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Religion et société

Nous ne cherchons pas le martyre, mais le sens plein de la vie chrétienne

Entrevue avec S. E. Shlomo Warduni, évêque auxiliaire de Bagdad, aux soins de Maria Laura Conte

 

 

On parle d’attaques systématiques contre les églises chrétiennes. Que signifie aujourd’hui être chrétiens à Bagdad ?

 

 

Témoigner la foi chrétienne pour moi, aujourd’hui, ici à Bagdad, a une signification logique et naturelle : qui suit le Christ doit simplement faire comme lui, qui nous a dit : « vous serez mes témoins à travers le monde », et donc partager son amour pour nous tous. Partout où nous nous trouvons, quoique nous fassions, se nous suivons le Christ, nous devons vivre comme le Christ : nous devons être un autre Christ dans ce monde. De façon que les hommes, voyant nos actes, puissent glorifier le Père qui est aux Cieux. Nous, nous faisons seulement ce que le Christ a dit et a commandé.

 

 

Il reste qu’à Bagdad quand les églises chrétiennes sont sitématiquement assaillies et que se poursuivent les enlèvements de chrétiens, ce que vous définissez « simple et logique » apparaît très risqué.

 

Il suffit de vivre naturellement ce que le Seigneur nous a indiqué. Les chrétiens savent que cela est la vraie vie à vivre : être fidèles à Dieu, aimer tous, sans intérêts et aimer en premier, aimer nos ennemis aussi, ceux qui nous détestent. Quand les autres voient cela, ils sont étonnés et restent stupéfaits et surpris même s’ils ne partagent pas notre foi et nos principes.

 

En outre, nous devons rappeler que les chrétiens ne sont pas les seuls à être en danger ici, mais tous les iraquiens le sont. Il est certain que les difficultés existent , certains ne nous veulent pas ici, mais en général nous vivons et nous poursuivons notre chemin avec la certitude que Dieu nous a conférée, en jésus, qui sera avec nous jusqu’à la fin du monde ; il nous a répété et nous répète encore « N’ayez crainte ».

 

 

Témoigner sans crainte, jusqu’au martyre même...

 

 

Témoigner n’est pas chercher le martyre, mais s’insérer dans l’histoire et la tradition chrétienne qui, toujours, à toute époque, a affronté des difficultés.

 

Ici chez nous ces jours-ci, nous ne pouvons le nier, plus de courage est nécessaire. Le matin en sortant de la maison, je suis conscient du fait que je pourrai tomber sur un kamikaze, une voiture piégée, un enlèvement…et pour cela je répéter chaque jour la prière : « Seigneur, je remets ma vie entre tes mains». Mis par la suite, nous sommes actifs, nous sommes allés sans aucune hésitation, visiter les églises assaillies récemment, Si le monde d’aujourd’hui est férocement contre Dieu, la foi et les chrétiens, d’autant plus que nous sommes appelés à témoigner le Christ est notre premier devoir pour le simple fait que nous nous qualifions de chrétiens.

 

Nous cherchons à aller de l’avant, en nous attachant à notre foi et au Christ qui nous a sauvés.

 

Et puis s’il arrive de mourir pour cela, alors nous serons bienheureux. Parce que l’élève doit être comme son maître, et le notre a été suspendu à la croix

 

 

Comment s‘est passé cette année le carême de Ninive?

 

 

Différemment des autres années: quelques églises se sont remplies, d’autres non, un peu pace que beaucoup ont émigré, d’autres ont été éloignés avec la force, d’autres encore ont été découragés par le froid extraordinaire de cet hiver et le manque de chauffage dans beaucoup de nos lieux de culte dépourvu du gazole nécessaire.

 

Mais, au delà de toutes ces difficultés matérielles, dans toutes les élises nous avons prié et fait carême en particulier pour la paix, pour que le seigneur donne la grâce à tous ceux qui causent la violence pour qu’ils puissent finalement voir ce qui est le bien pour tous les iraquien et pour notre pays. Nous, nous disons que la prière monte au Ciel et quand elle redescend elle porte avec elle la pluie de la miséricorde de Dieu.

 

Que demandez-vous aux chrétiens de l’Occident ?

 

 

Je demande qu’ils ne nous oublient pas, et qu’ils continuent à prier pour la paix, parce que cette guerre n’est pas en train de détruire les chrétiens seulement, mais tous les iraquiens.

 

Nous savons que nombreux sont ceux qui s’unissent au pape, aux cardinaux et évêques pour crier au monde entier que l’Iraq est blessé, que nous devons le soigner, que nous devons nous sentir tous responsables

 

Ici nous avons vécu pour des siècles les uns à coté des autres, chrétiens et musulmans, mais les fondamentalistes, qui existent partout, ont fait sauter l’équilibre et l’harmonie.

 

Mais nous voulons changer un tel regard sur ces ennemis et transformer la haine en amour. Alors insistons, nous ne nous rendons pas, semons l’amitié pour réussir à récolter très vite une paix nouvelle.

 

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