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Religion et société

Revivifier la démocratie pour répondre à la violence

Les incompréhensions entre musulmans et non-musulmans dérivent du fait que nous nous trouvons devant une « rencontre complexe » de civilisations, dans laquelle les individus véhiculent des conceptions différentes de l’histoire et du monde, du religieux et du politique, de l’espace public. Il est urgent de renégocier un vivre ensemble où chacun consent à concéder quelque chose en faveur d’une collectivité renouvelée, qui tienne compte des nouveaux pluralismes et de la nécessité d’un nouveau sens d’appartenance.

[L'article est contenu dans Oasis n. 24. Pour en lire tous les contenus vous pouvez acquérir une copie ou vous abonner]

 

 

Les sociétés européennes connaissent une « pluralisation » culturelle et religieuse accrue de leurs populations et de leurs territoires mais aussi une « multiculturalisation » croissante des religions qui y sont présentes, qui s’ancrent dans des répertoires de sens très diversifiés. Les récentes et importantes vagues de migrants accroissent encore cette diversité et engendrent des questionnements voire des anxiétés auprès de pans non négligeables de la population notamment en proie à d’autres incertitudes liées à d’importants effets de la globalisation : la crise économique et financière de 2008, les restructurations du monde du travail, les défis écologiques, la crise de légitimité du politique dans des sociétés désenchantées sans oublier les tensions géopolitiques internationales et l’impact puissant d’actes terroristes qui visent à déstabiliser nos sociétés. Ces derniers alimentent désormais une grande partie des contenus des médias et aspirent d’importantes ressources financières des États pour tenter d’assurer la sécurité des populations et d’endiguer le radicalisme de jeunes. Pour beaucoup de nos concitoyens, le futur semble de plus en plus incertain.

 

 

Une effervescence incontestable

 

 

Au cœur de ces sociétés, des pratiques et des discours religieux suscitent des inquiétudes, même si certaines personnes évitent d’en débattre par gêne ou même par peur de susciter des réactions négatives, y compris de leurs proches. La visibilisation accrue de signes religieux, islamiques en particulier, le maintien de liens transnationaux divers ainsi que certaines revendications issues de minorités, religieuses ou non, interrogent ou déstabilisent parfois les certitudes. Que l’on pense notamment aux débats relatifs à la liberté d’expression et à la liberté religieuse, et plus largement aux conceptions variées de la démocratie, des droits de l’homme et du respect de l’égalité de traitement des uns et des autres. Il y a également les tensions liées à tout ce qui est perçu comme une remise en question de l’autonomisation du politique et du droit par la religion, aux interrogations relatives à la loyauté de binationaux vis-à-vis des États européens, aux polémiques qui se rapportent aux règles concrètes qu’il s’agirait de promouvoir pour assurer le caractère laïc des institutions publiques. Des tensions sont aussi suscitées par des questions relatives à des pratiques alimentaires et vestimentaires mais aussi aux rapports de genre et à la mixité, parfois perçus comme autant de contestations des modalités courantes de socialisation de base, la dernière polémique en date étant celle de l’interdiction du burkini sur des plages françaises dans l’été 2016.

 

 

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