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Islam

Le Coran se contredit-il lui-même?

La théorie de l’abrogation du texte sacré de l’Islam par lui-même a une longue histoire dans la tradition islamique, et continue à avoir largement cours dans la prédication actuelle. Une analyse littéraire du texte en montre l’absence de bien-fondé. Le contre-sens est donc total, quand cette théorie, en raison d’une interprétation traditionnelle manifestement erronée, est exploité par certains pour abroger tous les versets tolérants et ouverts du Coran, au profit de versets combatifs exclusivistes.

La violence djihadiste actuelle se nourrit, on le sait, d’une lecture littéraliste du Coran, au cœur de laquelle se trouve la question de l’abrogation. Selon cette lecture, les versets plus conciliants, ordonnant au Prophète patience, tolérance et pardon à l’égard des infidèles (polythéistes ou gens du Livre – juifs et chrétiens), seraient abrogés par d’autres, plus tardifs, ordonnant de les combattre ou de les tuer, dont le fameux « verset du glaive » : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les polythéistes, partout où vous les trouverez ; capturez-les, assiégez-les, dressez-leur des embuscades. Mais s’ils se repentent, s’ils s’acquittent de la prière, s’ils font l’aumône, laissez-les libres. Dieu est celui qui pardonne, il est miséricordieux » (Cor. 9,5 ; voir également, dans la même sourate, les versets 12, 14, 36, 29, 111, 123).

 

 

Abrogeant et abrogé

 

 

Cette théorie de l’abrogation du Coran par lui-même a une longue histoire dans la tradition islamique. Elle a été élaborée durant les premiers siècles de l’hégire par le droit musulman (fiqh) pour résoudre les apparentes contradictions entre certains versets législatifs du Coran. Pour légitimer cette théorie, commentateurs et juristes (fuqahâ’) se sont appuyés sur quelques versets coraniques, dont le principal et le plus explicite est le verset 106 de la sourate 2 : « Dès que nous abrogeons un verset ou le faisons oublier, nous en apportons un meilleur que lui ou un semblable à lui ». Considéré en lui-même, isolé de son contexte littéraire, ce verset semble limpide : Dieu abroge certains versets et les remplace par d’autres, meilleurs, et il en fait aussi oublier certains, qu’il remplace par de semblables.

 

 

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