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Classiques

L’itinéraire mystique d’une amie de Dieu

‘Â’isha al-Bâ‘ûniyya a composé un bref traité sur le cheminement mystique qui conduit à l’anéantissement morale et ontologique du moi

Cet article a été publié dans Oasis 30. Lisez le sommaire

Dernière mise à jour: 15/01/2021 10:34:49

Cet article est l'introduction à Dans l’incendie de l’amour divin

 

On parle de la femme dans l’Islam et la pensée va aussitôt à la littérature mystique, exclues pour leur caractère exceptionnel Marie mère de Jésus et les femmes et filles de Muhammad. C’est en effet dans le contexte sufi que se sont épanouies plusieurs figures féminines d’envergure, à commencer par l’ascète Râbi‘a al-‘Adawiyya (713-801), dont les dits continuent de jouir d’un grand succès[1]. Mais si Râbi‘a constitue un cas exceptionnel en raison de son choix du célibat, extrêmement rare dans l’Islam, ‘Â’isha al-Bâ‘ûniyya, la mystique et poétesse dont nous avons tiré le classique de ce numéro, est une figure plus « normale ». Et donc plus représentative d’une trajectoire possible dans la société islamique classique, au moins dans les classes plus élevées[2].

 

Née à Damas dans la seconde moitié du XVe siècle, elle appartenait à une famille éminente. Son père, juge chef de la métropole syrienne sous les derniers mamelouks, lui assura une instruction soignée : à l’âge de huit ans, ‘Â’isha savait déjà par cœur tout le Coran. S’étant rendue en pèlerinage à la Mecque avec sa famille, la jeune fille eut une vision du Prophète de l’Islam. Cette expérience l’orienta vers le soufisme, au sein d’une branche de la confrérie Qâdiriyya à laquelle sa famille était très liée.

 

À une date non précisée, ‘Â’isha épousa Ibn Naqîb al-Ashraf, membre d’une autre famille damascène de premier plan. De leur mariage naquirent au moins une fille et un fils. Demeurée veuve, en 1513 ‘Â’isha se rendit au Caire, capitale du sultanat mamelouk, en quête d’un poste pour son fils dans l’administration publique. Pendant le voyage, elle fut dévalisée par des pilleurs qui la laissèrent dans une misère totale. Dans cette circonstance difficile, elle fut secourue par un ami de la famille, Ibn Ajâ, qui, grâce à son statut de ministre et confident du sultan al-Ghawrî, réussit à faire embaucher le fils d’‘Â’isha à la chancellerie. Après avoir passé trois ans au Caire, la mère et le fils reprirent le chemin de la Syrie, accompagnant leur patron à Alep, où le sultan se préparait à la guerre contre les Ottomans. Al-Ghawrî accorda une audience personnelle à la femme, inquiet peut-être à la pensée du conflit militaire imminent dans lequel il allait en effet perdre la vie ; à l’issue du colloque, ‘Â’isha rentra à Damas où elle mourut peu après, en 1517.

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Pour citer cet article

 

Référence papier:

Martino Diez, « L’itinéraire mystique d’une amie de Dieu », Oasis, année XV, n. 30, décembre 2019, pp. 102-104.

 

Référence électronique:

Martino Diez, « L’itinéraire mystique d’une amie de Dieu », Oasis [En ligne], mis en ligne le 14 janvier 2020, URL: https://www.oasiscenter.eu/fr/itineraire-mystique-soufi-aisha-al-bauniyya