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Religion et société

Multiculturalisme adieu/2: le témoignage

 

 

Auteur: Aa. Vv.

 

Titre: All’origine della diversità. Le sfide del multiculturalismo

 

Éditeur: Guerini e associati / Fondazione per la Sussidiarietà, Milano 2008

 

 

 

 

Le multiculturalisme, on le sait, est un des thèmes les plus gigantesques et complexes de notre époque. Il détermine des politiques nationales (Canada, états-Unis, Grande-Bretagne du reste à bout de force), des systèmes sociaux et des cultures de masse.

 

 

Pendant longtemps, la parole multiculturalisme a désigné un principe idéal, la valeur de la reconnaissance égalitaire d’une diversité collectivement exprimée et vécue et les choix politiques, législatifs, institutionnels qui en découlent. Connoté idéologiquement comme la nouvelle frontière positive de la pensée mondiale et des décisions politiques, le multiculturalisme a assumé de lourdes responsa bilités à l’intérieur de la plus grande vague relativiste : étant donné que des critères de vérité -n’existent pas, rien ne peut être soumis à un jugement; et attention à parler d’échelles de valeurs.

 

 

Dans les dernières années, une signification purement dénotative a poursuivi son chemin : on prend simplement acte de l’existence de tant de cultures et d’identités différentes et le multiculturalisme indique plus que tout un état de fait, et aussi certainement une question à résoudre. Dans l’ouvrage très riche À l’origine de la diversité. Les défis du multiculturalisme, le terme est utilisé variablement dans les deux sens principaux et dans les deux cas, il ne manque pas d’intérêt et de suggestions critiques. édité par Javier Prades, (théologien, professeur à San Damaso à Madrid) dans la collection de textes de la Fondation pour la Subsidiarité, le livre recueille des essais variés, articulés en trois sections : Ordonner la cohabitation qui étudie les questions relatives au droit et aux normes ; Comprendre la diversité, où sont rassemblées les contributions de caractère philosophique et de théorie culturelle ; Reconnaître Dieu comme fondement commun dans lequel est mis en lumière l’apport de la foi et en particulier de la foi chrétienne en rapport aux thèmes de la condition et des relations humaines. Ouvrage très riche car chacune des nombreuses contributions propose une élaboration originale et un stimulus à approfondir ulté¬rieurement la réflexion, parfois dans l’ouvrage même, chose qui en fait un instrument d’une rare efficacité. Il est facile de découvrir que les thèmes sous-jacents ou impliqués dans les interventions de caractère juridique trouvent leur accomplissement dans la section suivante ou que des analyses de cas particuliers (par exemple, la brillante réflexion proposée par John Milbank sur le thème de l’applicabilité de la sharî‘a en Grande-Bretagne, comme l’évaluation théologique de la diversité américaine par Stanley Hauerwas) suggèrent des renvois à des essais d’autres parties du volume. Ainsi ce recueil de textes variés (dans lequel apparaissent différents auteurs connus des lecteurs d’« Oasis », in primis le curateur lui-même), acquiert une cohérence qui lui est propre. Le lecteur feuillettera une sorte d’atlas des thèmes surgis de la globalisation multiculturelle, et disposera d’une carte pour s’orienter dans la grande question posée par le monde contemporain : que se passe-t-il quand des identités différentes se rencontrent (et s’affrontent) ? Et qu’en est-il des hommes qui incarnent de telles identités ? (et de ce passage : qu’est-ce que l’identité ? une plate-forme délimitée ou une maison sans portes ?).

 

 

Dans l’organisation de cet ouvrage, Prades part justement de ce « fait » incontestable, et qui concerne en particulier l’Europe, pour indiquer l’horizon de l’œuvre : « L’interprétation juridique, philosophique et théologique de ce fait est plus que jamais nécessaire pour favoriser une cohabitation pacifique ». Travail interprétatif cousu d’un fil ¬rouge qui lie et soutient les interventions, en laissant transparaître ce que Prades décrit comme une « commune perception de l’intangible dignité de l’homme, de la société comme lieu de rencontre

 

possible entre les hommes et Dieu comme facteur décisif pour l’humanisation des rapports personnels et sociaux ». Dans ce sens, l’ouvrage a aussi une valeur historique : pour la première fois, des chercheurs de différentes disciplines s’aventurent ensemble dans l’interprétation du multiculturalisme à partir de cette « perception ». Il s’agit donc d’un effort culturel empli de nouveautés et chargé de promesses, parce que collectif et parce qu’il se déroule non sur le plan neutre et aseptisé de l’académie mais sur -celui passionné et passionnant du témoignage. Qui est d’ailleurs le thème de la contribution de Prades et de la préface du cardinal Scola.

 

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