close_menu
close-popup
image-popup

Langues disponibles:
close-popup
Paypal
Carta di credito
S’abonner
Classiques

L’imam comme preuve divine

Etudiants du Coran [© hashem / Pixabay]

Dans la collection la plus importante de hadîths chiites, la centralité absolue des imams se manifeste dans le choix de rapporter les propos attribués non seulement à Muhammad, mais aussi à ses successeurs

Cet article a été publié dans Oasis 25. Lisez le sommaire

Dernière mise à jour: 09/05/2019 14:54:05

Dans la collection la plus importante de hadîths chiites, la centralité absolue des imams se manifeste dans le choix de rapporter les propos attribués non seulement à Muhammad, mais aussi à ses successeurs. Bon nombre de ces traditions portent sur la nécessité d’un guide infaillible, inspiré par Dieu. Ce guide ne peut être le seul Coran, objet d’interprétations divergentes et conflictuelles : il faut un « Mainteneur », tout comme il faut un cœur pour les organes sensoriels.

 

La nécessité d’un Imam-Preuve

 

2. De Mansûr Ibn Hâzim[1]. Un jour, je dis à Ja‘far al-Sâdiq[2] [le sixième imam] : « Dieu est trop majestueux et trop élevé pour qu’il puisse connaître en ses créatures ; ce sont au contraire les créatures qui connaissent en Dieu ». « Tu as bien parlé ». « Mais celui qui sait qu’il a un Seigneur doit savoir aussi que ce Seigneur est soit satisfait soit irrité [des actions des hommes], et que l’on peut apprendre s’il est satisfait ou irrité uniquement à travers une révélation, c’est-à-dire un envoyé. Qui n’a pas reçu de révélation doit se mettre à la recherche des envoyés, et quand il les trouve, il connaîtra qu’ils sont la Preuve, et qu’il leur doit obéissance. [Ceci dit], j’ai demandé aux gens : ‘Vous savez que l’envoyé de Dieu a été la Preuve de Dieu pour ses créatures ?’ ‘Certes’. ‘Mais quand l’envoyé de Dieu est passé à l’autre vie, qui est resté comme Preuve de Dieu pour ses créatures ?’ ‘Le Coran’. ‘J’ai examiné le Coran, et voilà que se le disputent le murdjite et le qadarite et l’hérétique (zindîq) qui ne croit pas[3], pour prévaloir dans leurs controverses. [Face à ce spectacle] j’ai compris que le Coran ne peut être une preuve que s’il y a un Mainteneur (qayyim) qui dise uniquement la vérité sur lui. Qui est donc le Mainteneur du Coran ?’ ‘Ibn Mas‘ûd en connaissait, et ‘Umar et Hudhayfa[4]’. ‘Ils en connaissaient, ou ils le connaissaient ?’ ‘Non, ils en connaissaient’. ‘Moi, je n’ai trouvé personne dont on puisse dire qu’il connaissait entièrement le Coran si ce n’est ‘Alî. Quand une question se posait et que les autres[5] devaient avouer leur ignorance, lui, il avait toujours la réponse. Je témoigne donc que ‘Alî a été le Mainteneur du Coran, que l’obéissance lui était due, qu’il a été la Preuve pour les gens après l’envoyé de Dieu, et que tout ce qu’il a dit sur le Coran est vrai’ ». Et Ja‘far s’exclama, en approuvant : « Que Dieu ait miséricorde de toi ! ».

 

3. De Yûnus Ibn Ya‘qûb[6]. Un jour il y avait chez Ja‘far al-Sâdiq plusieurs de ses compagnons dont […] Hishâm Ibn al-Hakam[7], encore jeune à l’époque. Ja‘far lui demanda : « Pourquoi ne me racontes-tu pas comment tu as réglé ‘Amr Ibn ‘Ubayd[8], et les questions que tu lui as posées ? » « O fils de l’envoyé de Dieu, la grande révérence que je ressens pour toi me noue la langue en ta présence ». « Quand je vous ordonne une chose, faites-la ». « La nouvelle m’était parvenue de ce que faisaient ‘Amr Ibn ‘Ubayd et ses compagnons dans la mosquée de Basra. J’en avais le cœur lourd et je décidai d’aller le trouver. J’arrivai à Basra un vendredi, j’allai directement à la mosquée et je me retrouvai au milieu d’une grande foule. Au centre se tenait ‘Amr Ibn ‘Ubayd revêtu d’un double manteau – celui de dessus étant de laine grossière noire – et les gens tout autour lui posaient des questions. Je me frayai un passage parmi eux, et je m’assis sur mes genoux, au fond de la foule. Puis je lui dis : ‘O maître, je suis un étranger ; puis-je t’adresser une question ?’ ‘Oui’. ‘As-tu un œil ?’ ‘Mon fils, mais quelle demande me fais-tu donc là ? Une chose que tu vois, quel sens cela a-t-il de la demander ?’ ‘C’est ma question’. ‘Mon fils, ta question est stupide, tu n’en as pas une autre ?’. ‘Réponds-moi !’ ‘Allez, pose-moi une autre question’. ‘Je te l’ai déjà posé, as-tu un œil ?’ ‘Oui’. ‘Et qu’en fais-tu ?’ ‘Il me sert pour voir les couleurs et les figures’. ‘Et un nez, tu as un nez ?’ ‘Oui’. ‘Qu’est-ce que tu en fais ?’ ‘Il me sert pour sentir les odeurs’. ‘Et une bouche ?’ ‘Oui’. ‘Qu’est-ce que tu en fais ?’ ‘Elle me sert pour goûter la nourriture’. ‘Et une oreille ?’ ‘Oui’. ‘Qu’est-ce que tu en fais ?’ ‘Elle me sert pour entendre les sons’. ‘Et un cœur ?’ ‘Oui’. ‘Qu’est-ce que tu en fais ?’ ‘Il me sert pour discerner toutes les sensations qui arrivent de ces organes et sens’. ‘Eh bien, tu as besoin du cœur, ces organes ne te suffisent pas ?’ ‘Non’ ‘Et pourtant ils sont sains et sans défauts’. ‘Mon fils, les organes, s’ils ont un doute à propos d’une chose qu’ils ont respirée, vue, goutée ou sentie, la rapportent au cœur. De cette manière se dégage la Certitude et le Doute est annulé’. ‘Donc Dieu a établi le cœur pour résoudre les doutes des organes ?’ ‘Oui’. ‘Et sans le cœur les organes ne pourraient atteindre la Certitude ?’ ‘Exactement’. ‘Abû Marwân, le Très-Haut – qu’il soit béni – n’a pas laissé tes organes sans créer pour eux un imam qui leur confirme le vrai et qui leur apporte la Certitude sur ce qui suscite leur doute. Comment donc aurait-il laissé toutes ces créatures dans l’incertitude, dans le doute et dans la dissension sans susciter pour elles un imam à qui présenter leurs perplexités, alors qu’il a créé un imam pour tes organes à qui tu peux t’adresser quand tu es dans la confusion ?!’ ‘Amr Ibn ‘Ubayd resta muet et ne put rien répondre.

 

Puis il se tourna vers moi et me dit : ‘Tu dois être Hishâm Ibn al-Hakam !’ ‘Non’. ‘Tu es l’un de ses compagnons !’ ‘Non’. ‘D’où viens-tu alors ?’ ‘Je suis de Koufa’. ‘Alors, tu es bien lui !’ Aussitôt il m’a attiré vers lui, m’a fait asseoir à sa place et n’a plus dit un mot jusqu’à ce que je me lève pour m’en aller ». Ja‘far commenta en riant : « Hishâm, mais qui t’a enseigné ces choses ? » « Je les ai prises de toi et je les ai élaborées ». « Ceci, par Dieu, est écrit dans les ‘Feuilles d’Abraham et de Moïse’ (Cor. 87,19) ».

 

La différence entre prophète, envoyé et muhaddath

 

1. Certains de nos Compagnons […] de Zurâra[9]. Je demandai à Muhammad al-Bâqir [le cinquième imam] : « Dans la parole divine ‘et [Ismaël] fut envoyé et prophète’ (Cor. 19,54), que signifie envoyé et que signifie prophète ? » « Le prophète a des visions dans son sommeil, il entend la voix mais il ne voit pas l’ange ; l’envoyé, lui, entend la voix, il a des visions dans son sommeil et il voit l’ange ». « Et l’imam ? » « Il entend la voix mais il n’a pas de vision et ne voit pas l’ange ». Puis il récita le verset : « Et nous n’avons envoyé avant toi ni prophète, ni apôtre, ni muhaddath[10] » (Cor. 22,52).

 

Seul l’Imam est la Preuve de Dieu pour ses créatures

 

4. De Abân Ibn Taghlib[11]. Ja‘far al-Sâdiq a dit : « La Preuve existe avant les créatures, avec les créatures et après les créatures ».

 

La terre ne peut subsister sans une Preuve

 

1. Certains de nos Compagnons […] de al-Husayn Ibn Abî l-‘Alâ’. « Je demandai à Ja‘far al-Sâdiq si la terre pourrait subsister sans un imam et il répondit : ‘Non’. ‘Et deux imams pourraient-ils exister en même temps ?’ ‘Non, à moins que l’un des deux ne soit silencieux’[12].

 

3. De Kirâm[13]. Ja‘far al-Sâdiq a dit : « Si l’humanité se réduisait à deux hommes, l’un d’eux serait l’imam ». Et il ajouta : « L’imam serait celui qui meurt le dernier, afin que personne ne puisse se plaindre à Dieu d’avoir été laissé sans une Preuve divine ».

 

Connaître l’imam et s’en remettre à lui

 

7. Certains de nos Compagnons […] de Ja‘far al-Sâdiq. « Dieu n’a pas voulu que les choses soient dépourvues d’une Raison (sabab). Et il a fait pour chaque chose une Raison et pour toute Raison une Explication et pour toute Explication une Science et pour toute Science une Porte Parlante. La connaît qui la connaît et l’ignore qui l’ignore. Elle est l’envoyé de Dieu et Nous ».

 

Les imams sont la lumière de Dieu

 

1. De Abû Khâlid al-Kâbulî[14]. « J’interrogeai Muhammad al-Bâqir sur la parole divine : ‘Croyez en Dieu, en son Prophète et en la Lumière que nous avons fait descendre’ (Cor. 64,8). Et il me répondit : ‘Abû Khâlid, la lumière, par Dieu, ce sont les imams de la Famille de Muhammad, jusqu’au jour de la résurrection. Par Dieu, ils sont la lumière de Dieu descendue [dans le monde]. Par Dieu, ils sont la lumière de Dieu dans les cieux et sur la terre. Par Dieu, Abû Khâlid, la lumière de l’imam dans les cœurs des croyants est plus lumineuse que le soleil rayonnant du jour, parce que, par Dieu, ils illuminent les cœurs des croyants. Dieu cache la lumière des imams à qui il veut de sorte que leurs cœurs les mènent à la perdition. Par Dieu, Abû Khâlid, aucun serviteur ne peut nous aimer et nous jurer fidélité (walâya) sans que Dieu n’apparaisse dans son cœur. Et Dieu n’apparaît dans le cœur d’aucun serviteur tant qu’il ne nous reconnaît pas et ne se confie pas à nous. Et s’il se confie à nous, Dieu le protègera des terreurs du jugement et le mettra à l’abri des tribulations au grand jour de la résurrection’ ».

 

5. De Sâlih Ibn Sahl al-Hamdânî[15]. Ja‘far al-Sâdiq a dit [à propos du verset de la lumière, Cor. 24,35] : « Dieu est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est comparable à une niche – Fâtima – où se trouve une lampe – al-Hasan. La lampe est dans un verre – al-Husayn. Le verre est semblable à une étoile brillante – Fâtima est une étoile qui brille parmi les femmes de ce monde. Cette lampe est allumée à un arbre béni – Abraham – l’olivier qui ne provient ni de l’Orient ni de l’Occident – il n’est ni juif ni chrétien – et dont l’huile est près d’éclairer – dont la connaissance est près de déborder – sans que le feu la touche. Lumière sur lumière – imam après imam. Dieu guide vers sa lumière qui il veut – Dieu guide vers ses imams qui il veut – et Dieu propose aux hommes des paraboles ».

 

Sur l’excellence de l’imam et ses caractéristiques – chapitre précieux et tout englobant

 

Paroles prononcées par al-Ridâ [le huitième imam] dans la mosquée de Merv, un vendredi. « […] L’imamat tient la place des prophètes et est transmis en héritage par les élus. L’imamat est le califat de Dieu et de Son envoyé, c’est l’office du commandeur des croyants ‘Alî et le legs de Hasan et Husayn, l’imamat, ce sont les rênes de la religion et l’ordre des musulmans, la prospérité en ce monde et la gloire des croyants, l’imamat est la racine d’où pousse l’Islam, et sa branche la plus élevée, ce n’est qu’avec l’imam que l’on accomplit pleinement la prière, l’aumône, le jeûne, le pèlerinage et le djihad, la distribution du butin et des offrandes (sadaqât) ; c’est avec lui que l’on exécute les peines prescrites dans le Coran (al-hudûd) et les normes de la Loi, et que l’on défend les frontières et les provinces. L’imam déclare licite ce que Dieu a rendu licite et illicite ce qu’il a rendu illicite, il exécute les punitions établies par Dieu, protège la religion de Dieu, et appelle à suivre la voie de son Seigneur avec la sagesse, la bonne prédication et la Preuve éloquente. L’imam est comme le soleil naissant qui éclaire de sa lumière le monde en restant sur l’horizon, où ne l’attendent ni la main ni le regard. L’imam est la lune pleine resplendissante, la lampe lumineuse, la lumière éblouissante, l’étoile qui montre la voie au milieu des ténèbres obscures […] ».

 

Les imams sont les héritiers du savoir initiatique du Prophète, et de tous les Prophètes, et des Élus qui les ont précédés

 

4. De Durays al-Kunnâsî[16]. J’étais chez Ja‘far al-Sâdiq et Abû Basîr[17] se trouvait avec lui. Ja‘far dit : « David a hérité le Savoir des prophètes, Salomon a hérité de David, Muhammad a hérité de Salomon, et nous, nous avons hérité de Muhammad. Nous avons les Feuilles d’Abraham et les Tables de Moïse ». Abû Basîr commenta : « Cela, c’est vraiment le Savoir ! » « Non, Abû Muhammad, ce n’est pas cela, le Savoir. Le vrai Savoir, c’est ce qui est communiqué nuit et jour, de jour en jour, et d’heure en heure[18] ».

 

Seuls les imams ont recueilli le Coran dans sa totalité et le connaissent complètement

 

1. De Jâbir[19]. J’ai entendu Muhammad al-Bâqir dire : « Qui parmi les gens prétend avoir collecté tout le Coran tel qu’il est descendu est un menteur. Seul ‘Alî Ibn Abî Tâlib l’a recueilli et mémorisé sous la forme dans laquelle il est descendu du Très-Haut, et les imams après lui.

 

2. De Jâbir. Muhammad al-Bâqir a dit : « Personne sauf les élus ne peut affirmer posséder tout le Coran dans sa totalité, dans sa dimension extérieure et cachée ».

 

La portion du Nom Suprême qui a été donnée aux imams

 

1. Da Jâbir. Muhammad al-Bâqir a dit : « Le Nom Suprême de Dieu se compose de 73 lettres. Âsif[20] en possédait une seulement, et lorsqu’il la prononça, la terre qui le séparait de Bilqîs fut engloutie de manière qu’il put en saisir le trône de sa main ; puis la terre redevint comme elle était, en moins d’un clin d’œil. Nous [imams], nous possédons, du Nom Suprême, 72 lettres. La dernière lettre est auprès du Très-Haut. Et il se l’est réservée pour la science du Mystère qui est auprès de Lui. Il n’y a de force ni de puissance qu’en Dieu, le plus Haut, le Suprême ».

 

L’arme du Prophète est comme l’Arche des Israélites

 

1. De Sa‘îd al-Sammân[21]. J’ai entendu Ja‘far al-Sâdiq dire : « L’arme que nous possédons[22] est comme l’Arche au milieu des Israélites. Chez les Israélites, la famille qui trouvait l’Arche devant sa porte recevait la prophétie. [De la même manière] celui d’entre nous à qui va l’arme [du Prophète] reçoit l’imamat ».

 

Allusion et investiture[23] du Seigneur de la Demeure

 

5. De Ahmad Ibn Muhammad Ibn ‘Abd Allâh[24]. « Allusion qui sortit de la bouche de al-Hasan Ibn ‘Alî [le onzième imam] quand le maudit Zabirite[25] fut tué. ‘Telle est la récompense de qui a osé combattre Dieu dans ses Amis, de qui a osé dire qu’il allait me tuer et que je n’aurais pas de postérité. Comment a-t-il pu penser que Dieu le soutiendrait ?’ Et il généra un fils qu’il appela M.h.m.d.[26] en l’an 256 (= 869-870) ».

 

Sur l’Occultation

 

2. ‘Alî Ibn Ja‘far[27] de son frère Mûsâ al-Kâzim [le septième imam]. Celui-ci a dit : « Quand sera perdu le cinquième à partir du fils du septième, par Dieu, veillez à votre religion, que nul ne vous en détourne ! Mon fils, le Patron de cette Cause devra s’occulter jusqu’à ce que revienne de cette Cause celui qui la prêchait. C’est une épreuve de la part de Dieu par laquelle il examine ses créatures. Si vos pères et vos ancêtres avaient connu une religion plus vraie que celle-ci, ils y auraient adhéré ». Je lui demandai : « Seigneur, qui est le cinquième à partir du fils du septième ? » « Mon Fils, répondit-il, vos esprits sont trop petits pour accueillir ce savoir et vos intellects ne peuvent le supporter. Mais si vous vivez, vous le comprendrez ».

 

3. De al-Mufaddal Ibn ‘Umar[28]. « J’ai entendu Ja‘far al-Sâdiq dire : ‘Gardez-vous bien de divulguer ouvertement ces choses, mais, par Dieu, votre imam s’absentera pour quelques années de votre temps et vous serez mis à l’épreuve tant que l’on dira : ‘Il est mort, il a été tué, il est fini, où a-t-il donc disparu ?’ Les yeux des croyants en seront privés, et ils seront ballottés comme des navires au milieu des vagues de la mer. Seuls se sauveront ceux avec qui Dieu aura conclu son Pacte, ceux dont il aura écrit la foi dans le fond du cœur, et qu’il aura soutenus avec un Esprit provenant de Lui. Alors se lèveront douze étendards semblables les uns aux autres, impossibles à distinguer entre eux’. J’éclatai en sanglots et je dis : ‘Comment ferons-nous ?’ Alors Ja‘far fixa un rayon de soleil qui entrait à travers le portique et dit : ‘Abû ‘Abd Allâh, tu le vois, ce soleil ?’ ‘Oui’. ‘Par Dieu, notre Cause est plus claire que ce soleil’ ».

 

Qui meurt sans un imam...

 

1. De al-Fadîl Ibn Yasâr[29]. Un jour, nous allâmes trouver Ja‘far al-Sâdiq et celui-ci, prévenant notre question,[30] nous dit : « L’envoyé de Dieu a affirmé que qui meurt sans un imam meurt d’une mort païenne ». « C’est ainsi qu’a parlé l’envoyé de Dieu ? » « Par Dieu, vraiment ainsi ! » « Et donc quiconque meurt sans un imam meurt d’une mort païenne ? » « Oui ».

 

Que le parler des imams est ardu et difficile

 

1. De Jâbir. Muhammad al-Bâqir a dit : « L’envoyé de Dieu a affirmé que le parler de la Famille de Muhammad est ardu et difficile ; n’y croit qu’un ange chérubin[31] ou un prophète envoyé ou un serviteur dont Dieu a éprouvé le cœur pour la foi. Ces paroles (hadîth) de la Famille de Muhammad qui sont arrivées jusqu’à vous et vers lesquelles inclinent vos cœurs, et qui vous sont bien connues, accueillez-les. Les paroles au contraire qui font naître la terreur dans votre cœur, et que vous voudriez nier, rapportez-les à Dieu et à son envoyé et au sage initié (al-‘âlim) de la Famille de Muhammad. Malheur si l’un de vous, recevant une parole qu’il ne parvient pas à supporter, disait : ‘Par Dieu, cela ne peut être ; par Dieu, cela ne peut être’. Car la négation est mécréance ».

 

Extraits tirés de al-Kulaynî, Al-Usûl min al-kâfî, éd. ‘Alî Akbar al-Ghaffârî, 1ère partie, Dâr al-kutub al-islâmiyya Morteza Akhwandi, Tehran 1388h (= 1968 apr. J-.C.), kitâb al-hujja, pp. 168-401 passim. Les chiffres au début des paragraphes se réfèrent au numéro du hadîth dans l’édition arabe.

 

(trad. Martino Diez)

 

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité les auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position de la Fondation Internationale Oasis

[1] Disciple du sixième imam, traditionniste et expert en droit, originaire de Koufa, mort après 765.

[2] Dans les hadîths chiites, les imams sont toujours appelés par leur teknonymique, à l’occurrence Abû ‘Abd Allâh. Dans la traduction, nous avons rétabli par commodité les noms propres.

[3] Noms d’écoles de théologie des premiers siècles de l’Islam. Les murdjites soutenaient la nécessité de renvoyer tout jugement sur le pécheur à la fin du monde, les qadarites étaient partisans du libre arbitre et le terme zindîq, qui désignait à l’origine les manichéens, fut rapidement destiné à désigner tous les hérétiques.

[4] Il s’agit de trois célèbres Compagnons de Muhammad. On doit à Ibn Mas‘ûd (m. 652) une recension du Coran ; ‘Umar est le second calife (634-644) ; Hudhayfa (m. 656) fut l’un des artisans de la conquête de la Perse.

[5] L’expression vise Ibn Mas‘ûd, ‘Umar e Hudhayfa à peine cités.

[6] Disciple de Ja‘far al-Sâdiq, il fut lieutenant (wakîl) du septième imam Mûsâ al-Kâzim.

[7] Mort vers 795, ce fut l’un des principaux disciples du sixième imam, mais, accusé d’anthropomorphisme, il fut renié par celui-ci. Cf. Mohammad Ali Amir-Moezzi, Le guide divin dans le shî‘isme originel, Verdier, Lagrasse 2007 (nouvelle édition), pp. 139-140.

[8] L’un des premiers théologiens mu‘tazilites, disciple de Hasan al-Basrî, mort en 761. De tendance ascétique (comme le montre le détail du manteau de laine grossière dans lequel il était enveloppé), il maintint une position de neutralité dans la lutte entre le calife abbasside al-Mansûr (m. 775) et le prétendant alide Muhammad al-Nafs al-Zakiyya (m. 762).

[9] Zurâra Ibn A‘yan, mort en 767, autre disciple de Ja‘far al-Sâdiq, est considéré par les chiites l’une des autorités les plus fiables en fait de hadîth.

[10] Le muhaddath est celui à qui est adressée une Parole céleste (hadîth), c’est-à-dire justement l’imam. Cf. Moezzi, Guide divin, p. 176. L’expression « ni muhaddath » ne se trouve pas dans la recension ordinaire du Coran.

[11] Disciple du quatrième, du cinquième et du sixième imam, autorité dans le domaine de la récitation et de l’exégèse coranique, il est considéré comme fiable même par les sunnites. Il est mort en 758.

[12] L’imam silencieux désigne le successeur de l’imam tandis que ce dernier est encore en vie.

[13] Surnom du traditionniste ‘Abd al-Karîm Ibn ‘Amr Ibn Sâlih al-Khath‘amî, originaire de Koufa, figure de second plan.

[14] Connu sous le surnom de Kankar, originaire de Kaboul, et disciple du quatrième imam dont il fut un compagnon intime.

[15] Originaire de Koufa, disciple de Ja‘far al-Sâdiq, il est considéré comme un extrémiste et soupçonné d’avoir diffusé de faux hadîths.

[16] Durays Ibn ‘Abd al-Malik, transmetteur secondaire.

[17] Il y a trois disciples de Ja‘far al-Sâdiq qui portent ce surnom (cf. Moezzi, Guide divin, pp. 86-87, note 182). Mais ici il s’agit de Abû Basîr al-Asadî, qui portait comme teknonymique Abû Muhammad, et qui est un transmetteur renommé.

[18] L’expression n’est pas claire. Voici la paraphrase suggérée par Fayd Kashânî (mystique et philosophe, m. 1680) : « Le Savoir n’est pas ce qui s’obtient en écoutant un maître ou en étudiant les livres et en les mémorisant, parce que c’est là une imitation aveugle (taqlîd). Le Savoir est ce qui se déverse de Dieu dans le cœur du croyant jour après jour et d’heure en heure, et qui dévoile les réalités qui confèrent repos à l’âme, soulagement à la poitrine et lumière au cœur, et dont le Sage acquiert la certitude comme s’il les voyait de ses propres yeux ».

[19] Jâbir Ibn Hayyân (mort vers 815) est une figure de premier plan dans la tradition scientifique islamique. Chimiste, alchimiste et occultiste, il fut disciple de Ja‘far al-Sâdiq. On lui attribue un très vaste corpus.

[20] Ministre du roi Salomon. La tradition islamique, partant de Cor. 27,40, en fait un mage capable de transporter en un clin d’œil le trône de Bilqîs, la reine de Saba, à la cour de Salomon.

[21] Sa‘îd Ibn ‘Abd al-Rahmân al-A‘raj al-Sammân, originaire de Koufa.

[22] Il s’agit de la fameuse épée à deux pointes (Dhû l-faqâr) que Muhammad donna à ‘Alî. Moezzi, Guide divin, p. 233.

[23] Nass signifie « investiture écrite » de l’imam, cf. Moezzi, Guide divin, p. 189. Le Seigneur de la Demeure est l’imam attendu à la fin du monde.

[24] Je ne suis pas parvenu à identifier ce transmetteur.

[25] Il s’agit peut-être d’un descendant du Compagnon al-Zubayr (m. 656) qui aurait menacé le onzième imam, ou plus probablement d’une allusion voilée au calife abbasside al-Muhtadî (869-870). Dans ce cas, on devrait lire az-Zabîrî avec le sens de « catastrophique ».

[26] Les lettres sont écrites séparément dans le texte arabe à cause de l’interdiction de prononcer le nom de l’imam attendu.

[27] Connu comme ‘Alî al-‘Uraydî, fils cadet de Ja‘far al-Sâdiq, il mourut vers 825. Il est cité également par des auteurs sunnites dont al-Tirmidhî.

[28] Disciple très charismatique de Ja‘far al-Sâdiq, soupçonné d’avoir adhéré à la secte extrémiste des Khattâbiyya, qui prônait l’abolition de la charia pour les initiés.

[29] Originaire de Basra et intime de Ja‘far al-Sâdiq.

[30] Le verbe ibtada’ (litt. « commencer ») indique dans le lexique technique chiite la capacité de l’imam à lire dans les pensées de ses fidèles. Cf. Moezzi, Guide divin, p. 234, note 488.

[31] Muqarrab, litt. « approché » [à Dieu]. Mais l’expression coranique semble conserver une assonance avec l’hébreu chérubin. D’où notre traduction.

Pour citer cet article

 

Référence papier:

Textes de al-Kulaynî, « L’imam comme preuve divine », Oasis, année XIII, n. 25, juillet 2017, pp. 92-99.

 

Référence électronique:

Textes de al-Kulaynî, « L’imam comme preuve divine », Oasis [En ligne], mis en ligne le 29 août 2018, URL: https://www.oasiscenter.eu/fr/limam-comme-preuve-divine.

Inscrivez-vous à notre newsletter

Pour obtenir des informations et des analyses, abonnez-vous à notre revue semestrielle