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Religion et société

Prédicatrices au service de la raison d’État

Un groupe de femmes à La Mecque [Shutterstock]

Les femmes actives dans le domaine religieux en Arabie Saoudite sont libres de prêcher dans les limites de la doctrine wahhabite, à condition de ne pas perturber l'équilibre social

Cet article a été publié dans Oasis 30. Lisez le sommaire

Dernière mise à jour: 29/03/2021 11:02:33

En Arabie Saoudite, les femmes sont traditionnellement exclues de la sphère publique. Mais certaines d’entre elles ont su exploiter à leur avantage la ségrégation des sexes pour assumer des positions de leadership religieux. Actives depuis les années 1990, les prédicatrices ont acquis une plus grande visibilité avec la diffusion des technologies modernes. Mais leur rôle demeure ambigu parce que, tout en garantissant une présence féminine dans l’espace public, elles se font les porte-paroles de l’establishment wahhabite.

 

Dans l’Islam, l’autorité religieuse est traditionnellement une prérogative masculine. Ce phénomène est particulièrement marqué dans les sociétés à plus grande connotation patriarcale, comme dans le cas de l’Arabie Saoudite où, historiquement, les femmes se sont vues exclure de l’espace public religieux, politique et social. Dans ce cas spécifique, les raisons de cette exclusion sont à attribuer à l’influence de la doctrine wahhabite, qui établit de façon assez nette les rôles de genre et qui fonde la ségrégation des sexes à partir d’une interprétation très rigide de la notion de ‘awra ou « zone de la modestie »[i].

 

Tout le corps de la femme est ‘awra et, selon certaines interprétations, la voix féminine le serait aussi. Mais pour certains chercheurs, les impositions de la doctrine wahhabite ne suffisent pas à expliquer l’absence de protagonistes féminines dans l’espace public : il faudrait en revanche considérer le binôme politique-religion qui a contribué à la naissance d’un nationalisme religieux, c’est-à-dire d’« une tradition religieuse politisée qui sert de cadre de référence pour construire une nation homogène à partir d’une société arabe fragmentée, diverse et plurielle »[ii]. Mais ces limitations n’ont pas empêché les femmes saoudiennes de se créer des espaces et des opportunités de leadership religieux. L’Arabie Saoudite aussi, comme d’autres pays arabes, a en effet connu, à partir des années 1990, le phénomène des prédicatrices religieuses (dâ‘iyât), un effet du processus de scolarisation féminine initié dans les années 1970.

 

De l’école à la Toile

 

Le début de la scolarisation féminine en Arabie Saoudite reste une question controversée. Certains en attribuent le mérite au roi Faysal, d’autres à son frère, le roi Saoud. Ce qui est sûr, c’est qu’en 1960 un décret royal attribué au roi Saoud établissait l’ouverture de la première école pour filles :

 

En concertation avec l’establishment religieux, nous ordonnons de fonder des écoles pour instruire les filles dans les matières religieuses (Coran, doctrine et fiqh) et dans d’autres sciences acceptées par notre tradition religieuse, comme la gestion de la maison et l’éducation des enfants. Nous avons ordonné que soit instituée une commission, hay’a, formée d’oulémas de haut rang, gardiens jaloux de la religion, chargés de veiller sur cette question sous la direction du cheikh Muhammad Ibn Ibrahim[iii].

 

À l’époque, ce décret fit beaucoup de bruit, surtout dans certaines villes de la région du Nadjd. En signe de protestation, les notables de la ville de Burayda organisèrent une marche sur Riyad, qui se conclut avec l’assurance donnée par le roi Faysal que personne ne serait obligé d’envoyer ses filles à l’école. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces protestations n’étaient pas tant dictées par le conservatisme pour lequel est connue la région centrale d’Arabie Saoudite, que par la méfiance vis-à-vis du système éducatif qui devait supplanter le système traditionnel. En effet, dans les nouvelles écoles, il était prévu que viennent enseigner des professeurs arabes « importés », à la place des oulémas et des mutawwi‘a locaux, c’est-à-dire les personnes chargées de faire observer les préceptes religieux. D’un côté les notables religieux autochtones craignaient de perdre leurs prérogatives, de l’autre ils regardaient avec suspicion les nouveaux arrivés, redoutant qu’ils puissent corrompre la pureté de l’enseignement traditionnel wahhabite. Les écoles féminines étaient considérées comme particulièrement vulnérables et donc davantage exposées au risque de contamination. L’enjeu était le maintien du contrôle patriarcal sur les jeunes femmes.

 

La situation éducative connut une nouvelle évolution entre les années 1970 et 1980, lorsque toutes les universités islamiques du Royaume commencèrent à ouvrir des sections féminines avec pour conséquence l’augmentation, en quelques années, du nombre de jeunes filles formées en sciences religieuses. Initialement, ces institutions furent organisées et gérées par les Frères musulmans égyptiens et syriens émigrés dans le Royaume à cause des persécutions dont ils étaient victimes dans leurs pays, en collaboration avec l’establishment salafiste. Les oulémas wahhabites veillaient sur les programmes de doctrine, tandis que les Frères étaient assignés à l’enseignement du savoir islamique moderne. C’est précisément dans ce contexte que se formèrent les premières prédicatrices. À partir des années 1990, les lieux de formation féminine connurent un nouveau développement avec la naissance des centres de mémorisation du Coran uniquement pour femmes, financés par le Ministère des Affaires religieuses, et l’ouverture des sections féminines de certaines organisations, dont l’Association mondiale des jeunes musulmans, liée à la Ligue islamique mondiale.

 

L’année 1999 marque une nouvelle étape : c’est le moment où l’Arabie Saoudite permet à ses citoyens l’accès à Internet. La diffusion des technologies modernes a indéniablement joué un rôle essentiel dans le développement des activités religieuses féminines. Internet devient la voie la plus simple pour entrer en contact avec d’autres femmes, créer des espaces de débat libre et contourner l’obstacle de la ségrégation des sexes, permettant à l’univers féminin et à l’univers masculin d’interagir plus facilement. C’est pourquoi, au cours des vingt dernières années, la participation des femmes à la sphère religieuse a peu à peu augmenté et les prédicatrices ont acquis de plus en plus de visibilité.

 

Aujourd’hui, les protagonistes de la prédication religieuse en Arabie Saoudite sont professeures affirmées dans l’enseignement des sciences islamiques à la Princess Nourah University de Riyad – une université uniquement pour femmes, fondée en 1970 –, enseignantes dans les centres de mémorisation du Coran, éditorialistes des plus importants journaux nationaux saoudiens (Saudi Gazette, al-Madina, Arab News, Okaz) ; mais elles sont aussi blogueuses et utilisatrices assidues des réseaux sociaux avec des milliers de followers, comme dans le cas de Nawwâl al-‘Ȋd, prédicatrice ayant plus de 4 millions et demi de followers sur Twitter et de Ruqayya al-Muhârib qui a presque deux millions de followers.

 

Les prédicatrices intellectuelles

 

Du point de vue idéologique, il est assez difficile de situer les prédicatrices saoudiennes parce que, d’un côté, les études sur le sujet en sont encore au début, de l’autre le débat en Arabie Saoudite sur le rôle des femmes dans la société a fini par élaborer des catégories dans lesquelles les intéressées directes ne se reconnaissent pas et qui sont, la plupart du temps, utilisées par leurs détractrices pour diffamer leurs rivales. En 2014, par exemple, Nawwâl al-‘Ȋd a précisément menacé de recourir aux voies légales contre ceux qui l’accusaient de faire partie du mouvement ikhwânî, l’associant par là-même aux Frères musulmans[iv]. Toutefois, en général, les prédicatrices mentionnées précédemment se situent dans le sillage de la tradition wahhabite, soutiennent le système de gouvernement du Royaume et n’entendent pas défier l’autorité religieuse masculine, mais elles contribuent à perpétuer les interprétations traditionnelles de l’Islam. Dans la littérature académique, elles sont définies comme « dâ‘iyât muthaqqafât »[v] ou prédicatrices intellectuelles, en référence à leur formation universitaire.

 

Ces femmes se situent à mi-chemin entre le domaine religieux et le domaine intellectuel, elles ont toutes obtenu un doctorat et la plupart d’entre elles enseignent aujourd’hui à l’université. Outre leurs engagements institutionnels, elles se consacrent surtout à la da‘wa dans la société féminine, animent les cercles d’étude du Coran et, dans certains cas, gèrent leurs propres centres religieux/intellectuels. Un de ces centres est Ithra’ al-Ma‘rifa, fondation pieuse (waqf) ouverte en 2012 à Riyad par Nawwâl al-‘Ȋd. Comme on peut le lire sur la page Twitter officielle de la fondation[vi], celle-ci propose des programmes destinés à favoriser le progrès culturel et social des femmes ainsi que des cours pour la mémorisation du Coran et la conservation de l’héritage du Prophète.

 

La participation des prédicatrices à la vie publique trouve sa justification dans la notion de ihtisâb, qui renvoie au principe salafiste d’« ordonner le bien et interdire le mal » (al-amr bi-l-ma‘rûf wa-l-nahy ‘an al-munkar), et dans celle de da‘wa, c’est-à-dire la prédication. À ce sujet, il est intéressant de noter que ces prédicatrices font souvent référence à des représentants de l’Islam ultrarigoriste comme Muhammad bin Sâlih al-‘Uthaymîn (m. 2001) et Ibn Bâz (m. 1999), grand mufti d’Arabie Saoudite de 1993 à 1999. Le site web Lahâ Online, créé par la prédicatrice al-Muhârib, rapporte un extrait de Le rôle de la femme dans la réforme de la société[vii], un bouquin d’à peine plus de 60 pages écrit par al-‘Uthaymîn. Sa thèse de fond affirme que, pour réformer la société, il est nécessaire d’intervenir à deux niveaux : le niveau manifeste, qui concerne la vie publique des personnes dans la mosquée, dans les souks et dans les autres lieux sociaux où les hommes peuvent davantage avoir une influence ; et le niveau caché entre les murs de la maison, où c’est la femme, en revanche, qui excelle, comme le rappellerait le Coran : « Restez dans vos maisons, ne vous montrez pas dans vos atours comme le faisaient les femmes au temps de l’ancienne ignorance » (Cor. 33,33).

 

Les femmes, explique l’auteur, ont le pouvoir de réformer la moitié de la société. En termes numériques, en effet, elles constituent la moitié, sinon plus, de la collectivité, outre le fait que les enfants passent les premières années de leur vie dans les bras de leur mère. Pour pouvoir remplir cette tâche, les femmes doivent posséder certaines qualités telles que l’intégrité (al-salâh), la clarté et l’éloquence (al-bayân wa-l fasâha), la sagesse (al-hikma) et la bonne éducation (husn al-tarbiya). L’intégrité est étroitement liée à l’acquisition du savoir, en particulier celui de la charia (‘ilm shar‘î), que l’on peut obtenir à travers les livres ou les oulémas, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes. Cette dernière affirmation est particulièrement intéressante parce qu’elle sous-entend la possibilité, pour les femmes aussi, d’obtenir la qualification de ‘âlim, savant, traditionnellement réservée aux hommes. Les femmes, explique al-‘Uthaymîn, doivent être un bon exemple pour leurs enfants et leur donner une éducation fondée sur l’éthique islamique de sorte qu’eux aussi, une fois adultes, puissent influencer de manière significative la réforme de la société.

 

Le fait que les femmes puissent avoir un rôle actif dans le domaine de la da‘wa trouverait une confirmation notamment dans une fatwa émise par Ibn Bâz, un clerc qui fut une référence pour un grand nombre de prédicatrices dans les années 1980 et 1990 :

 

Il est permis à la femme de participer à la da‘wa en fonction de ses possibilités, et d’ordonner le bien et interdire le mal dans les limites de ses capacités. Elle peut le faire chez elle, dans son pays, dans la rue, au marché et dans tous les lieux où il est possible d’interdire le mal et d’appeler à Dieu avec sagesse et bonne prédication, dans le respect […] du droit que Dieu a établi pour elle. Elle peut également le faire quand elle est en voyage avec son mahram, comme l’ordonne le Coran : « Les croyants et les croyantes sont amis les uns des autres. Ils ordonnent ce qu’il est convenable, ils interdissent ce qu’il est blâmable » (9,71)[viii].

 

Par ailleurs, Ruqayya al-Muhârib a déclaré avoir reçu du cheikh Ibn Bâz en personne l’autorité pour émettre des fatwas et être par conséquent devenue célèbre avec le titre de muftiyya, généralement réservé aux hommes[ix].

 

Le « grand mensonge »

 

La participation des prédicatrices à l’espace public, notamment avec des fonctions traditionnellement réservées aux hommes, n’implique toutefois pas une remise en question des rapports de genre. Sur ce sujet, Nawwâl al-‘Ȋd a aussi pris position dans un article publié sur son site en 2012[x], dans lequel elle réfléchit sur la vision islamique de l’égalité (musâwâ). Son idée est que la différence entre l’homme et la femme est à la base même de la création de l’être humain et le principe sur lequel se fondent les droits et les devoirs de chacun. Partant de cette thèse, toute demande d’égalité qui ne tient pas compte de la différence originelle entre l’homme et la femme et des capacités et nécessités qui en découlent, s’éloigne de la justice (‘adl), fondement de l’Islam, et se rapproche de l’injustice (zulm).

 

Les instances qui demandent des droits égaux pour des personnes qui ont des devoirs et des prérogatives différentes seraient par conséquent source d’injustice : « L’égalité comprise comme l’élimination de toutes les différences entre homme et femme n’est acceptable ni sur le plan scientifique ni sur le plan pratique. La science et la réalité confirment que la femme est différente de l’homme dans son image, dans son aspect physique, dans sa composition chimique cellulaire, et que les deux sexes se différencient dans leurs fonctions organiques et dans leurs aspects psychologiques. Comment pourraient-ils être égaux dans leurs droits et dans leurs devoirs ? ».

 

Ces considérations, explique Nawwâl al-‘Ȋd, ne sont pas le fruit exclusif de la culture religieuse islamique, mais sont aussi partagées par certains intellectuels occidentaux, parmi lesquels le médecin et scientifique Alexis Carrel (m. 1944), auteur de L’homme cet inconnu (1935), un essai philosophique consacré en partie à l’analyse ontologique de l’être humain. L’auteur critique la prétention de connaître les choses à travers la seule observation scientifique, oubliant que l’homme est un tout indivisible, formé d’un corps et d’un esprit, ce qui le distingue des autres êtres vivants. La prédicatrice cite et commente un passage de l’ouvrage du médecin français, selon lequel « les désirs humains ne peuvent renverser l’ordre créé par Dieu et les femmes sont appelées à développer leurs propensions conformément à leur nature, sans tenter d’imiter les hommes ».

 

Le fait d’ignorer ces vérités fondamentales, explique Nawwâl al-‘Ȋd, aurait conduit les féministes à croire que les deux sexes doivent pouvoir recevoir la même éducation, jouir de la même autorité et avoir des responsabilités similaires. La charia adopte la loi de l’égalité et de la différence (qânûn al-tasâwî wa-l-ikhtilâf), la considérant adaptée à réaliser le bonheur des deux sexes. D’ailleurs, conclut la prédicatrice, le Prophète a dit que « les femmes sont sœurs (shaqâ’iq) des hommes », et non qu’elles sont comme les hommes. Et la question de l’égalité entre les sexes ne peut qu’être un « grand mensonge (al-kadhba al-kubrâ) », comme le rappelle le titre même de son article.

 

Entre conservation et réforme

 

Parmi les experts, certains estiment que les prédicatrices saoudiennes n’ont un rôle dans la sphère publique qu’en tant que femmes qui prêchent à d’autres femmes. Ne parvenant pas à dépasser la frontière du genre, elles contribuent donc à maintenir la société saoudienne profondément patriarcale du point de vue social et profondément wahhabite au niveau religieux[xi]. Pour d’autres, en revanche, c’est précisément le fait de se situer à l’intérieur du système et d’avoir su se construire une crédibilité dans le domaine des études religieuses qui leur permettrait d’accéder à des positions de pouvoir dans les institutions et donc, de remettre en cause les frontières de genre[xii].

 

S’il est vrai que leur capacité à influencer est beaucoup plus forte parmi les femmes, il est tout aussi vrai que, ces dernières années, le phénomène des dâ‘iyât a attiré l’attention des institutions. Depuis 2004, par exemple, la ville de Djedda accueille deux fois par an un forum qui rassemble les prédicatrices saoudiennes. En 2006, le ministre des Affaires religieuses a publié un opuscule dans lequel il expliquait l’importance de prêcher la modération, afin d’éviter les excès de l’extrémisme religieux d’une part et de l’occidentalisation des contenus de l’autre[xiii]. Quelques années plus tard, en 2010, il commençait à travailler à la création d’un système qui devait régulariser le domaine de la da‘wa féminine[xiv]. La décision arrivait à la suite de la nouvelle selon laquelle certaines prédicatrices avaient diffusé des idées extrémistes. La nouvelle loi prévoyait la création de listes de prédicatrices autorisées par le Ministère à exercer l’activité de da‘wa. En l’occurrence, il y avait deux listes qui contenaient respectivement 190 et 180 noms.

 

Le rôle de la femme dans la société est devenu un thème important, notamment pour le roi Salmân Ibn ‘Abd al-‘Azîz al-Sa‘ûd et pour le prince héritier Muhammad Ibn Salmân, qui en a fait un cheval de bataille de sa propagande réformiste. Parmi les mesures prévues par la « Vision 2030 » – le plan de développement socio-économique approuvé par le Conseil des ministres du Royaume en 2016 pour favoriser le développement économique du pays – on trouve l’augmentation de la présence féminine dans le monde du travail, qui devrait passer de 21 % à 24 % d’ici 2020[xv]. Dans cette perspective, 2018 a vu naître l’Observatoire national des femmes[xvi], un think tank affilié à l’Université Roi Saoud de Riyad, qui surveille la participation des femmes saoudiennes au développement et leur impact direct sur la société.

 

S’il est vrai que, formellement, des progrès ont été faits, ouvrant aux femmes la possibilité de voyager à l’étranger sans devoir demander l’accord au mahram (depuis août 2019), ou leur permettant de conduire une voiture (depuis juin 2018), il est tout aussi vrai que le récit officiel n’a pas empêché le prince héritier de punir par la prison certaines activistes pour les droits des femmes comme Lujain al-Hathloul, Samar Badawi et Hatoon al-Fassi, cette dernière ayant été relâchée en mai 2019[xvii]. À la lumière de ces faits, il est évident que les femmes engagées dans le domaine religieux sont aussi libres de prêcher dans le Royaume tant qu’elles contribuent à maintenir l’équilibre social préétabli et qu’elles soutiennent l’agenda du gouvernement, mais elles pourraient ne plus l’être si elles tentaient de le déstabiliser par des requêtes ou des interprétations opposées à la vision officielle.

 

Tous droits réservés
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position de la Fondation Internationale Oasis

[i] Ida Zilio-Grandi, Modestia, pudicizia e riserbo: la virtù islamica della hayâ, « Philologia Hispalensis » vol. 31, n. 2 (2017), p. 172.
[ii] Madawi al-Rasheed, A Most Masculine State. Gender, Politics and Religion in Saudi Arabia, Cambridge University Press, New York 2013, pp. 46-47.
[iii] Ibid, p. 91.
[iv] Laila Makboul, Beyond Preaching Women: Saudi Dā‘iyāt and Their Engagement in the Public Sphere, «Die Welt des Islams» n. 57 (2017), p. 309.
[v] Ibid, p. 311.
[vi] https://twitter.com/ethraa_ws
[vii] Muhammad bin Sâlih al-‘Uthaymîn, Dawr al-mar’a fî islâh al-mujtama‘, Mu’assasat al-shaykh Muhammad bin Sâlih al-‘Uthaymîn al-khayriyya, extrait disponible sur https://bit.ly/3430qLr
[viii] https://bit.ly/2N0oo4k
[ix] Laila Makboul, Beyond Preaching Women, p. 314.
[x] Nawwâl al-‘Ȋd, Al-kadhba al-kubrâ, 21 Dhû-l hijja 1433/6 novembre 2012, disponible sur https://bit.ly/2prBO07
[xi] Madawi al-Rasheed, A Most Masculine State, p. 248; Amélie Le Renard, From Qur’ânic Circles to the Internet in Saudi Arabia, in Masooda Bano et Hilary Kalmbach (dir.), Women, Leadership, and Mosques. Changes in Contemporary Islamic Authority, Brill, Leiden-Boston 2012, p. 120.
[xii] Laila Makboul, Beyond Preaching Women, p. 328.
[xiii] Amélie Le Renard, From Qur’ânic Circles to the Internet in Saudi Arabia, p. 123.
[xiv] Abdul Rahman Shaheen, Islamic Ministry to set guidelines for women preachers in Saudi Arabia, « Gulf News », 13 juin 2010. Disponible sur https://bit.ly/35ZGNFS
[xv] National Transformation Programm. Delivery Plan 2018-2020, p. 82. Disponible sur https://bit.ly/32P68Ag
[xvi] Quelques maigres informations sur l’Observatoire sont disponibles sur le site officiel : https://now.ksu.edu.sa/ar
[xvii] Committee on Academic Freedom, Hatoon al-Fassi and other women’s rights activists released from prison temporarily, MESA, 3 mai 2019. Disponible sur https://bit.ly/2JlYN3M

Pour citer cet article

 

Référence papier:

Chiara Pellegrino, « Prédicatrices au service de la raison d’État », Oasis, année XV, n. 30, décembre 2019, pp. 61-68.

 

Référence électronique:

Chiara Pellegrino, « Prédicatrices au service de la raison d’État », Oasis [En ligne], mis en ligne le 14 janvier 2020, URL: https://www.oasiscenter.eu/fr/arabie-saoudite-predicatrices-au-service-de-la-raison-detat