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Islam

Les imams qui font parler le Livre

Le principe fondamental de l’exégèse chiite est que l’imam est le seul interprète légitime du Texte sacré, et qu’il est élu et inspiré par Dieu à cette fin. Selon un dit attribué à ‘Alî, en effet, le Coran « ne parle pas dans une langue, il lui faut un interprète ». Ce dernier ne peut être qu’un imam infaillible, tout comme l’était le Prophète. Sans l’herméneutique de l’imam, le Livre ne signifie littéralement rien, c’est un « Coran muet ». C’est l’imam qui lui confère une intelligibilité, et c’est pour cela qu’on l’appelle « le Coran parlant ».

Dernière venue des grandes religions du Livre, l’Islam confère la plus grande sacralité à son Écrit. Dans le sunnisme, la sacralisation du Coran a souvent conduit à fermer les portes de la critique historique comme de l’herméneutique spirituelle. Ce n’est pas le cas en Islam chiite, qui ne se définit pas seulement comme une religion du Livre, mais aussi, et dès son origine, comme une religion de l’interprétation du Livre. Une définition qui vaut pour ses deux principales formes historiques, l’imamisme duodécimain – aux douze imams – et l’ismaélisme.

 

 

Aspect extérieur et contenu ésotérique

 

 

Dans la vision chiite du monde, toute chose possède un aspect extérieur, manifeste ou exotérique (zâhir), et un contenu intérieur, caché ou ésotérique (bâtin). L’assertion est d’abord vraie de Dieu lui-même d’après le verset du Coran 57,3 : « Il est le Manifeste et Il est le Caché ». Elle est vraie, par conséquent, des révélations divines dispensées au cours de l’histoire. Parce que la lettre d’un Écrit saint recèle toujours un sens caché qui en est l’esprit, la venue d’un prophète avec une révélation littérale (tanzîl) ne peut se passer d’une suite d’imams ayant la tâche d’en produire l’exégèse spirituelle (ta’wîl). Selon la conception chiite de l’histoire sainte, tout comme Moïse eut pour premier imam Aaron et Jésus l’apôtre Simon, le prophète Muhammad eut pour premier imam son jeune cousin ‘Alî b. Abî Tâlib, époux de sa fille Fâtima et père de sa seule descendance mâle. Et si la prophétie est close avec Muhammad, s’ouvre avec ‘Alî le dernier cycle de l’alliance divine (walâya) des imâms. La prophétologie chiite est indissociable d’une imamologie et celle-ci, d’une herméneutique du Livre.

 

 

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