reproduire les horreurs capitalistes et néocolonialistes qui ont plongé la planète tout entière dans une crise économique.

[L'article est contenu dans Oasis n. 24. Pour en lire tous les contenus vous pouvez acquérir une copie ou vous abonner] La praticabilité d’un « Plan Marshall » pour la Méditerranée ne saurait pas même relever de l’hypothèse si celui-ci – quel que soit son projet économique – ne trouve les conditions géostratégiques pour se déployer et parvenir à un équilibre régional de puissance. Le grand obstacle à cette hypothèse, qui vise à la reconstruction et au rééquilibre non seulement économique mais aussi démographique, des deux rives de la Méditerranée, est l’impossibilité de reconstruire un parcours économique de reprise en faisant appel uniquement au concept de propriété privée capitaliste. Un nouveau Plan Marshall ne peut être que le terrain expérimental de la polygamie des formes de l’échange bien esquissées dans ce document séminal qu’est l’encyclique Caritas in Veritate. La discussion actuelle – justement parce que nous ne sommes pas encore sortis de la grande crise économique – devrait porter tant sur la diversification des formes de l’échange que sur les différentes formes d’allocation des droits de propriété. Ces deux fleuves souterrains de la réflexion sur le capitalisme viennent croiser la pensée de Karl Polanyi et de ses élèves, selon lesquels il y aurait une contradiction entre le marché et sa base morale : quand, dans la « grande transformation », le marché s’affirme comme forme déployée de l’échange, l’« économie morale » disparaît. Il s’agit d’une position que beaucoup soutiennent encore aujourd’hui. Elle est en réalité contredite par l’histoire. Des études comme celles du grand historien anglais Edward P. Thompson, lequel, pour désigner une vision des rapports économiques inspirée non par le profit individuel, mais par la recherche du bien commun, inventa l’expression d’« économie morale », montrent que celle-ci a continué même avec l’avènement du capitalisme. Certes, il y a aussi dans le monde des turpitudes, par exemple le marché des organes, mais là, nous sommes dans la sphère de l’économie criminelle. Les hommes sont capables aussi de poursuivre cette fin, mais je continue à croire qu’il s’agit d’une minorité. Et pourtant, je l’entends dire de tous côtés, la crise actuelle n’a-t-elle pas peut-être érodé les bases morales du marché ? [L'article est contenu dans Oasis n. 24. Pour en lire tous les contenus vous pouvez acquérir une copie ou vous abonner]

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