Dernière mise à jour: 22/04/2022 09:52:43
Le système de protection temporaire a été introduit pour remédier à une situation que l'on pensait provisoire: celle d'une menace de guerre en Iraq. Mais maintenant que la situation s'est au contraire dégradée, il est urgent de trouver un autre système. Faute de quoi, nous serons obligés de faire face aux nombreux problèmes des réfugiés irakiens». C'est ce que déclarait Abdelhamid El Ouali, originaire du Maroc et représentant du Haut Commissariat ONU pour les Réfugiés (Unhcr) à Damas. «Durant la guerre, nous nous attendions à un exode massif - poursuit-il - mais, ce phénomène ne s'est pas produit. Au contraire, certains réfugiés irakiens ont même sollicité notre aide, après la chute du régime, pour le retour dans leur patrie. On assiste maintenant à un mouvement contraire beaucoup plus consistant que le premier».
Pouvez-vous fournir des chiffres?
Entre 250 mille et 500 mille personnes, contre 70/80 mille de la période précédant la guerre. Certains sont partis en raison du manque de sécurité, d'autres parce que liés à l'ancien régime ou au parti Baath. De nombreux intellectuels sont partis pour éviter d'être accusés de collaborer avec les américains. Je connais cinq enseignants universitaires qui vivent dans une seule pièce, ici à Damas.
Combien de cas avez-vous reçus jusqu'à présent et combien parmi eux concernent des chrétiens?
Entre décembre 2003 et août 2004, nous avons examiné 8.372 cas. Le pourcentage de chrétiens est en constante augmentation. Ces derniers temps, 50% des 200 cas que nous examinons chaque semaine concernent des chrétiens. Nombreux sont ceux, en effet, qui se sont rendus compte que le régime actuel de protection ne sert pas vraiment et ils ne viennent plus ici.
Veulent-ils obtenir le status de réfugié?
Oui, justement. Surtout en ce qui concerne les chrétiens. D'un autre côté, leur accorder le statut de réfugié signifie les encourager à partir. C'est pourquoi nous pensons qu'il est urgent de trouver une formule qui nous permette de les aider avec plus d'efficacité. La communauté internationale doit donc considérer l'instauration de la paix en Iraq comme prioritaire.
Pourquoi cette concentration en Syrie?
La Syrie, contrairement aux autres états de la région, n'a pas fermé ses frontières à l'arrivée des réfugiés. De plus, le gouvernement a fermé un œil sur la validité des permis de séjour. L'arrivée massive de réfugiés a toutefois provoqué une augmentation du prix des loyers et des produits alimentaires. Je me demande jusqu'à quand l'économie syrienne pourra soutenir cet état d'urgence.