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Moyen Orient et Afrique

La fuite des cerveaux et l’avenir de la Syrie

L’économie du pays s’effondre, et l’exode des réfugiés entraîne une perte tragique de compétences, de connaissances et de capital destinée à avoir un impact sur l’avenir de la région. De surcroît, la crise s’inscrit de plus en plus dans un cadre confessionnel : à l’évacuation de la population est venue s’ajouter l’affirmation des groupes armés, tandis que les maîtres de la guerre ont réduit au silence les partisans d’un projet national syrien.

[L'article est contenu dans Oasis n. 24. Pour en lire tous les contenus vous pouvez acquérir une copie ou vous abonner] La crise des réfugiés syriens entraîne pour la Syrie deux conséquences, corrélées entre elles. La première est la « fuite des cerveaux », la perte de compétences, de connaissances et de capital qui dérive du départ en masse des gens. Dans le cas de la Syrie, le simple impact de la fuite des cerveaux est déconcertant. La deuxième conséquence de cet exode est davantage liée au contexte spécifique syrien. Elle a à voir avec le fait que le phénomène se produit en un moment où la crise en Syrie et, plus généralement, au Levant, s’inscrit de plus en plus dans un cadre confessionnel. Dans la Syrie du siècle dernier, la plupart des vagues migratoires de masse s’étaient produites en des moments de poussée du sentiment nationaliste syrien et arabe. Dans les circonstances actuelles, en revanche, l’évacuation de la population s’est doublée de l’affirmation des groupes armés, tandis que les entrepreneurs de la guerre ont réduit au silence les partisans d’un projet national. Et pourtant, la panique qui a accompagné l’augmentation dramatique de réfugiés et de migrants entrés dans l’Union européenne en 2015 a fait trop aisément oublier sur qui retombe véritablement le poids de cette crise. Le premier ministre hongrois Viktor Orbán a déclaré que si l’Europe continue à accueillir des migrants musulmans, cela « fera voler en éclats [...] le style de vie, les valeurs et la force [qu’elle a] développés au cours des derniers siècles ». L’ex premier ministre britannique David Cameron, tout comme d’autres hommes politiques conservateurs, s’est servi d’arguments économiques selon lesquels les réfugiés rendront l’Europe plus pauvre en mettant sous pression les services publics, en compromettant le marché du travail et en provoquant une diminution des salaires. Décrire la crise des réfugiés comme un problème européen occulte le fait que c’est avant tout une crise pour les réfugiés syriens, pour la société syrienne, et pour les pays du Moyen-Orient proches, qui hébergent 55 % de la population de réfugiés du monde. Une grave urgence Un tel récit de la crise occulte en outre le fait que les États européens chargent les États les plus pauvres du Moyen-Orient d’une grande partie du poids de la crise, investissant beaucoup d’argent en techniques d’exclusion des réfugiés. Tandis que la Jordanie a accueilli plus de 600 000 réfugiés, le Royaume-Uni, avec un PIB qui est 78 fois celui de la Jordanie, a déclaré qu’il n’en accueillerait que 20 000 au cours des cinq prochaines années. Actuellement, le Liban héberge un million de réfugiés syriens enregistrés, auxquels s’ajoutent, selon les estimations, 500 000 à un million de déplacés syriens involontaires, non enregistrés comme réfugiés, lesquels, venant s’ajouter aux précédents, constituent de 25 à 40 % de la population libanaise. [L'article est contenu dans Oasis n. 24. Pour en lire tous les contenus vous pouvez acquérir une copie ou vous abonner]

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