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Islam

Identikit du djihadiste européen

Le djihadisme pose la question du sens et du manque d’idéaux dans une Europe en transition vers une nouvelle forme de société dans laquelle les idéologies classiques ont perdu toute capacité de mobilisation. La conversion des jeunes est dictée non seulement par les conditions sociales et psychologiques des individus, mais aussi par l’affaiblissement du sens du sacré d’un Christianisme érodé par une sécularisation radicale.

[L'article est contenu dans Oasis n. 24. Pour en lire tous les contenus vous pouvez acquérir une copie ou vous abonner]

 

 

Le djihadisme est à l’origine de multiples formes d’analyses et de critiques. Une pluralité de thèses se trouvent engagées qui vont de la dénonciation pure et simple de l’Islam (la religion d’Allah serait par essence djihadiste, donc terroriste selon cette perspective, défendue par des intellectuels américains néo-conservateurs, des journalistes comme feue Oriana Fallaci ou des tenants de l’extrême-droite européenne comme Geert Wilders, entre autre…) jusqu’à des analyses nuancées qui mobilisent des considérations historiques, anthropologiques et sociologiques de l’Islam ainsi que l’analyse politique et géostratégique de l’islamisme radical. Par ailleurs, on voit s’affronter des visions dichotomiques qui consistent à se demander s’il faut comprendre le djihadisme comme la radicalisation de l’Islam ou l’islamisation de la radicalité, ou encore, s’il faut comprendre le djihadisme comme un phénomène « leaderless » (sans direction unifiée par le haut) ou bien structuré.

 

 

La recherche montre que la réalité est rebelle aux visions dichotomiques et qu’il faut les articuler plutôt que les opposer. Il en est de même pour les thèses qui voient uniquement le caractère « dépressif » des djihadistes ou leur sexualité problématique, ou encore le fait que le djihadisme procède d’une nature sectaire par l’endoctrinement des jeunes ou d’une demande « révolutionnaire » de la part des jeunes qui voudraient s’engager dans cette voie.

 

 

Ce travail opte pour une vision phénoménologique qui consiste à analyser l’intentionnalité des acteurs en la contextualisant dans le face à face imaginaire des jeunes vis-à-vis de Daech, par la médiation de la Toile ou par le contact avec des recruteurs et des islamistes radicalisés. La scène djihadiste européenne est marquée par une situation de « crise d’utopie » : la disparition des mythes fondateurs et des grands récits du XIXe siècle, notamment la lutte des classes et le républicanisme. Celle-ci va de pair avec la crise des classes moyennes dont les progénitures n’ont plus du tout la conviction d’appartenir aux couches montantes, le sentiment de déclassement social et de déclin étant partagé par une grande partie des jeunes. Aux jeunes des banlieues (et des exclus dans les sociétés européennes) qui n’ont aucune espérance dans l’avenir s’ajoutent ceux des classes moyennes marqués par l’absence de confiance dans un avenir qui devient menaçant, faute de perspectives de promotion sociale et d’idéaux nobles.

 

 

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