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Religion et société

Ce que le Liban enseigne à l'Occident

Le 25 mars 2010 est un jour spécial au Liban : en effet, pour la première fois, chrétiens et musulmans fêteront ensemble l’Annonciation. Le jour qui rappelle la visite de l’Ange à Marie et la “nouvelle” qu’elle deviendra la mère de Jésus.

 

 

Un pas et une expérience vécu de la part des libanais qui a beaucoup à enseigner au-delà du Moyen-Orient aussi.

 

 

Lorsque, en novembre dernier, en tant que Oasis, nous avions rencontré à Beyrouth Mohamad Nokkari, un des idéateurs de la nouvelle fête nationale islamo-chrétienne, ce shaykh musulman nous avait parlé de plusieurs résistances à laquelle la proposition était en train de faire face. Mais durant les mois qui ont suivi, le Conseil national pour le Dialogue a fait sienne cette initiative qui fut enfin officiellement approuvée par le Conseil des Ministres, convaincu qu’une fête commune puisse ac-croître l’entente entre les chrétiens et les musulmans, mise à dure épreuve par les longues années de guerre. La figure de la Vierge Marie est aimée également par les musulmans et, dans le Coran, on trouve un récit détaillé de l’Annonciation, même si naturellement les fidèles des deux religions di-vergent sur la signification de cet événement. Pour les musulmans, c’est l’annonce de la naissance d’un grand prophète, tandis que pour les chrétiens, c’est le premier acte de l’Incarnation du Fils de Dieu. Évidemment l’initiative de la fête islamo-chrétienne libanaise a aussi une valeur politique, liée à la recherche de nouveaux équilibres dans le pays, mais, du moins dans l’esprit des promoteurs, elle ne se réduit pas à un jeu d’alliances.

 

 

Voilà pour l’histoire libanaise. La réalité du métissage de civilisations s’impose toujours plus comme une évidence. La présence d’hommes et de femmes de différentes traditions religieuses est en augmentation : des musulmans certainement mais pas uniquement, il suffit de penser à la croissance très rapide de la communauté orthodoxe.

 

 

Ce procédé tumultueux, dont l’issue n’est pas du tout garantie, a besoin d’être orienté, s’il ne veut pas se réduire à un métissage chaotique. Il faut trouver les raisons adéquates pour soutenir le bien pratique de l’être ensemble et le premier instrument est une reconnaissance réciproque. Valoriser les points communs, même lorsque la coïncidence n’est pas totale, rendra possible une confrontation réelle sur les implications de chaque position (religieuse et laïque) concernant la conception de l’homme, du cosmos et de la société et sur les raisons qui les soutiennent.

 

 

La fête islamo-chrétienne libanaise est une invitation et une stimulation dans cette direction, en plus de montrer que les religions sont capables de penser et de réaliser le bien de l’être ensemble, en avance sur la politique, bien qu’elles ne puissent pas s’en passer.

 

 

L’exemple libanais montre qu’on peut trouver une entente sans « neutraliser » la propre histoire.

 

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