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Islam

Voyage à la découverte de la madrasa

Séance d'étude à l'école Dār al-Mustafā [Klaus Heymach]

L'Islam traditionnel rencontre un regain d'intérêt et certains musulmans européens sont à la recherche d'une éducation religieuse qui suit les méthodes ancestrales

Cet article a été publié dans Oasis 29. Lisez le sommaire

Dernière mise à jour: 17/07/2020 09:06:30

Après avoir été mis en question par différentes sortes de réformismes, l’Islam traditionnel est en train de connaître un regain d’intérêt. Il n’est pas rare de voir les musulmans européens eux-mêmes se rendre dans un pays musulman pour y recevoir une éducation religieuse selon les méthodes ancestrales, fondées sur la mémorisation des textes et sur des chaines de transmission du savoir qui remontent jusqu’à Muhammad.

 

Dans les années 2000 en Europe, des courants islamiques entraient en concurrence pour la légitimité et l’orthodoxie. En France, les jeunes musulmans oscillaient alors souvent entre les mouvements du wahhabisme, du Tabligh et des Frères musulmans. L’Islam traditionaliste était encore largement ignoré.

 

Pourtant, quelques années plus tard, cet Islam traditionaliste, qui avait été un temps occulté par la montée du wahhabisme et, parallèlement, par l’affirmation sur la scène sociale et religieuse de certains mouvements issus de l’approche réformiste, a suscité un nouvel intérêt chez des jeunes musulmans d’Europe. C’est dans ce contexte et suite à ces premières observations que j’entrepris des voyages dans une série de pays, en me rendant dans diverses institutions traditionnelles d’enseignement islamiques, notamment en Algérie, au Yémen et en Mauritanie. Ce papier, sous forme de reportage, vise à présenter ces différentes institutions en mettant en évidence certains points communs, malgré les éloignements géographiques et culturels de ces lieux de transmission de l’Islam.

 

Courants traditionalistes et réformistes

 

Il convient tout d’abord de proposer une définition de l’Islam traditionaliste. Dès le XIXe siècle, l’essor des courants réformistes de l’Islam, notamment alimentés par les penseurs Jamâl al-Dîn al-Afghânî (1838/9-1897), Muhammad ‘Abduh (1849-1905) et Rashîd Ridâ (1865-1935), justifie la dénomination « traditionaliste » pour désigner les courants islamiques restés fidèles à une tradition de plusieurs siècles dans les croyances et les pratiques. En même temps, l’essor du wahhabisme, qui se réclame du même mythe du retour aux sources que les courants réformistes des penseurs susmentionnés en développant toutefois des points de vue drastiquement opposés, accentue la scission dans l’Islam de divers pays, partagés entre les courants traditionaliste et réformiste, le wahhabisme se posant comme une troisième voie. Par exemple, en Indonésie, le mouvement Nahdlatul Ulama, partisan d’une approche traditionaliste de l’Islam, et son concurrent Muhammadiyah, représentant du courant réformiste, sont les deux plus grandes tendances religieuses du pays. Au Mali et en Côte d’Ivoire, la scission oppose plutôt les courants traditionalistes et soufis, légitimés par une présence de plusieurs siècles, au courant wahhabite récemment implanté et disposant de financements importants.

 

Situées dans des sociétés arabes, les trois institutions présentées dans ce reportage constituent des hauts lieux de la préservation et de l’enseignement de cet Islam traditionaliste. Dotées d’une approche de l’Islam qui remonte à plusieurs siècles, ces institutions ont pour points communs le suivi d’une méthodologie particulière et l’inscription dans une vision religieuse ancestrale qui implique l’adhésion aux écoles traditionnelles pour les trois niveaux de la religion musulmane : le dogme ou la croyance (al-imân), la pratique rituelle et sociale (al-islâm) et la spiritualité (al-ihsân). Par opposition, les courants réformistes prônent un retour aux sources en remettant en question l’héritage de la pensée islamique et en sortant des cadres de ces grandes écoles.

 

Au niveau de la croyance, l’Islam traditionaliste reconnaît les écoles acharite et maturidite. Au niveau de la pratique, et donc du fiqh, il préconise le suivi d’une des quatre écoles juridiques majoritaires (ou madhhab) : le hanafisme, le malékisme, le chaféisme ou le hanbalisme. Finalement, au niveau spirituel, la tradition reconnaît une quarantaine de voies confrériques (turûq). Concrètement, l’accent est mis sur les deux premières dimensions (le dogme et la pratique), l’affiliation à une voie spirituelle n’étant pas considérée comme une « obligation » au niveau religieux, contrairement à la dimension de la croyance (al-imân) et à la pratique des cinq piliers (al-islâm).

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Bâtiment dans lequel les élèves de Matamoulana lisent et récitent les leçons [Baptiste Brodard]

 

La zaouïa d’Inzegmir en Algérie

 

La zaouïa du cheikh al-Hassan, située dans le petit village d’Inzegmir entre Adrar et Reggane à environ 1500 km au sud d’Alger, est à la fois un lieu d’enseignement de l’Islam traditionnel et un centre spirituel soufi. Au cœur du Sahara algérien, et principalement dans la région d’Adrar, le soufisme reste encore particulièrement influent et son organisation est relayée par des zawâyâ, lieux emblématiques bâtis autour de l’aura d’un cheikh défunt ou vivant. Ces zawâyâ font à la fois office de lieu de prière et d’éducation, mais aussi d’abri ou de refuge. À la zaouïa d’Inzegmir, certains hommes plus ou moins jeunes viennent tantôt pour s’y ressourcer, tantôt pour y trouver refuge ou fuir une situation sociale, familiale ou psychologique difficiles. Le nouveau venu peut traditionnellement y séjourner au moins trois jours et bénéficier gratuitement de trois repas quotidiens. Le cheikh reçoit nombre de visites continuellement et tout au long de l’année, qui sont parfois motivés par la foi et la ferveur religieuse, parfois aussi par le besoin de soutien moral voire matériel.

 

À quelques dizaines de mètres de la zaouïa d’Inzegmir, une madrasa ou école coranique accueille plus d’une centaine d’enfants, adolescents et jeunes adultes venus étudier le Coran et le droit islamique selon l’école malékite. L’hébergement, les repas et les études sont entièrement gratuits, si bien qu’un étudiant demeurant par exemple deux ans dans la madrasa ne devra débourser aucun argent. Concrètement, le programme d’étude commence par la mémorisation complète du Coran. L’étudiant commence par écrire les dernières sourates sur une planche de bois couverte d’argile, séchée au soleil, avec une plume en bois trempée dans de l’encre. Une fois que la planche est entièrement couverte de textes coraniques, l’étudiant répète les versets un grand nombre de fois jusqu’à les connaître par cœur. Il va alors présenter sa planche à l’instructeur tout en récitant le texte par cœur. S’il réussit, il est autorisé à laver sa planche à l’eau et à y remettre une couche d’argile qui sera séchée par le soleil, puis d’y écrire les versets suivants. Ce processus continue jusqu’à la mémorisation complète du Coran, en commençant par la dernière sourate et en remontant vers le début du Livre. Le temps moyen de la mémorisation du Livre entier est estimé à deux ans, avec d’importantes variations selon les individus. Cette méthode d’apprentissage du Coran est traditionnellement utilisée dans les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) et de l’Afrique de l’Ouest (notamment en Mauritanie, Sénégal, Mali) depuis des siècles.

 

Après avoir mémorisé le Coran en entier, l’étudiant aborde des textes classiques de jurisprudence malékite, notamment l’ouvrage phare de Ibn ‘Âshir. Dans cette école, l’approche de l’apprentissage religieux repose largement sur la mémorisation. C’est seulement après la mémorisation de nombreux textes que l’étudiant aborde d’autres thématiques. Nombre d’étudiants formés dans cette école deviennent ensuite imams, officiant dans différentes régions d’Algérie.

 

Outre la routine de l’apprentissage au sein de la madrasa, la zaouïa organise régulièrement des conférences et le cheikh intervient sur diverses questions religieuses, allant du droit à la spiritualité. En outre, des litanies religieuses (dhikhr et qasâ’id) sont quotidiennement récitées en groupe, telles la célèbre Burda de l’imam al-Bûsîrî (XIIIe siècle).

 

Le village de Matamoulana en Mauritanie

 

Dans les milieux islamiques traditionnels, la Mauritanie est un pays des plus réputés pour l’enseignement religieux. Particulièrement reconnue pour l’étude du Coran, de la langue arabe et du fiqh malékite, la Mauritanie a notamment été popularisée dans certaines communautés musulmanes occidentales par le cheikh Hamza Yusuf, un Américain devenu musulman à la fin de l’adolescence qui étudia ensuite l’Islam durant plusieurs années en Mauritanie, notamment auprès du grand cheikh Murâbit al-Hâjj.

 

La Mauritanie est ainsi devenue un haut lieu d’étude de l’Islam pour les musulmans étrangers, notamment occidentaux, même si la pauvreté et les conditions de vie rudimentaire limitent les vocations. Suite à des lectures, je me rends au village de Matamoulana dans lequel j’avais entendu que de nombreux musulmans européens y avaient vécu et étudié. En 2006, un site internet avait même été lancé par des étudiants étrangers installés dans le village. Quand j’arrive à Matamoulana en 2017, sans avoir eu de contact préalable, je suis très surpris de découvrir que je suis le seul Européen présent sur place. Il y a bien des étudiants étrangers, mais tous originaires des pays africains voisins, notamment du Mali et du Sénégal, et plus curieusement, un adolescent d’origine saoudienne. On m’explique alors que c’est la crainte de la situation sécuritaire liée à la présence annoncée d’al-Qaïda dans le pays qui a découragé les étudiants occidentaux, doublée par le manque de ressources et la difficulté des conditions de vie.

 

Je suis très bien reçu et hébergé dans la maison du cheikh, à l’instar de tous les visiteurs annoncés ou spontanés se présentant dans le village. Le cheikh est un représentant de la Tarîqa Tjiâniyya, l’une des plus grandes confréries soufies. L’enseignement dispensé dans le village est également traditionaliste, dans la lignée du dogme acharite et de la jurisprudence malékite, à l’instar de la madrasa d’Inzegmir en Algérie. Cependant, pour les adultes, le programme d’enseignement est beaucoup plus libre. Les professeurs me disent que l’étudiant peut choisir les disciplines et ouvrages qu’il souhaite étudier. L’approche repose également sur la lecture et la mémorisation. Le cheikh donne une explication des textes, puis questionne l’étudiant qui doit restituer le savoir correctement, afin de s’assurer de sa juste assimilation.

 

Le paradoxe entre le cadre physique du lieu et la qualité de l’approche intellectuelle est saisissant. Devant une modeste construction, un groupe d’étudiants est assis sur le sable autour de l’enseignant. Ce dernier résume le paragraphe d’un ouvrage relatif au dogme et aux attributs divins. Sa langue arabe et sa diction sont impeccables, et ses propos dignes d’un cours universitaire. Le climat est chaud et l’ambiance lourde, le confort absent et l’attention difficile à garder. Je suis donc d’autant plus étonné de la qualité de l’exposé de l’enseignant dans cette ambiance.

 

Pour enseigner dans de telles conditions, la vocation, la dévotion et le sens du service sont de rigueur. Dans cette perspective, l’enseignement de l’Islam s’accompagne d’une approche éducative basée sur la transmission de valeurs et le développement d’une haute moralité. La solidarité, l’abnégation, le respect, la douceur et la compassion sont au cœur des relations, et le comportement des encadrants semble exemplaire.

 

Après la prière du crépuscule, les fidèles se réunissent ainsi habituellement dans la petite cour de la mosquée et entonnent des textes sacrés dans la nuit. L’électricité est rare dans ce village simplement alimenté par un générateur. Il faut donc se munir de lampes torches pour se déplacer, même dans la mosquée.

 

L’école Dâr al-Mustafâ au Yémen

 

L’institut Dâr al-Mustafâ est situé dans la ville historique de Tarim dans la région de l’Hadramaout au Sud-Est du Yémen. Tarim s’est illustrée depuis des siècles comme un centre théologique, connu pour ses sciences islamiques et ses savants, parmi lesquels l’imam al-Haddâd au XVIIe siècle. La ville concentre un nombre important de descendants du prophète Muhammad et est un lieu reconnu pour l’enseignement de l’Islam. Aujourd’hui, c’est sans doute le cheikh Habîb ‘Umar Bin Hâfiz le savant le plus connu de la ville, et son rayonnement dépasse les frontières du Yémen. Il est le fondateur de l’école Dâr al-Mustafâ, qui est devenu un haut lieu de l’enseignement traditionnel sunnite. Apprécié comme maître spirituel et prédicateur, le cheikh Habîb al-Jifrî résidant actuellement aux Émirats Arabes Unis est une autre figure contemporaine de l’Islam traditionaliste dont le parcours reste attaché à Tarim et à l’institut Dâr al-Mustafâ.

 

L’institut Dâr al-Mustafâ, dont le nom fait référence au prophète Muhammad, est beaucoup plus connu et fréquenté que les deux institutions abordées plus haut, notamment par des étrangers. De fait, il dispose d’un site internet et bénéficie d’une large couverture en ligne, mais également dans les médias. Tout au long de l’année, l’institut accueille nombre d’étudiants yéménites et étrangers en internat. La plupart des étudiants viennent de Malaisie et d’Indonésie. D’autres sont pakistanais, comoriens, américains ou suédois. Ces étudiants vivent en internat dans de petits dortoirs sans confort. Ils participent aux prières quotidiennes dans la mosquée et aux cercles spirituels, tout en suivant des cours en arabe, droit islamique, dogme et spiritualité par petits groupes. L’enseignement traditionnel consiste en des assises, dans lesquelles les étudiants se regroupent autour de l’enseignant qui prodigue un discours. Ainsi, plusieurs petits cercles s’organisent quotidiennement au sein de la mosquée ou dans les maisons voisines.

 

En quelques années, ces étudiants étrangers mémorisent le Coran et approfondissent leurs connaissances dans les domaines du dogme, de la jurisprudence et de la spiritualité. Ils bénéficient d’un enseignement traditionnel dont la particularité est de se rattacher à une chaîne de transmission censée remonter jusqu’au prophète Muhammad. Il est important de souligner que l’éducation visée à Dâr al-Mustafâ dépasse de loin l’acquisition de connaissances théologiques. L’accent y est surtout mis sur la mise en pratique de l’apprentissage et l’acquisition de valeurs, la transformation personnelle et le cheminement spirituel avec la figure du prophète comme exemple. Après leur cursus, plusieurs étudiants choisissent de rester à Tarim en raison de la proximité du cheikh et de l’atmosphère spirituelle de la ville.

 

L’été, Dâr al-Mustafâ organise par ailleurs un programme de quarante jours pour les étrangers, logés pour l’occasion dans des maisons environnantes. La routine quotidienne de ce programme implique nombre de pratiques cultuelles telles la prière, le dhikr et le jeûne. Pour l’occasion, des étudiants à long terme traduisent les cours de l’arabe à l’anglais afin de permettre aux étudiants étrangers venus spécialement pour le programme de profiter de l’enseignement en dépit de leurs lacunes linguistiques. Le programme est aussi et surtout conçu dans un esprit fraternel et communautaire, privilégiant les échanges et le partage entre les différentes personnes présentes. À cette occasion, plusieurs dizaines d’étudiants venus spécialement pour le programme de Malaisie, d’Indonésie, d’Australie, des États-Unis ou encore d’Amérique du Sud côtoient les étudiants permanents et leurs professeurs.

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Séance d'étude à l'école Dār al-Mustafā

 

Un antidote aux dérives sectaires

 

Les institutions de formation islamique de Tarim au Yémen, de la région d’Adrar en Algérie et du village de Matamoulana en Mauritanie illustrent une approche de l’enseignement religieux qui s’inscrit dans une tradition de plusieurs siècles, et qui se caractérise notamment par une légitimité basée sur des chaînes de transmission, établissant une continuité entre l’enseignement reçu aujourd’hui et l’enseignement de savants des siècles derniers.

 

Les pratiques de la zaouïa d’Inzegmir en Algérie et de la madrasa Matamoulana en Mauritanie sont particulièrement ressemblantes. De fait, elles s’inscrivent dans le courant malékite, qui reste fortement présent en Afrique de l’Ouest, notamment dans le Sahel, et dans les parties désertiques des pays du Maghreb. Ce courant malékite est concurrencé depuis quelques années par la montée du wahhabisme, qui discrédite les formes traditionnelles de l’Islam en présentant une approche de la religion très différente, et bénéficie notamment des pétrodollars saoudiens.

 

Ces lieux d’enseignement de l’Islam traditionaliste continuent à attirer des musulmans de nombreux pays, désireux d’y trouver un Islam authentique et un enseignement sanctionné par des chaines de transmission impliquant au niveau religieux et spirituel une idée de continuité et donc d’orthodoxie. Cependant, les difficultés d’accès et la dureté des conditions de vie limitent drastiquement la venue d’étudiants occidentaux. Au niveau des conditions et modalités, des institutions de Médine ou du Caire captivent en effet un bien plus grand nombre de jeunes musulmans d’Europe et d’Amérique en dispensant un enseignement ancré dans le wahhabisme, au détriment des institutions sunnites traditionnelles qui ne parviennent pas à offrir les mêmes prestations matérielles. Outre la concurrence féroce du wahhabisme, la légitimité de l’Islam traditionnaliste des institutions présentées dans ce reportage se retrouve de plus en plus remise en question par de nouveaux courants réformistes, qui prônent à la fois un tri critique de la production théologique musulmane et une réflexion plus libre concentrée sur les textes fondateurs (Coran et hadîth). Dans cette perspective, un enseignement basé sur des chaines de transmission et sur la répétition des textes anciens, si chers aux traditionnalistes, est fortement contesté. Ceci dit, l’Islam traditionnaliste reste légitime pour des millions de musulmans, qui y voient toujours l’expression orthodoxe de l’Islam et l’antidote aux dérives sectaires, militantes et terroristes qu’ils perçoivent dans certaines branches de l’Islam politique contemporain.

 

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité les auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position de la Fondation Internationale Oasis

 

Pour citer cet article

 

Référence papier:

Baptiste Brodard, « Voyage à la découverte de la madrasa », Oasis, année XV, n. 29, juillet 2019, pp. 114-127.

 

Référence électronique:

Baptiste Brodard, « Voyage à la découverte de la madrasa », Oasis [En ligne], mis en ligne le 14 juillet 2020, URL: https://www.oasiscenter.eu/fr/voyage-a-la-decouverte-de-la-madrasa

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